Nord et Centre du Mali : Un génocide en préparation contre les populations

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«On est mardi aujourd’hui. À partir de ce jour jusqu’au samedi prochain, notre zone est coupée du reste pays, faute de réseau de téléphonie », s’exclamait hier un jeune adulte que nous avons rencontré dans un  groupe de causerie. L’homme, âgé d’une quarantaine d’années révolues, est originaire du cercle de Nianfunké, dans la région de Tombouctou. Selon son témoignage, actuellement il y a des familles qui peuvent faire trois, quatre voire cinq jours sans mettre la marmite sur le feu, faute de graines et d’argent pour acheter de quoi manger. A Gao, le réseau n’est pas totalement coupé, mais il est très difficile de travailler avec. La tension est à son comble devant les établissements bancaires. Du fait de la faiblesse du réseau, les agents ont toutes les peines à travailler. Les paiements se font aux compte-gouttes. Ce qui provoque de véritables tensions sociales entre les usagers et les banquiers.  Ce nouveau mode opératoire des assaillants qui écument cette partie de notre territoire a commencé il y a environ quatre semaines, après avoir saboté les installations de téléphonie mobile des trois opérateurs, notamment celle de Sédégué, dans la région de Mopti. Qui était un point névralgique dans la déserte des villes de notre septentrion et de la région de Mopti.

Après le sabotage, le gouvernement lui-même s’était employé à rétablir très rapidement la communication avec cette partie de notre territoire. Mais, cela n’a été que d’une joie de courte durée. Car, dès le mardi qui a suivi, les populations ont de nouveau été coupées du pays. Ce, jusqu’au samedi qui a suivi. Et c’est comme cela depuis dans la région de Tombouctou et une partie de la région de Mopti. Pourquoi seulement les week-ends, parce que selon lui, dans la zone, le marché de Tonga se tient le samedi et le dimanche. A cette occasion, les forains viennent de toute la région de Tombouctou, de Mopti et même de Bamako, n’eut été la situation sécuritaire et l’état des routes (très dégradé) pour faire affaire. C’est aussi l’occasion pour les populations locales de reconstituer la provision de la semaine. Mais, à cet effet, les membres des familles installées à Bamako ou ailleurs dans le pays envoient des contributions aux familles par les services de transfert d’argent. Parce qu’actuellement, l’insécurité est telle que nul ne s’hasarde à s’éloigner du village pour quelque motif que ce soit. Sous la pression des envahisseurs, les populations ont été contraintes d’abandonner les champs. Les animaux sont laissés à eux-mêmes lorsqu’ils sont au pâturage. Tous les propriétaires de bétail prient tous les jours de revoir leur troupeau de retour du pâturage. Comme pour dire que la population est condamnée à vivre dans la famine, la misère matérielle. Tous les ingrédients sont réunis pour obliger les populations à partir de leur terroir pour laisser la place à qui ?

Rappelons que Tonga, une commune du cercle de Goundam, est un grand carrefour des affaires dans la région de Tombouctou. La bourgade est installée entre les lacs Télé et Horo. La population composée essentiellement de Songhoï, Bozo, Peulh, Bella et de Touarègues pratiquent l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’artisanat et le négoce.

Selon notre interlocuteur, les assaillants viseraient à sécher les ruisseaux qui alimentent la foire de Tonga. Dans quel but, difficile de répondre à cette question ? Mais, tout porte à croire qu’on est en face d’une guerre d’usure, dont la finalité est d’obliger les populations noires à abandonner les zones du nord pour qu’au bout d’un certain temps, l’on se retrouve avec une population en majorité blanche dans les cinq régions du nord. Ce jour, le projet de partition devient effectif. L’heure est donc à la vigilance. Le tort des compatriotes est de croire aux cloisons que les néo-colonialistes français tentent d’établir entre le Mnla et le groupe d’Iya Ag Ghaly. Lesquels sont venus dans le même sac en 2012. N’est-ce pas que cette stratégie de famine organisée en douce est une forme de génocide, dont l’ONU se rend coupable à nouveau comme ce fut le cas au Rwanda ?

M. A. Diakité

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