Situation de la microfinance dans l’UMOA au 31 décembre 2018 : Neuf institutions étaient sous administration provisoire dont une au Mali

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La Banque centrale des Etats e l’Afrique de l’ouest (Bceao) a fait le point de la situation du secteur de la microfinance dans les États membres de l’Umoa à fin décembre 2018.

Dans cette évaluation rendue publique cette semaine, les analystes de la Bceao précisent que les informations sur les systèmes financiers décentralisés (SFD) sont basées sur l’analyse de l’évolution des indicateurs évalués à partir des données estimées. En termes plus précis, les estimations ont été effectuées à partir des données à fin décembre 2018, collectées auprès d’un échantillon de 162 SFD, réalisant environ 90% des opérations de dépôts et de crédits de la finance décentralisée.

Le nombre de SFD dans l’Umoa est chiffré à environ 601 à fin décembre 2018. En outre, l’accès des populations aux services financiers fournis par les institutions de microfinance s’est accru de 14,6% en glissement annuel, avec un nombre de bénéficiaires de ces services qui est ressorti à 14 290 490 sur la période contre 12 472 154 un an plus tôt. Le nombre de points de service est évalué à 4.390, soit une progression de 5,1% par rapport à fin décembre 2017. Précision : en tant que clients des SFD, les groupements sont comptés sur une base unitaire.

L’examen des indicateurs d’intermédiation des SFD de l’Union laisse apparaître une évolution relativement opportune à l’inclusion financière, malgré un taux brut de dégradation du portefeuille qui s’est inscrit en hausse, ressortant à 7,2% contre 6,1% à fin décembre 2017, pour une norme généralement admise de 3% dans le secteur.

Sur la période sous revue, le montant des dépôts collectés s’est fixé à 1.301,4 milliards de Fcfa contre 1.149,4 milliards de Fcfa une année plus tôt, soit une augmentation de 13,2%. Cette progression est enregistrée au Togo (+24,8%), au Mali (+23,4%), au Niger (+20,5%), au Sénégal (+14,8%), au Burkina (+10,4%), au Bénin (+6,0%) et en Côte d’Ivoire (+5,9%). Cependant, une baisse a été observée en Guinée-Bissau (-43,0%).

Le montant moyen de l’épargne par client s’est établi à 91.069 FCFA à fin décembre 2018 contre 92.158 Fcfa à fin décembre 2017. Pour l’ensemble des SFD de l’Umoa, l’épargne recueillie représente 5,3% de la totalité des dépôts détenus par les établissements de crédit3 de l’Union contre 5,1% un an plus tôt. Précision : les dépôts des établissements de crédit sont estimés à 24.526.697 millions de Fcfa à fin décembre 2018 et à 22.486.576 millions de Fcfa un an auparavant.

S’agissant de l’encours des crédits des SFD de l’Union, il s’est accru de 18,2% par rapport à son niveau à fin décembre 2017, pour ressortir à 1.414,7 milliards de Fcfa. Cette hausse a été relevée au Bénin (+34,1%), au Togo (+24,8%), au Burkina (+21,1%), au Mali (+20,2%), en Côte d’Ivoire (+17,0%) et au Sénégal (+11,6%). En revanche, la Guinée-Bissau et le Niger ont connu respectivement des baisses de l’ordre de 26,2% et de 3,2%.

L’encours moyen des financements par bénéficiaire a augmenté, en ressortant à 98.994 Fcfa à fin décembre 2018 contre 95.994 FCFA une année auparavant.

Pour l’ensemble du secteur, l’encours des crédits représente 6,8% des créances consenties par les établissements de crédit de l’Union contre 6,3% à fin décembre 2017. Il faut noter que l’encours des prêts des établissements de crédit est estimé à 20.689.192 millions FCFA à fin décembre 2018 et à 18.863.296 à fin 2017.

Quant aux SFD en difficulté, neuf institutions de microfinance étaient sous administration provisoire dont deux au Bénin, deux au Niger, deux au Togo, une en Côte d’Ivoire, une au Mali et une au Sénégal à fin décembre 2018.

                                             A.B.N.

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