Vol à main armée : Un motocycliste délesté de 10 millions

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    Le braquage avait été des plus simples, mais assez audacieux. Une balle logée dans la cuisse et des tirs de sommation affolant les témoins qui s’étaient enfuis en hurlant et en ameutant la rue.

    L’aventure n’était pas pour déplaire aux jeunes braqueurs. Ils s’émerveillaient à la pensée qu’un homme qui venait de retirer dans une banque de la place la rondelle somme de 10 millions de F CFA enfourchât une moto. Ce pactole valait bien qu’on se dérangeait. Subitement le plaisir et l’excitation qu’ils avaient trouvés ces derniers temps dans le vol des motos les paraissaient dignes d’un enfant de chœur. Braquer, voilà un passe-temps passionnant qui devait donner à la vie la peine d’être vécue. Persuadés qu’il existait peu de métiers qui vous faisaient gagner aussi rapidement et aussi facilement beaucoup d’argent que celui de braqueur. Le mot ne les déplaisait pas, d’illustres précédents dansaient probablement dans leur mémoire, et ils se trouvaient un air de Robin des bois du meilleur ton.

    De toute façon, à un cheveu du Maouloud – naissance du prophète Mohamed – il leur fallait de l’argent, très vite pour sensiblement améliorer l’ordinaire, tresser les têtes de belles créatures, leur offrir des habits de luxe. Il n’y pas une minute à perdre. Certes, la nécessité ne les poussait pas seulement. Mais aussi leur démon favori : le goût du risque. Encore, ils mettaient en jeu leur honneur, leur liberté.

     

    Simple et audacieux   

     

    Le braquage avait été des plus simples, mais assez audacieux. A hauteur du Centre Aoua Keïta, sur le boulevard de l’indépendance, un des bandits assis derrière le conducteur de la moto ouvrait lundi le feu sur le motocycliste. Atteint à la cuisse, il aurait émis des cris de douleur avant de glisser brusquement sur le bitume, selon un témoin. Les larrons, visiblement calmes et absolument maîtres de leurs nerfs, procédaient à une fouille corporelle de la victime qu’ils délectaient de billets de banque.

    Les témoins de l’attaque à main armée affolés, s’étaient enfuis en hurlant et en ameutant toute la rue pour tomber finalement dans les bras compréhensibles  de policiers en faction. Les rares qui avaient osé s’approcher de si près ont battu en retraire aussi déclenchées des rafales de sommation.  Tout s’était déroulé en une poignée de minutes.  Largement suffisantes pour se tailler avec le magot ; les policiers accourus sur les lieux étaient réduits à constater les dégâts.

    Fort plausible que les malfrats très bien renseignés s’étaient lancés à ses trousses dès que la victime franchisât la porte de la banque. Comme un sous-marin dans un océan, ils évitaient de se faire repérer. Avant de passer à l’acte à l’endroit qu’ils estimaient idéal et au moment qu’ils estimaient favorable.

    Transportée à l’hôpital, la vie de la victime serait hors de danger.

    Georges François Traoré

     

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