Edito : Le Mali, menacé jusque dans ses fondements

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Face au triple danger à la fois socio-sécuritaire et territorial auquel le Mali est confronté, il faut une grande capacité de résilience  de son Peuple pour ne pas s’effondrer.

En effet, Kidal est presque devenue une enclave autonome. Gao et Tombouctou résistent encore à la domination des Ifoghas, mais pour combien de temps, sachant bien que l’Etat n’arrive pas à assurer son devoir régalien.  A Mopti, le vivre-ensemble s’est fortement effrité. Des dogons et des peulhs, les deux ethnies majoritaires, se regardent non pas en cousins consanguins, mais en frères ennemis. Une partie de Ségou n’échappe pas au fléau du djihadisme. Les populations de ces zones ont le sentiment d’être abandonnées par l’Etat. Le message de ceux qui dictent leurs lois ne sera-t-il pas entendu à force d’être répété ?

A Koulikoro, les populations de Nara et de Banamba ne dorment que d’un œil, car ces deux cercles ont été les théâtres d’attaques djihadistes à répétition.  Seules les régions de Kayes, de Sikasso et du District de Bamako échappent  pour l’instant au fléau djihadiste, mais sont ébranlés par une crise politico-sociale sans précèdent. L’administration est presque paralysée par les grèves à n’en pas finir et qui touchent à tous les secteurs clés, à savoir l’éducation, la santé, l’économie.

Ce tableau sombre dressé, est loin d’être exhaustif. Que dire de notre armée ? Hier crainte par tous nos voisins, mais aujourd’hui, devenue la risée du monde. Pourtant, elle n’est  rien d’autre que ce que les politiques ont voulu qu’elle soit à savoir, une armée  mal équipée, mal formée et qui peine à accomplir sa mission de défense du territoire et de la protection des personnes et de leurs biens.  Ce tableau est malheureusement celui des démocrates, qui ont promis un Mali idéal où il fera bon vivre. Un Mali où tous les maux qui ont caractérisé le régime dictatorial du Général Moussa Traoré, allait être des mauvais souvenirs. Aujourd’hui, ce à quoi nous assistons, est de loin  le contraire de ce qui a été promis en 1991. Face  à un destin trouble, voire incertain du Mali de Modibo Keita, que faut-il faire ?

Il  faut tout d’abord un large consensus autour du Mali. Ce consensus ne serait possible que si les tenants actuels du pouvoir prennent la mesure de la gravité de la situation. Qu’ils deviennent moins suffisants  et plus disposés à renoncer tout ou partie de leurs privilèges et pouvoirs  pour la réalisation de ce consensus. Ensuite, mettre sur la table toutes les questions existentielles et majeures. Le cadre le plus  idéal pour une discussion inclusive est une conférence nationale dont les résolutions qui en seraient issues s’imposeront comme des lois. Le plus tôt serait le mieux.

Youssouf Sissoko 

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