Terrorisme dans le centre du Mali : Le réchauffement climatique, vraies raisons de l’insécurité

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La semaine dernière lors d’un Forum sur la gouvernance sécuritaire dans le Liptako-Gourma, un homme de media de la place très porté sur la question de la sécurité dans le Sahel ma rétorqué avec beaucoup de désinvolture, que la géopolitique n’avait pas grande chose a avoir avec la question de la sécurité dans la région. Autant cela m’a paru complètement absurde et interpellateur en même temps. Pour une énième fois, j’ai pu percevoir les enjeux réels d’une problématique qui touche des centres d’intérêts et des pays puissants. L’abondance de la littérature sur les implications des comportements des grandes puissances sur la sécurité en Afrique remonte jusqu’à aux dernières heures de l’Egypte Ancienne avec les invasions de l’empire Perse, Hyksos ou Hittites vers les XVIIIe et XVe dynasties des Pharaons. Même scénarios avec la chute de l’empire Songhaï, qui était le prolongement du grand empire du Mali, en 1591 lors de la bataille de Tondibi pendant laquelle la grande armée d’Askia Isaq II fut conquise par l’armée marocaine du sultan El-Mansour. On fera l’économie de la grande vague de commerce transatlantique et des esclaves du XVe siècle organisé par des puissances occidentales.

Quand on parle de géopolitique et de son rôle dans l’insécurité dans le Sahel ou dans le centre du Mali particulièrement, on est forcé de s’orienter vers la plus grande menace qui pèse sur les populations du continent en terme de retombées des actions conscientes ou inconscientes des pays développés. Et dans cet ordre d’idée, le changement climatique vient ou doit venir au-devant de la scène. De par son caractère sournois, ses sources et vecteurs, il pourrait facilement passé dans l’ombre des facteurs réels d’insécurité. A ne pas en douté, le réchauffement climatique est et restera pour le prochain siècle à venir, les vraies raisons de l’insécurité au Sahel et dans le centre du Mali.

Les constats des scientifiques sont alarmants

Les initiatives sont d’ordre régional et mondial pour répondre à la question du réchauffement climatique et de son corollaire de changement climatique. Le saint graal est détenu par le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat créé en 1988 par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Composant plus de 195 pays, le GIEC a été décrié par beaucoup de climato-sceptique d’exagéré le phénomène du changement climatique. En dépit de ces tentatives de dénégation de la réalité, les constats des scientifiques sont alarmants. L’un des plus évocateur est sans nul doute les études faites par l’Organisation Métrologique Mondiale (OMM), qui  à travers son Secrétaire General M. PETTERI TAALAS déclarait dans un rapport paru en octobre 2020: « Le changement climatique a un impact croissant sur le continent africain, frappant plus durement les plus vulnérables et contribuant à l’insécurité alimentaire, au déplacement des populations et à la pression sur les ressources en eau ». Le rapport table aussi sur une prévision de moyen terme. Entre 2020 et 2024 le continent africain continuera à se réchauffer avec une diminution de la pluviométrie dans certaines zones et des précipitations occasionnant des inondations dans d’autres.

Quant au GIEC, il prévoit un réchauffement de l’ordre de 2 degrés Celsius sur le continent africain. L’Afrique de l’Ouest payera la plus grande tribu avec l’érosion des côtes des pays comme le Sénégal, la Gambie, la Guinée…avec la montée du niveau de la mer de 5 mm (il faut rappeler que l’augmentation du niveau de la mer est mondiale depuis le début de l’ère industrielle en 1850 mais de seulement de 2 mm par an en moyenne) des millions de populations côtières vont migrées à l’intérieur des terres provocant des crises sociales et environnementales. Avec la récurrence des inondations, les terres de culture seront détruites, des infrastructures agricoles et de transport mis hors d’usage. Le réchauffement de la température ambiante rendra propice la prolifération des insectes domestiques et piqueurs propageant des maladies comme le paludisme, la dengue, la maladie du sommeil…Enfin bref, le tableau est apocalyptique.

Nos puissants pays partenaires qui détruisent le climat mondial

L’affaire du siècle, du nom d’une action judiciaire intentée en France par plusieurs ONG de défense de l’environnement et d’une signature de plus 2,3 millions de citoyens français, a sonné comme le coup de clap d’une ère nouvelle dans la lutte contre le changement climatique. Le pays qui a donné son nom à « L’accord de Paris sur le climat » véritable enjeux diplomatique sur la question de l’environnement de notre temps, a été reconnu coupable (par une décision du 3 février dernier) par le Tribunal administratif de Paris de manquement dans la lutte contre le réchauffement climatique et de porter un préjudice écologique à l’environnement. La décision est une première, et hautement stratégique en ce qui concerne l’effort que déploie le gouvernement français sur la scène internationale pour renforcer l’accord de Paris.

Une autre affaire du genre dénommée « affaire du Grand-Synthe » verra bientôt son verdict devant le conseil d’Etat français et qui, probablement conclura aussi à la condamnation de l’état français pour dépassement de son budget carbone.

Il faut retenir que le gouvernement français s’est fixé comme objectif de réduire ses émissions de carbone de 40% à l’horizon 230. La France est loin d’être le seul mauvais élève de l’Europe. Selon un rapport du groupe de députés de gauche (GEU/NGL) du parlement de l’union européenne publié le 25 février 2021, les émissions de CO2 du secteur militaire de 21 pays (membres de l’OTAN) de l’Europe seraient équivalentes à 24 millions de tonnes CO2 par an soit l’équivalent du CO2 émis par 14 millions de voitures en une année. La France est première de la lugubre liste avec 8,5 millions de CO2 suivie de l’Allemagne avec 4,5 millions de CO2 et de l’Italy avec 2,1 millions de CO2. L’industrie militaire dépend pour beaucoup de l’énergie fossile. Rien que par son seul secteur militaire, la seule France dépasse de loin l’ensemble des pays du Sahel en terme de pollution.

Pour rappel, l’empire du milieu reste le plus grand pollueur (en terme de pays pris individuellement) de l’environnement mondial avec un peu plus de 8,5 Gigatonnes de COD2 par an, suivie des pays de l’union européenne avec 10,1 Gigatonnes et le reste du monde (dont l’Inde occupe la première place) qui écope de 17,9 Gigatonnes par an.

Dossier à suivre…

Daouda Kinda,

Master en Diplomatie et Sécurité internationale

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1 commentaire

  1. Le contenu de cet article est à l’image de la faute grammaticale dans la phrase ” A ne pas en douté, …” . L’ auteur prédit le contraire , il est malveillant et dépourvu de raisonnement : fourre-tout !

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