Dr. Lamine Keita, auteur du guide pédagogique permanent d’économie, paru le lundi 18 juillet 2022 : « L’économie a toujours souffert de deux insuffisances… »

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Cet article provient d’une interview improvisée autour du débat économique auquel l’auteur avait été invité sur une TV, le dimanche 17 juillet 2022.

En introduction, l’auteur a remercié le Tout Puissant et imploré son pardon pour qu’il nous conduise efficacement sur la bonne voie. Il a remercié également la chaine de télé  et salué la détermination de l’animateur à réunir un panel qu’il a choisi de mettre sur pied pour informer le public malien. Il a également salué Monsieur l’ancien ministre invité sur le plateau, et qui était un administrateur de Centre de renforcement des capacités qu’il a dirigé à la Présidence de la République. Il a également salué l’économiste également invité du jour dont il a connu le papa et qui par amitié l’a amené chez lui et avec qui il était resté lié par amitié. Il a également salué tous les auditeurs et a souhaité qu’Allah lui facilite la parole juste, et la compréhension facile pour tous. Ainsi, l’auteur s’exprime directement par la suite.

J’avais expliqué, spécialement dans mon livre publié en 2021, intitulé « L’économie scientifique : autopsie d’une économie malade de sa monnaie et de son empirisme », que l’économie, telle qu’on nous la présente largement aujourd’hui, a toujours souffert de deux insuffisances :

La première, que j’ai dénommée empirisme, est d’ordre méthodologique et qui signifie que l’homme a eu tendance à chercher à bâtir la connaissance à partir de ses propres traces laissées à travers ses expériences propres. Agissant ainsi, l’homme ne voit pas de possibilités d’acquisition des connaissances en dehors de ces expériences, se considérant comme étant le maître et l’initiateur de tout ce qui peut se passer d’essentiel autour de lui…

Cependant, procédant ainsi, l’homme oublie qu’il est lui-même une trace, laissée par un ancien spermatozoïde et par un futur cadavre et qu’entre ces deux traces, il  n’aura été qu’un bénéficiaire de la jouissance de l’usufruit d’un pouvoir qui lui aura été confié et qui ne peut relever, de manière permanente, que du Tout Puissant, car, par essence, « Il n’y a de Force ni Puissance qu’en Allah », «  La Haoula oualla Kouyatta illa billahi ».

De plus, cette trace nous donne la preuve d’être porteuse de connaissances innées, non précédées d’aucune trace, dont certaines peuvent nous laisser des traces perceptibles selon nos sens habituels, du toucher, de l’ouïe et de la vue. Cependant, dans d’autres situations, que nous verrons, ces perceptions n’existent que sous d’autres formes que nous allons ensemble découvrir ici autour d’un exemple. Ainsi :

D’une part, l’homme ne saurait nier qu’il est porteur de connaissances innées perceptibles par nos sens, notamment quand on observe le tout nouveau bébé dans son innocente absolue, en train de découvrir son environnement, sachant reconnaître sa bouche et le sein de sa maman ainsi que l’usage qu’il doit faire de ces objets pour en tirer profit, traduisant ainsi en lui-même l’existence de connaissances innées, dont nous pouvons attester l’existence à travers nos sens naturels.

D’autre part, certaines autres connaissances innées ne nous sont pas perceptibles à travers nos sens traditionnels. Ainsi, nous apprenons du Coran, au titre des connaissances de ce type, que « L’économie est en réalité « la science créée par Dieu Lui-même », qui a assigné à cette discipline son instrument de mesure, dénommé Balance à la sourate numéro 57 « Le fer » au verset 25, et qu’il a fait descendre pour permettre aux gens d’établir la justice entre eux. Après analyse, il nous est apparu clairement que cette balance correspond à la monnaie, un instrument qui aura cependant revêtu plusieurs formes de représentation dans la société avant de se trouver dans sa forme actuelle de monnaie.

Ainsi, il nous est apparu important de relever comme connaissance, que l’homme sait naturellement utiliser correctement cette balance, contrairement à tout autre instrument de mesure fabriqué par l’homme et dont personne ne saurait maîtriser l’usage sans un apprentissage minimum préalable.

Ce faisant, il nous revient, qu’en maîtrisant l’usage correct de la balance, l’homme aura appris à tirer profit de l’économie, ce qui nous montre en même temps, que pour tirer profit d’une science, il suffit d’en maîtriser l’usage des instruments de travail conçus dans cette discipline, sans devoir surcharger la mémoire des gens de connaissances théoriques non nécessaires à cet effet.

Nous avons vérifié, dans nos publications, la permanence de ce savoir-faire en économie, mais qui, malgré son caractère de généralité spatiale et de permanence temporelle, n’aura jamais été cernée dans la connaissance humaine, jusqu’à nos présents travaux, un paradoxe que nous largement éclairci dans nos travaux passés à travers la dizaine de livres que nous avons publiés et montrant les insuffisances d’une approche empirique qui n’aura jamais su identifier ce savoir-faire permanent. .

Autrement dit, l’homme sait utiliser, naturellement et de manière correcte, la monnaie, l’instrument de mesure en économie, sans savoir ce qu’il représente comme instrument ni les règles d’utilisation qui sont indiquées par le coran dans la sourate 55 Le Très Miséricordieux aux versets 7, 8 et 9 qui décrètent qu’il faut :

Ces règles et interdictions, qui tombent sous le coup du bon sens dans toutes les sociétés et cultures, s’imposent à l’autorité et nous apprennent qu’il existe des formes de gains qui sont interdites, car aux conséquences économiques et sociales catastrophiques, notamment celles relatives à la diminution des mesures et du poids : d’où l’éthique dans les affaires, en distinguant des pratiques de gains non autorisées de celles qui le sont.

La violation de ces règles d’utilisation présente trois groupes de conséquences, qui sont présentées dans les sourates numéros 11 et 26 du Coran, et que nous avons totalement et entièrement confirmées dans nos analyses conduites dans le cadre de l’Economie scientifique, tant sur leur nature que leur étendue exacte. Cependant, des conséquences restent, à ce jour, des connaissances inconnues des économistes empiristes. Ainsi :

La sourate 11 au verset 84  indique comme conséquence : « le châtiment d’un jour qui vous enveloppera tous ». Nous avons vu comment ce châtiment résume avec une parfaite exactitude les conséquences négatives de cette pratique de diminution des mesures et du poids en termes de destruction des valeurs des ressources fixes passées, présentes et futures.

La sourate 11 verset 85, qui met en garde, décrète : « Ne dépréciez pas au gens leurs valeurs et ne semez pas la corruption sur terre ». En effet, nous avons compris comment la substitution d’une petite unité de mesure à la grande unité de mesure détenue par la population présente l’inconvénient d’appauvrir la population en réduisant de moitié la valeur des revenus fixes, quand la baisse des prix sera moins faible que celle des revenus fixes, accroissant d’autant les difficultés de vivre pour la population et la tentation de corruption pour arriver à joindre les deux bouts.

La sourate 26 au verset 183, « … [ ]. Ne commettez pas de désordre et de corruption ». L’idée de désordre qui apparaît ici est caractéristique de la pratique de diminution des mesures et du poids, qui, malgré l’expropriation des populations, d’un montant important de leur revenu monétaire, laisse l’apparence d’une hausse des prix sur les marchés, quand, par ailleurs, l’usage d’un instrument de mesure plus petit et substitué au précédent, induit visuellement une modification de l’expression des prix à la hausse.

Cependant, pour savoir apprécier correctement cet usage de l’instrument par l’homme, il faudrait, soi-même, savoir mesurer et maîtriser les règles qui s’y imposent. C’est ce que nous avons fait dans notre publication de 2002, intitulée « La théorie économique du XXIème siècle- Le concept de mesure en économie ».

Autrement dit, quelqu’un qui ne sait pas mesurer ne peut pas en expliquer le mécanisme et il ne sait même pas comment se pose le problème de la mesure en économie. Dans ces conditions, il reste clair qu’un économiste empiriste est disqualifié par apporter une quelconque appréciation, ne sachant même pas l’existence de la mesure.

Importance de la revue documentaire : Il nous apparaît évident, qu’en omettant le coran dans leur revue documentaire, les auteurs fondateurs de l’économie se seront privés de vérités scientifiques établies et auront manqué, par conséquent, de pertinence dans leur approche qui reste parcellaire, dans la revue documentaire, et incomplète quant aux connaissances acquises.

La seconde insuffisance porte sur la monnaie et l’usage qu’il fait de la monnaie considérée dans la discipline comme étant un objet de domination à l’usage de l’autorité, alors que dans sa vraie nature et dans sa vraie fonction, la monnaie représente spécifiquement l’instrument de mesure de la discipline économique, comme le thermomètre l’est pour la thermodynamique. Elle est descendue sur terre où elle joue un rôle de justice entre les gens. Cependant, une telle connaissance est fondamentalement méconnue de l’économiste qui devrait pouvoir la découvrir.

De même, nous allons voir comment cette population, sans la connaissance d’aucune théorie de la mesure, a pu utiliser correctement ces deux instruments monétaires, exactement comme si elle savait que ces deux instruments n’étaient que des instruments de mesure de l’économie, confirmant ainsi le savoir-faire inné dont elle bénéficie naturellement.

Ainsi, la population a eu à pratiquer, pour un même tas d’arachide, un prix de 100 FM ou un prix de 50 FCFA, montrant que ces deux montants de monnaie traduisent la même richesse de 1 FF, appelée valeur du tas d’arachide. En effet :

100 FM = 100*0,01 FF = 1 FF et,

50 FCFA = 50*0,02 FF = 1 FF.

Ainsi, pour quelqu’un qui sait mesurer, le prix, selon l’unité monétaire, se détermine clairement comme rapport de deux valeurs en écrivant que :

Le prix (en FM) = 100 = 1 FF /0,01 FF = valeur du bien / valeur attachée au FM.

Le prix (en FCFA) = 50 = 1 FF / 0,02 FF = valeur du bien / valeur attachée au FCFA.

Ces deux écritures montrent que les unités monétaires du FM et du FCFA sont des unités de mesure de la valeur du tas d’arachide en termes de quantité de la valeur attachée à cette unité monétaire.

Cela se comprend d’autant plus aisément que le fait de fixer une valeur pour le FM et pour le FCFA constitue un moyen d’étalonnage prenant comme référence l’une ou l’autre des deux entités pour décompter la valeur attachée aux biens à échanger, surtout lorsque l’on sait que les biens sont échangés sur une base d’équivalence.

Ainsi, un bien échangé contre une quantité de FM traduit le prix qui est la mesure de la valeur attachée au bien en quantité de cette monnaie.

La monnaie ayant une valeur reconnue, comme quantité de richesse fixée auprès de l’autorité monétaire, permet alors de connaître la valeur de tout bien, quand, au départ aucune valeur d’aucun bien n’est connue dans l’économie avant l’introduction de la monnaie, ainsi étalonnée auprès de l’autorité monétaire.

Ce qui prouve encore que le savoir-faire de l’homme, c’est-dire de l’autorité monétaire et les agents au cours des échanges libres et volontaires, est largement en avance sur l’explication plausible de ce savoir-faire, une explication que nous avons mise en lumière depuis seulement 20 ans lors de notre première publication, mais, qui, à présent, manque clairement d’être présent dans le bagage intellectuel des économistes empiristes, malgré l’évidence que cela revêt pour nous depuis lors.

2.2. Vérifions comment s’opère la diminution des mesures et du poids en économie 

Nous venons de vérifier que les monnaies de 0,02 FF et de 0,01 FF sont des instruments mesures, le premier étant le double du second.

En 1994, la décision a été prise de remplacer la monnaie de 0,02 FF alors détenue par la population par une unité de la monnaie de 0,01 FF.  Donc l’instrument de mesure détenu par la population a été divisé par deux. C’est ce qu’on appelle diminution des mesures et du poids lorsqu’on sait mesurer et lorsqu’on sait le mécanisme d’échange de la monnaie entre l’autorité monétaire et la population.

En effet, en 1994, la population a remis à l’autorité monétaire la grande unité monétaire de 0,02 FF pour recevoir en retour de cette autorité une unité de la petite unité monétaire. Or en 1984, lorsque l’autorité a apporté la grande unité monétaire de 0,02 FF, elle a bien expliqué que cette grande unité s’échange contre deux unités de la petite unité monétaire, pour la simple raison que :

1 FCFA = 0,02 FF= 2*(0,01 FF) = 2 FM, quand le FM avait ce poids de 0,01 FF.

Donc en 1994, les valeurs échangées entre l’autorité monétaire et la population n’a pas été faite sur base égalitaire des valeurs des signes monétaires échangés, d’où une violation des règles d’échanges, qui imposent l’égalité des valeurs échangées. Ainsi, la population a été expropriée de la moitié de ses ressources monétaires en faveur de la France.

Sur la base de 23 000 milliards de FCFA pour les pays de l’UEMOA, la perte subie par la population africaine utilisatrice du FCFA s’élève à (0,02 – 0,01) FF*23 000 milliards = 230 milliards de FF = 35 milliards d’euro.

Ainsi, le Trésor français a encaissé 35 milliards d’euro par fraude consécutive à la diminution des mesures et du poids, sans rien dire à personne, quand la population africaine a été expropriée pour le même montant sans le savoir, traduisant la gravité de la diminution des mesures et du poids..

Cette expérience du Mali de 1984 montre l’illustration parfaite de la parole de Dieu, selon laquelle, pour quelqu’un qui connaît la théorie de la mesure, l’homme sait mesurer naturellement et tirer profit de l’économie, alors même que cette connaissance reste, de surcroît, inconnue des théoriciens de l’économie, qui devraient nous édifier sur ce qui paraissait être spécialité.

Nous comprenons que l’établissement des preuves pour ces types de vérités est confronté à une véritable difficulté du fait de l’isolement du chercheur qui se trouve chargé d’apporter ces preuves pour la première fois. En effet :

La population, qui ne sait rien expliquer du sujet, ne sait pas non plus qu’elle est porteuse de savoir-faire naturel.

Les théoriciens et économistes, qui portent en eux la responsabilité naturelle d’être des gardiens de la discipline, ne savent rien de ce qui existe comme savoir-faire en économie et ne savent même pas identifier le besoin de connaissance dans cette discipline. Cependant, dans leur approche méthodologique, ils penseront, comme de plein droit, qu’ils ont tout à concevoir en économie et de leur propre chef. Par ailleurs, ils seront tentés d’accompagner l’exercice d’un pouvoir dit régalien concernant la gestion de la monnaie et qui ne repose sur rien de concret.

En effet, tout le monde se rappelle, qu’en 1984 au Mali, la France détenant le grand FCFA, celui de 0,02 FF, a réclamé aux populations africaines deux petits FCFA, celui de 0,01 FF, pour faire l’égalité des valeurs échangées.

En revanche, dix ans plus tard, en 1994, cette même France reprendra à la population africaine la grande unité monétaire de 0,02 FF pour lui remettre une unité de la petite unité monétaire de 0,01 FF, détournant ainsi à sa faveur, sur la base d’une masse monétaire de 23 000 milliards de FCFA détenus par la population des pays de l’UEMOA, une somme en devises de 35 milliards d’euro, qu’elle aura encaissée sans jamais rien dire à personne.

Nous comprenons maintenant que cette somme faramineuse n’est que la traduction exacte de la diminution des mesures et du poids par l’autorité monétaire, une décision interdite que seule peut prendre l’autorité monétaire en violation des règles d’utilisation de l’instrument de mesure.

Dans l’histoire, nous avons pu comprendre, en l’absence d’une qualification unanime des faits, que la dépréciation monétaire, qui correspond en fait à la diminution des mesures et du poids, a pu être identifiée chez N. Copernic comme étant un fléau des plus redoutables amenant la décadence des républiques, quand il écrit que : «la discorde, la mortalité, la stérilité de la terre et la détérioration de la monnaie sont les plus redoutables fléaux qui d’ordinaire amènent la décadence des républiques ».

Cependant, ajoute l’auteur du Traité de la monnaie, «Pour les trois premiers, l’évidence fait que personne n’en ignore. Mais, pour le quatrième, qui concerne la monnaie, excepté quelques hommes d’un très grand sens, peu de gens s’en occupent.» Pourquoi? Se demande-t-il ouvertement, car « ce n’est pas d’un seul coup, mais petit à petit, par une action en quelque sorte latente, qu’il ruine l’Etat». Aujourd’hui, nous comprenons toute la gravité de substituer le petit FCFA au grand FCFA détenu par la population pour en avoir étudié les trois groupes de conséquences.

Aujourd’hui, nous assistons, de la part des mêmes auteurs de cette pratique de diminution des mesures et du poids ou encore de dépréciation monétaire, à l’approfondissement de ces mesures d’expropriation des populations et de mise en faillite de leurs états, qui, contrairement aux manipulations frauduleuses à travers la monnaie, ne laissent plus aucun citoyen indifférent face à la volonté de cette France entremetteuse, de faire mains basses sur toutes les ressources du sous-sol des états, désormais faillis du Sahel, en plus des ressources contrôlées au moyen de la monnaie.

A cet effet, la déstabilisation tous azimuts actuelle des pays du Sahel, au moyen d’un terrorisme aveugle et meurtrier complexifié par une internationalisation de la sécurité de ces états faillis qui devront ardemment lutter pour refuser désormais de se trouver placés de fait sous tutelle, est devenue une occasion mondiale de business s’autorisant toutes sortes de pratiques criminelles parmi les plus odieuses que même l’inceste n’aurait jamais pu imaginer.

A quand donc ce réveil dans le Sahel, pendant qu’il est encore temps de réaliser que mieux vaut tard que jamais ? A quand, les politiques pensées par nos pays et pour nos populations et dans la liberté totale pour les dirigeants de ces pays de choisir leurs partenaires ?

 

Dr. Lamine Kéita

 

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