Fausses promesses du gouvernement : la Douane décrète trois jours de grève

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En juillet 2006, le gouvernement du Mali a signé avec la section syndicale des douanes un protocole d’entente en 16 points prenant en compte les préoccupations réelles des douaniers du Mali. L’inapplication de ce protocole par le gouvernement, qui a tout simplement décidé de le garder dans les tirroirs, a irrité les gabelous qui annoncent une grève de 72 heures à partir du 21 mars.

Les gabelous sont disposés à en découdre avec le gouvernement dans les prochains jours puisqu’ils viennent de déposer, le 5 mars 2007, un préavis de grève pour les 21, 22 et 23 mars 2007. Le préavis indique clairement qu’en cas de non satisfaction des points de revendication, la section syndicale des douanes se réserve le droit d’entreprendre toutes les actions légales pour faire aboutir ses revendications.

Pour expliquer à l’opinion nationale les fondements de cette décision, le bureau de la section syndicale des douanes a rencontré hier à la Maison des Jeunes les journalistes de la presse écrite et orale. Le secrétaire général de la section syndicale, Yacouba Katilé, était entouré par les membres du bureau parmi lesquels Issoufi Daga Maïga, 1er adjoint au secrétaire général ; le deuxième adjoint M. Touré et Iboun Maïga, le secrétaire aux revendications.

D’entrée de jeu, Yacouba Katilé a tenu à faire une mise au point en affirmant que leur action ne rentre dans une quelconque considération politique ou électorale. "Nous ne sommes pas du tout manipulés, mais nous agissons à cause de nos préoccupations réelles et sincères. C’est pourquoi, nous avons organisé ce point de presse pour attirer l’attention de l’opinion publique sur notre situation", a indiqué le secrétaire général de la section syndicale.

En fait, la section syndicale des douanes avait en juillet 2006 signé un protocole d’entente avec le gouvernement du Mali. Dans cet accord, certains points devaient être exécutés dans l’immédiat, d’autres dans le temps avec la précision des délais d’exécution. Il se trouve que depuis la signature de ce protocole d’entente, l’Etat ne s’est plus manifesté, malgré les multiples interpellations du bureau de la section syndicale des douanes.

Selon Katilé, rien n’a été fait depuis, et pendant ce temps les membres du bureau ne sont pas restés les bras croisés. Ils ont tenté à chaque fois et en vain de bousculer la porte pour rencontrer l’administration pour la mise en place au moins d’un cadre de concertation. Rien n’y fait, même les points les plus élémentaires n’ont pas eu satisfaction à en croire le secrétaire général adjoint, Issoufi Daga Maïga. Ce dernier croit très sincèrement que l’Etat ne les prend pas du tout au sérieux, et n’accorde la moindre importance au protocole d’entente.

C’est pourquoi, il disait douter même de la bonne foi du gouvernement à travers ses comportements qui ne sont pas de nature à faire avancer les choses. Yacouba Katilé, lui, ne croit plus à la bonne foi du gouvernement, mais se dit disponible au dialogue pour le bien de ce pays et au nom de ses camarades. Interrogé sur la façon dont ils comptent aborder les nouvelles négociations, Issoufi Maïga est on ne peut plus clair. "Les acquis du protocole d’entente ne seront plus négociés. Nous demandons simplement leurs applications", martela-t-il.

Dans la mise en oeuvre du protocole d’entente, le gouvernement a accusé un retard dans l’exécution de sept points à savoir l’intégration dans la fonction publique des agents contractuels qui devrait se faire au plus tard le 1er janvier 2007 ; la formation et le perfectionnement du personnel qui consacre la création d’une école des douanes dont le délai butoir est fin février 2007 ; l’alignement du traitement des agents des douanes à l’étranger sur ceux des entrepôts relevant du ministère de l’Equipement et des Transports ; la relecture de certains textes ; la dotation en uniforme ; et la mise à disposition d’un local pour le syndicat des douanes.

Aucun de ses points n’a été satisfait comme prévu par le protocole d’entente.

Idrissa Maïga

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