Sommet de la CEDEAO à Abuja : Les autorités de la transition malienne bénéficient des circonstances atténuantes

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 Le  Sommet des chefs de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) tenu hier dimanche à Abuja a exigé à nouveau  le respect de la tenue d’élections en février au Mali. Sans prendre des nouvelles sanctions, l’on pourra dire que  l’organisation ouest africaine  a accordé des circonstances atténuantes aux autorités de la transition malienne. 

Le moins que  l’on puisse dire, les conclusions du  sommet de la CEDEAO à Abuja ont été plus clémentes en faveur  des autorités de la transition. Alors que nombreux observateurs de la scène politique et une partie de la classe politique malienne   prédisaient  des sanctions additionnelles  de la Cédeao à l’encontre du Mali au terme de son sommet du dimanche 12 décembre à Abuja, les dirigeants de l’organisation  ouest africaine ont finalement  choisi  la clémence envers les autorités de la transition. Sans prendre aucune décision nouvelle à  l’encontre du Mali, les  Chefs d’Etats   sont revenus sur une précédente exigence à savoir  la tenue des élections législatives et présidentielles  le 27 février prochain. Les conclusions du sommet ont également annoncé que l’organisation pourrait imposer des sanctions supplémentaires  en janvier  2022 si  jamais les autorités maliennes ne respectaient pas la date initiale des élections.  « Les chefs d’Etat, après de longs échanges, ont décidé de maintenir la date du 27 février 2022 pour l’organisation des élections au Mali. Ils ont décidé de l’entrée en vigueur de sanctions additionnelles en janvier 2022 si les autorités n’honorent pas leur engagement initial de tenir à cette date des élections censées ramener les civils au pouvoir», a déclaré le président de la Commission de la Cédéao, Jean-Claude Kassi Brou,  devant la presse au terme du Sommet.

En lieu et place des sanctions économiques, commerciaux et judiciaires,  la Cédeao a accordé une nouvelle chance aux autorités maliennes de fournir  des garanties  qui pourront conduire à la tenue des élections pouvant mettre fin à la transition. Le Mali doit son salut grâce à la diplomatie intense que l’exécutif a entamé les semaines qui ont précédées la tenue du sommet. Le colonel Assimi Goïta,  en plus de dépêcher son ministre des affaires étrangères  auprès des chefs d’Etats de l’Afrique de l’ouest les plus influents, a également saisi par courrier le président en exercice de l’organisation, le chef de l’État ghanéen Nana Akufo-Addo,  pour lui donner des garanties de la publication d’un calendrier électoral.  Dans un courrier de deux pages  le chef de l’Etat Malien s’est engagé à fournir à la Cédéao au plus tard le 31 janvier 2022 un chronogramme détaillé. Le colonel Goïta  justifie  les raisons du report de la date des élections  en évoquant  les efforts que le Mali a  entrepris pour créer les conditions propices à la tenue d’élections transparentes et crédibles.  Ses efforts se résument, selon lui, à l’intensification des opérations militaires pour éradiquer l’hydre du terrorisme,  l’adoption d’un projet de loi électoral et l’ouverture des assises nationales de la refondation.

Bien que ces efforts du gouvernement sont contestés par une partie de la classe politique malienne, qui exige comme la Cedeao  la tenue des élections à la date indiquée, demeurent  des éléments majeurs   qui ont fait fléchir les dirigeants de l’organisation ouest africaine à ne pas prendre des sanctions supplémentaires contre le Mali déjà très fragile par les menaces des terroristes  et une crise institutionnelle sans précédent. La Cédéao semble prendre  conscience de l’enjeu de la situation qui prévaut  en permettant au duo Choguel-Assimi Goïta tenir les assises  nationales de la refondation qui pourront définir la nouvelle trajectoire que la transition va prendre.

Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net

 

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