Entretien routier : Le péage, une arme indispensable pour le combat

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Le pays est en guerre. Ça, personne ne le nie. Dans une telle conjoncture économique, où l’urgence le dispute à la rareté des ressources pour un Etat, pris à la gorge par des dépenses publiques, le paiement de la redevance  péage devrait être perçu comme un acte patriotique. En somme, comme une participation citoyenne à “l’effort de guerre”. Ce, dans le but de réhabiliter les infrastructures routières, vitales pour le désenclavement d’un pays continental comme le Mali.

 

Après trois reports en un seul mois, la nouvelle date d’entrée en vigueur de l’arrêté interministériel n°08-1390/MF-MET-Matcl-Msipc du 14 mai 2008, instituant en République du Mali le paiement par passage de la redevance péage, est fixée au mercredi 17 février 2021. C’est du moins ce que le département de tutelle annonce après la vague de contestation qui a agité le secteur des transporteurs, il y a quelques jours.

L’état de dégradation très avancé de nos routes bitumées nationales, régionales et communales n’est plus à discuter. Voilà une situation désastreuse, indiquent des spécialistes, qui provoque plus de 80% des accidents de la circulation.

Au Mali comme ailleurs dans le monde, un tel fléau ne pas être  une fatalité. De surcroit, aucun Etat moderne ne doit être condamné à vivre ce désastre, dans la mesure où l’application correcte des  lois nationales et internationales constitue des remèdes à pareille déconvenue.

Longtemps buté à des obstacles dans l’application de cet arrêté interministériel, le ministère des Transports et des Infrastructures a pourtant privilégié le dialogue et la sensibilisation dans la mesure du possible en vue, dit-on, d’entretenir et de maintenir les routes, là où elles sont, en bon état. A cette logique de modernisation des infrastructures routières, découle d’une autre exigence économique, celle de favoriser la productivité et l’attractivité du  pays dans ses rapports commerciaux avec les autres.

C’est justement dans ce cadre que l’article 3 de l’arrêté interministériel n°08-1390/MF-MET-Matcl-Msipc du 14 mai 2008 conserve tout son sens. Il énonce que le concessionnaire va dorénavant percevoir un droit obligatoire sur chaque passage de véhicule à quatre roues ou plus. On le voit bien, il s’agit de « chaque passage » et non « par jour », comme tentent de le faire croire certaines pratiques.

Ainsi, le montant du droit de passage est fixé comme suit : 500 F CFA pour un véhicule léger d’une hauteur inférieure à 2,55 m ; 1000 F CFA pour tout véhicule admis au transport public de plus de 15 personnes payantes ; 500 F CFA par essieu pour tout véhicule poids lourd ou d’une hauteur supérieure ou égale à 2,55 m.

Autre fait important : le  paiement par passage de la redevance péage est une pratique universelle, en cours notamment dans les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa).

En fait, seul le Mali était à la traine de cette tendance. Une situation qui ne s’explique pas dans un Etat comme le nôtre, pris en tenaille par les difficultés de toutes sortes. A voir sous cet angle, le citoyen lambda, prompt à l’investissement humain pour le pays, doit s’imposer cette règle première, celle du paiement par passage de la redevance péage.

A défaut d’un réveil citoyen, souhaité et voulu, les autorités doivent s’assumer en prenant toutes leurs responsabilités en la matière. Et pour cause ?L’Etat, sous le poids de nombreuses contraintes économiques, confronté qu’il est aux nombreuses urgences liées à son développement, n’a plus les moyens de faire face, à lui seul, aux énormes charges de l’entretien routier.

A l’évidence, chaque année, selon les statistiques officielles, l’Etat continue de consentir des efforts importants en matière d’entretien et de renforcement des infrastructures routières. De ce fait, des centaines de millions, voire des dizaines de milliards de nos francs, sont engloutis pour la modernisation de ces infrastructures.

Malgré tout, les citoyens, d’une manière générale, non satisfaits de l’existant, ne cessent de réclamer des routes bien faites et bien entretenues. Mais, le plus souvent, ils n’imaginent pas les efforts colossaux déployés pour y parvenir, en dépit d’un contexte difficile, où tout est urgence.

En matière d’épanouissement humain, auquel est dédié l’Etat, nul ne peut contester le bien-fondé de la demande sociale en matière d’infrastructures et d’équipements. D’où l’engagement des autorités nationales à prendre, depuis près de 13 ans, l’arrêté interministériel n°08-1390/MF-MET-Matcl-Msipc, instituant le paiement par passage de la redevance péage.

Une décision du reste conforme à une directive de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), qui voit en cela, selon les services de communication du ministère desTransports et des Infrastructures, des mécanismes susceptibles de rallonger la durée de vie des routes dans cet espace sous-régional.

“La route, un facteur incontournable pour le développement”

Il faut le dire clairement, c’est depuis 2008 que lepaiement par passage de la redevance péage a été institué. A cette époque, sa mise en application avait provoqué un grand tollé au sein des transporteurs, lesquels n’avaient pas hésité de demander un report. Pour ainsi apaiser le climat, le gouvernement a décidé de reporter l’échéance.

Il y a juste une année, précisément en février 2020, face au manque de ressources financières pour faire face au coût de plus en plus élevé de l’entretien routier, le gouvernement avait autorisé l’application intégrale de la mesure, à travers une communication écrite,  prise en conseil de ministres du 19 février 2020.

Aussitôt, l’Autorité routière (AR), chargée de la mise en œuvre de la mesure, a mené une campagne de communication et de sensibilisation sur le sujet. La décision d’application sera toutefoisajournée.

Avec l’avènement de la transition,  en fin décembre 2020,  le gouvernement de Transition a autorisé le ministère des Transports et des Infrastructures à appliquer le paiement par passage de la redevance péage. Animés de bon sens, les responsables départementaux ont procédé à une campagne de sensibilisation sur la mesure, à travers des sketches et annonces dans la perspective d’une meilleure appréhension de la mesure par les populations. Là aussi, il y a eu des manipulations ourdies pour saborder l’initiative.

Trois tentatives pour l’effectivité de la mesure, à savoir le 11 janvier, le 25 janvier 2021, et récemment le 1er février 2021, ont échoué. Desdifférents reports qui prouvent la détermination des autorités de la Transition à apaiser le climat social, à privilégier le dialogue social pour une meilleure adhésion des populations à la mesure.

Au-delà de la pertinence et de la souplesse de la législation nationale en la matière,  le péage, nous apprend Wikipédia, est un droit que l’on doit acquitter pour franchir un passage ou emprunter un ouvrage d’art. Il s’applique aux personnes, aux véhicules ou aux marchandises transportées. Le terme désigne aussi dans le langage courant le poste de péage (ou barrière de péage), dans lequel ce droit est perçu.

A l’origine, ça ne concernait qu’un “passage à pied”. Actuellement, mais déjà très tôt, avant le 12e siècle, il a été associé à l’idée de droit de passage payant, quel que soit le moyen de transport ; il peut s’appliquer aux personnes, aux animaux, aux marchandises ou aux véhicules. Les termes « octroi et barrière de péage » sont aussi usités.

Dans la sous-région, le péage est devenu un véritable facteur de développement et de promotion des routes.  Le Sénégal est devenu un cas d’école qui mérite de retenir l’attention des usagers  et même des autorités.

Selon des sources bien introduites, l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio, au Sénégal, s’avère présentement un projet fondamental pour le développement de la région de Dakar qui concentre 80% de l’activité économique du pays et 25 % de sa population.

L’autoroute reliant Dakar à Diamniadio permet aujourd’hui à deux millions de Sénégalais, vivant à Dakar et dans les villes environnantes, de bénéficier d’avantages sociaux et économiques importants.

Les temps de déplacement entre la capitale et les centres urbains environnants sont fortement réduits et l’accès aux services essentiels, comme la santé et l’éducation, est facilité.

Oumar KONATE

 

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