Wadoussène : le destin d’un embrigadé du terrorisme

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WadousseneIl aura enfin fini par payer pour ses crimes ! La nouvelle, depuis lundi, est connue et commentée dans tout le Mali. Pourquoi ? Parce que le destin de Mohamed Ali Ag Wadossène, tué par Barkhane dimanche 5 juillet 2015, est exemplaire. Et qu’il tardait à toute la population malienne de voir le compte de ce terroriste, preneur d’otage et trafiquant, définitivement réglé. 

 

Nous avons peine à le croire, mais le terroriste d’AQMI, Mohamed Ali Ag Wadossène, a bien été rayé de la carte du Mali par les soldats de Barkhane et avec le concours des services maliens. Cette élimination porte à trois le nombre de chefs terroristes dont le Mali s’est débarrassé depuis le début de l’année, après Abdelkrim le Touareg et Ibrahim Ag Inawalen. C’est donc un coup violent directement asséné à la tête de la mouvance terroriste qui gangrène notre pays. Le compteur du destin est en marche, au moment où pâlit définitivement l’étoile de ces ennemis de la paix qui s’arc-boutent sur la source de leurs profits : la terreur dirigée contre les Maliens du Nord comme du Sud.

 

Et sur ce point, le chemin que Wadossène a choisi de prendre est particulièrement révélateur de ce que peut produire l’attirance de mentors terroristes sur de jeunes esprits. Petit-fils de l’indépendantiste Mohamed Ali Ag Attaher, fils de l’activiste Hassi Walett Hita, il aurait pourtant pu accomplir un tout autre destin. Mais il avait préféré suivre très jeune la voie macabre de son oncle, Sidan Ag Hita, trafiquant et membre d’AQMI, au grand désarroi de sa mère. Comme elle le pressentait sûrement, le propre frère de celle qui lui a donné la vie aura conduit Wadossène à son effroyable itinéraire et à cette funeste, mais bien méritée, conclusion.

 

Voilà donc ce que le Mali retiendra de Wadossène, avant qu’il ne disparaisse dans l’oubli. Après s’être pitoyablement illustré en tant que déserteur de la garde nationale du Mali, il a en contrepartie rapidement gravi les échelons d’AQMI, organisation narco-terroriste pour laquelle il présente des « qualités ». Il s’est surtout fait connaître pour l’enlèvement des Français Serge Lazarevic et Philippe Verdon, en novembre 2011. Ces enlèvements, il les avait commis pour le compte du neveu du chef d’Ansar Dine, Iyag Ag Ghaly : Abdelkrim le Touareg, chef de la katiba Al-Ansar… mentor qui l’a précédé dans la tombe. Arrêté par les services de sécurité un mois après, il avait fui de prison, tuant lâchement au passage un fonctionnaire, Kola Sofara, en juin 2014. Le terroriste-ravisseur avait été arrêté une seconde fois un mois plus tard, mais relâché en décembre en échange de l’otage Serge Lazarevic, Philippe Verdon ayant été assassiné en 2013. Nous nous souvenons, comme le rappellent de nombreux confrères tels Abdoulaye Diakité ou Kardiatou Traoré, de l’émoi que nous avions partagé dans tout le pays à sa libération : mélange d’indignation, d’injustice ressentie et de honte pour l’image de notre pays. De retour à Kidal, le tueur en liberté en avait même été chassé par les habitants, las des menaces de mort qu’il proférait à leur encontre et des rackets qu’il imposait aux commerçants.

 

Notre président aurait donc finalement tenu promesse : Wadossène a été puni à la hauteur des crimes qu’il a perpétrés. Ces trois récentes disparitions « miraculeuses » de terroristes endurcis viennent confirmer la thèse d’une coïncidence troublante…liée à Iyad Ag Ghali et aux derniers membres d’Ansar Dine, hypothèse qui avait été émise par nos frères du Nord et que j’avais relayée. Si des soubresauts de vengeances sont à présager, il n’en reste pas moins sûr que les terroristes ne feront pas de vieux os au Mali. Je dis bon débarras et vivement que d’autres suivent !

 

Paul-Louis KONE

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