Secteur du coton : Le ciel s’assombrit à nouveau

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Les producteurs de coton sont très mécontents de Choguel Maïga, le Premier ministre. La semaine dernière, ils ont fait une démonstration de force dans la ville de Kadiolo, région de Sikasso. Les producteurs de coton menacent ainsi de ne pas vendre leur production de la saison agricole en cours à la Cmdt si le gouvernement n’applique pas les recommandations des assises sur le coton, organisées par le gouvernement Moctar Ouane.

La recommandation phare de ces assises veut que le gouvernement mette en place un collège transitoire à la tête de la confédération des producteurs de coton. Puisque le gouvernement Choguel n’a pas mis en application les recommandations de ces assises, les paysans lui en veulent au point de vouloir refuser de travailler avec son équipe.

Au même moment, Choguel est allé parler à Genève au nom des paysans qui sont mécontents du gouvernement. Selon lui, les pays producteurs du coton en Afrique au Sud du Sahara sont parvenus pour la première fois à mobiliser toute la communauté internationale autour de leurs préoccupations et à inscrire la question du coton dans les négociations multilatérales avec conviction, engagement et méthode.

Depuis cette date, les paysans ne voient pas leur espoir d’une vie meilleure se concrétiser ; et cela faute tantôt de décisions politiques courageuses, tantôt du non-respect des engagements pris. « Que demandait, en effet, le paysan de Sikasso au Mali, de Bobo-Dioulasso au Burkina Faso, de Banikoara au Benin ou de Sahr au Tchad ? Ils ne demandaient pas l’aumône », a-t- dit. Ils demandaient la justice, celle qui est incompatible avec les soutiens internes à la base des distorsions sur le marché international.

Faute d’avoir écouté la complainte des paysans, ces pays ont vu leur résilience affectée, les zones cotonnières sont devenues des bassins migratoires et d’exode rural, avec leurs cortèges de tragédies dans le Sahara et dans la Mer

Malgré l’amertume résultant de l’arrière-goût d’inachevé. La consécration du 7 octobre comme Journée mondiale du coton, par l’assemblée générale des Nations Unies lors de sa 75ème session tenue le 26 août 2020 est, à cet égard, lourde de signification et porteuse d’une nouvelle espérance pour les 36 pays africains producteurs, ainsi que leurs 25 millions de cotonculteurs.

A l’échelle de l’Afrique, le coton représente près de 12% du PIB et 70% des recettes agricoles au Mali. En outre, la filière emploie plus de 80% de la population active dans les zones productrices. Au total, 65% des pays africains produisent et exportent du coton, tout comme d’autres pays en développement et pays moins avancés, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Ce coton africain, malgré les qualités intrinsèques de sa fibre, fait face à une rude concurrence liée notamment aux soutiens internes estimés à 5,9 milliards de dollars en 2019/2020 que certains pays riches apportent à leurs producteurs.

Pour ce qui est du Mali, près de 4 millions de personnes vivent directement de la production du coton.

L’Or blanc représente 11,3% des recettes d’exportation et 3,7% du PIB. C’est donc dire que le coton constitue un produit stratégique pour l’économie. Un produit de base, créateur de croissance, pourvoyeur d’emplois et de recettes pouvant aider nos pays à lutter plus efficacement contre la pauvreté, notamment en milieu rural et au sein des communautés défavorisées. « Lorsque nous parlons du coton, nous pensons toujours bien évidemment à nos paysans, à leur dénuement qui ne leur permet pas souvent de vivre dignement jusqu’à la prochaine campagne cotonnière », a dit Choguel.

Il a évoqué que la corvée des femmes productrices qui ne connaitront jamais l’autonomisation prônée par les instances internationales, tant que subsisteront les subventions. « Nous pensons aussi, avec préoccupation, à l’avenir des plus jeunes pour lesquels l’éducation devient un luxe faute de pouvoirs d’achat pour leurs producteurs de parents », a déclaré Choguel.

Le quotidien des cotonculteurs est à l’image de ces braves femmes, de ces hommes et de ces personnes âgées qui bêchent sans relâche les champs de coton dans de vastes plaines, à la main, qui entretiennent à la main, du matin au soir, sous la pluie, le soleil ardent, dans le vent et les tempêtes tropicales, les plants de coton ; et qui récoltent également à la main le coton, capsule après capsule, méticuleusement, inlassablement.

 

Nampaga KONE

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