Koulikoroni/Kati : malgré une décision de justice, le général Harouna Samaké continue d’occuper plus de 2 ha de terrain appartenant à Boubacar Diarra

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En dépit d’une décision de justice, le général Harouna Samaké continue d’occuper une partie des parcelles de terrain appartenant à Boubacar Diarra sises à Koulikoroni dans la commune rurale de Bossofala-cercle de Kati. Celui-ci a acheté les parcelles de terrain auprès de Cheick O. Diarra et sa sœur Haby Diarra.

Cheick Oumar Diarra et Haby Diarra sont propriétaires depuis 2011 de onze parcelles de terrain contiguës d’une superficie de plus de 26 ha dans le morcellement de Koulikoroni dans la commune rurale de Bassofala, cercle de Kati.

Boubacar Diarra, qui a racheté lesdites parcelles de terrain, est surpris de voir en 2018 le général Harouna Samaké, ancien chef d’état-major adjoint de l’armée de terre et aujourd’hui ambassadeur du Mali en Russie, mettre un tracteur dans ses parcelles détruisant ainsi plus de 1000 pieds d’eucalyptus et des polygones.

Boubacar Diarra a fait constater l’empiétement sur sa parcelle par un huissier afin de sauvegarder ses droits. Il s’agit de l’Etude de Maître Moctar Diallo, huissier commissaire de justice, qui, dans son rapport, indique que Harouna Samaké, représenté par Monsieur Diawara, a des parcelles contiguës à celles de la famille Diarra. Les parties empiétées concernent selon le géomètre les parcelles n°156 KKD, n°158 KKD et 159 KKD suivant les lettres d’attribution n°154/SPN du 22 août 2011 du sous-préfet de Néguèla. La surface empiétée couvre une superficie de 2 ha, 83 à 44 ca.

Après avoir échoué à faire revenir le général Samaké à la raison, à travers des démarches à l’amiable, la famille Diarra a décidé de porter l’affaire devant la justice. Le Tribunal de grande instance de Kati, dans son jugement n°601/JGT/2020, en date du 05 octobre 2020, ordonne l’expulsion de l’officier supérieur de l’armée, tant de sa personne, de ses biens ainsi que de tous occupants des parcelles n°156/KKD, 158 KKD et 159 KKD sises à Koulikoroni. La justice ordonne par la même occasion la démolition des réalisations faites par lui sur lesdites parcelles.

« Boubacar Diarra est dans du faux », selon le représentant du colonel-major Samaké

Selon la décision de justice en dépit de la signification régulière de l’assignation, l’ancien chef d’état-major de l’armée de terre n’a ni comparu, ni conclu et s’est pas fait représenter à l’audience le jour du procès pour se défendre. C’est donc à son absence que le tribunal a tranché.

Cela suivant l’article 479 du CPCCS qui stipule que « si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée », renseigne la grosse du jugement.

Malgré cette décision de justice, l’officier supérieur continue toujours d’occuper les parcelles de Boubacar Diarra, qui peine à faire appliquer sa grosse. Contacté sur les raisons de cette absence, le général Samaké, chef d’état-major adjoint de l’armée de terre, au moment des faits, on représentant Diawara, cité dans un constat d’huissier, a indiqué qu’il était sur le théâtre des opérations. « Il était dans un endroit desservi par le réseau téléphonique », a-t-il expliqué.

Concernant le fond du dossier, le sieur Diawara a indiqué que Boubacar Diarra dispose d’un faux document et avait profité de l’analphabétisme des villageois pour s’accaparer leurs terres. « Il a payé un hectare pour ensuite faire sortir le document de cinq hectares », a-t-il poursuivi. Selon le sieur Diawara, les personnes qui ont vendu les parcelles à la famille Diarra ont affirmé n’avoir jamais vendu l’espace querellé. C’était selon lui en présence des habitants du village.

« Le colonel-major aujourd’hui général est une personne honnête, si les parcelles appartenaient réellement à Boubacar Diarra, il n’hésiterait pas à les lui restituer. Mais il n’est pas honnête et n’a pas obtenu les documents dans les règles de l’art. Son document sera abrogé », croit savoir notre interlocuteur qui annonce la réouverture prochaine du dossier à la justice.

Pour terminer, le représentant du général Harouna Samaké menace :« si jamais je vois mon nom dans un journal, je vais intenter un procès à la fois contre Boubacar Diarra et contre le journal ».

Abdrahamane SISSOKO

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