Le Directeur général des Impôts du Mali, Mathias Konaté, lors de ce débat : -‘’La fiscalisation du secteur agricole doit être effective !’’ : -‘’L’informel résorbe certes en partie le chômage, mais menace dangereusement le secteur formel’’

30 Juil 2019 - 01:32
Mis à jour: 7 ans
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Le Directeur général des Impôts du Mali, Mathias Konaté, lors de ce  débat : -‘’La fiscalisation du secteur agricole doit être effective !’’ : -‘’L’informel résorbe certes en partie le chômage, mais menace dangereusement le secteur formel’’
Mathias Konaté remplace Sidima Dienta
Le Directeur général des Impôts du Mali, Mathias Konaté, était l’un des animateurs du débat public média : « au cœur du PREM : mobilisation des recettes ». C’est ce cadre réputé pour ses compétences professionnelles et sa loyauté qui a édifié l’assistance tout ouïe sur les principales mesures d’élargissement de l’assiette fiscale initiées ou envisagées par le gouvernement dans le cadre de la réforme en cours au niveau des finances publiques. La fiscalisation des secteurs agricole et informel constitue l’une des mesures principales envisagées pour élargir l’assiette fiscale, a révélé le Directeur général des impôts : « Eu égard au développement de l’agriculture moderne et des fermes péri-urbaines, notamment, il y a lieu de procéder à l’effectivité de la fiscalisation du secteur agricole, la législation ayant prévu les dispositions qui encadrent l’imposition des bénéfices agricoles ». A en croire, Mathias Konaté, une étude a déjà été réalisée dans ce sens, dont les recommandations permettront de contribuer à l’amélioration des ressources de l’Etat. Les revenus tirés des secteurs agricoles sont imposables. Reste que dans les faits, l’imposition n’est pas assurée parce qu’aucun Arrêté n’est élaboré à ce jour pour déterminer les critères distinguant une agriculture moderne de celle de subsistance. La taxation va concerner les fermes modernes et ne touchera pas à l’agriculture de subsistance. C’est d’ailleurs en raison de la sensibilité du sujet que les textes, qui étaient parvenus jusqu’au niveau du Conseil des ministres, ont dû être retirés in extremis du circuit d’approbation pour plus de concertation, a reconnu le premier responsable de l’administration des impôts. ‘’Concurrence asymétrique de ceux qui ne paient pas d’impôts à ceux qui supportent les charges fiscales’’ S’agissant de la fiscalisation de l’informel, il a souligné que malgré son fort potentiel, ce secteur contribue très faiblement aux ressources de l’Etat : ‘’Si le secteur informel permet de résorber en partie le chômage, il n’en demeure pas moins qu’il constitue une menace pour le secteur formel. Des pans entiers de l’économie formelle s’effondrent à cause de la prolifération des activités informelles. En effet, la concurrence asymétrique que mènent ceux qui ne paient pas d’impôts à ceux qui supportent des charges fiscales peut entrainer la fermeture de ces derniers. Il en résulte une forte pression fiscale sur les entreprises structurées qui subissent ‘’, a laissé entendre Mathias Konaté.  Selon lui, un focus a été mis sur l’orpaillage traditionnel. ‘’Les revenus du secteur informel échappent à toute imposition’’ a-t-il regretté. Pour promouvoir l’emploi salarié et formaliser l’économie, Mathias Konaté a éclairé la lanterne de l’assistance sur les motivations de la suppression, depuis janvier 2019, de la Taxe de Formation Professionnelle et de la Taxe Emploi Jeune. ‘’L’objectif visé par cette mesure est d’encourager la formalisation de l’économie et en conséquence l’élargissement de l’assiette fiscale’’, a-t-il martelé. Il a insisté sur la modification du Code des investissements pour porter le seuil d’agrément des projets de 12 500 000 à 100 000 000 FCFA. ‘’Cette mesure s’inscrit d’une part, dans une dynamique de promotion des investissements plus importants et, d’autre part, dans une démarche de rationalisation des exonérations fiscales et douanières’’, a-t-il affirmé. Dans le cadre de la relecture du Code minier, d’importantes mesures sont envisagées pour rationaliser les exonérations, a fait savoir M. Konaté. Il s’agit, entre autres : de réduire la période de stabilité fiscale de 30 à 15 ans en phase avec la durée moyenne d’exploitation des gisements ;  de garantir la stabilité fiscale et douanière au titulaire de titres miniers ; de lutter contre la sous-capitalisation ; d’introduire le principe de la comptabilité séparée et un mécanisme permettant de mieux capter la rente en cas de hausse importante des prix de vente des produits marchands miniers par rapport à ceux retenus dans l’étude de faisabilité. La fiscalisation des nouvelles économies, a noté le Coordinateur de la Carfip, Abdoulaye Traoré, est au cœur de la réforme des finances. A en croire le Directeur général des Impôts, l’adoption de la Loi N°2017-022 du 22 juin 2017 déterminant le Cadre général du régime des exonérations fiscales et douanières, est une avancée majeure. Cette loi est complétée par le Décret N°2018-0595/P-RM du 24 juillet 2018 fixant les modalités de son application. ‘’Il convient de noter que les marchés financés sur le Budget national sont conclus, toutes taxes comprises. Il en est de même de ceux financés sur les ressources de la Banque mondiale, des Pays Bas et du Danemark. Des discussions sont engagées avec les autres bailleurs de fonds en vue de les amener à accepter que les marchés qu’ils financent soient conclus, toutes taxes comprises’’ a expliqué Mathias Konaté. Le niveau des exonérations, a fait savoir le coordinateur de la Carfip, pesait sur la mobilisation des recettes. En 2018, l’Etat a gagné 10 milliards de ressources additionnelles sur les projets et programmes. Indispensable modification du Code général des impôts La digitalisation de l’administration fiscale est l’un des chantiers de la réforme de finances publiques. La direction générale des Impôts, selon Mathias Konaté, a finalisé deux modules (télé déclaration et télépaiement). L’utilisation des télé-déclarations, a-t-il détaillé, a déjà démarré à la direction des Grandes entreprises (DGE) en janvier 2019 pour les contribuables ayant accepté l’adhésion volontaire. ‘’La généralisation de la digitalisation en matière de déclaration et de paiement à l’ensemble des contribuables nécessite une modification du Code général des impôts en vue d’une adhésion obligatoire’’, a souligné Mathias Konaté. L’institution d’un système sécurisé de facture normalisé va permettre de lutter contre la fraude et augmenter les recettes les recettes fiscales, notamment  celles relatives aux Taxes sur la valeur ajoutée (TVA). Cette mesure devrait également sécuriser les recettes de l’Etat. Selon Mathias Konaté, il y a eu la relance des activités du Comité Mixte de Renseignement et d’investigation économiques et financières à travers la nomination, le 16 juin dernier, de ses membres. Chiaka Doumbia  

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Commentaires (9)

User
BREHIMA TRAORE
BREHIMA TRAORE 7 ans
ceux qui sont supposes mener des activites agricoles industrielles auront des maliens comme consommateurs de leurs produits, dans le cadre de la politique de recherche de l'autosuffisance alimentaire. considerant l'importation des materiels agricoles exoneree de droits et taxes a l'entree du territoire ; considerant les subventions accordees aux intrants agricoles ; considerant les raisons pour lesquelles un Departement Ministeriel a meme ete cree pour s'occuper de l'autosuffisance alimentaire ; vouloir penser a imposer les grands producteurs agricoles comme si la totalite de la production etait destinee a l'exportation, ne parait pas rejoindre une certaine coherance avec l'objectif autouffisance alimentaire retenue en priorite dans la Declaration de Politique Generale du Gouvernement
LE ROI BITON DE SEGOU
LE ROI BITON DE SEGOU 7 ans
Les agriculteurs paient les impots!!! NIN SONGO!!!!!!!! Quand ils font des achats, ils paient des impots!!!!! Je peux comprendre si on demande aux agriculteurs qui ont les moyens modernes de production et qui pratiquent une agriculture commerciale de payer des impots. IL FAUT ABSOLUMENT EVITER DE DEMANDER AUX FAMILLES QUI CULTIVENT LES CHAMPS FAMILIAUX POUR UNE AGRICULTURE VIVRIERE DE PAYER D'AUTRES IMPOTS !!!! AW BE' KA SABALI!!!!!
Lastus
Lastus 7 ans
Reflechissez d'abord à comment collecter sans fraude ni corruption les impôts et taxes..... ensuite pensez à taxer d'autres secteurs.
Mali-Chez Nous
Mali-Chez Nous 7 ans
@L'HOMME NOIR, Peut-être que vous avez raison sur les qualificatifs de Monsieur Konaté, sauf que la question n'est pas de savoir si ce Monsieur est sage, humble, chevronné,...etc. Le DG des impôts est un simple exécutant de la politique fiscale du gouvernement. Il faut à tout prix inciter les investissements dans l'agriculture. Et imposer des taxes obscures dans ce secteur serait un auto-suicide économique pour notre pays. Je répète, la priorité actuelle pour notre système fiscal n'est pas des réformes bidons, mais bien la transparence et la lutte contre la corruption. Et c'est en décidant de faire face à ces fléaux que Monsieur Konaté pourrait "élargir l'assiette fiscale".
L'HOMME NOIR
L'HOMME NOIR 7 ans
Au regard de la situation économique catastrophique du pays avec des ressources maigres, ces mesures sont les bienvenues en vue de renforcer l’assiette fiscale. M. KONATE est plein d’humilité, de sagesse c’est un cadre chevronné et courageux. BRAVO
Convaincu
Convaincu 7 ans
Pardon.
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