Selon le FMI, l’Afrique doit créer deux fois plus d’emplois pour absorber la hausse démographique

0
La directrice générale du FMI, Christine Lagarde
La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, visite une usine de chaussures à Addis-Abeba, en Ethiopie, le 14 décembre 2017. CRÉDITS : STEPHEN JAFFE / AFP

Le Fonds monétaire international appelle les pouvoirs publics subsahariens à « soutenir les secteurs nouveaux et émergents porteurs de croissance ».

L’Afrique subsaharienne doit accroître ses efforts au cours des prochaines années pour créer les millions d’emplois « dont sa population jeune » aura besoin au vu du dynamisme démographique de la région, estime dans un rapport le Fonds monétaire international (FMI). « L’avenir de l’emploi est déjà là et les décideurs doivent en tenir compte dès à présent », estime le FMI dans cette étude sur « les flux de capitaux et l’avenir de l’emploi » en Afrique subsaharienne, présentée jeudi 8 novembre à la presse.
Lire aussi : « L’improbable dividende démographique de l’Afrique »

Selon ce document, joint au rapport annuel de l’organisation internationale, 20 millions de créations nettes d’emplois par an seront nécessaires sur les deux prochaines décennies pour « absorber les nouveaux arrivants sur les marchés du travail ». Or actuellement, seuls 10 millions d’emplois sont créés chaque année, d’après le FMI, qui appelle les pouvoirs publics à « soutenir les secteurs nouveaux et émergents porteurs de croissance » pour développer l’activité.

D’après le rapport, une croissance plus élevée, de l’ordre de 6 % en moyenne entre 2018 et 2022, contre 4 % retenus par le FMI dans son scénario de référence, pourrait accélérer la progression de l’emploi de 0,6 à 0,8 point de pourcentage à moyen terme. Cela porterait la création nette totale d’emplois dans la région subsaharienne à « environ 16 millions de postes [par an] d’ici à 2022 », soit « un chiffre plus proche des 20 millions nécessaires », souligne-t-il.

« Quatrième révolution industrielle »
Pour cela, le FMI préconise d’« investir dans des systèmes éducatifs flexibles » pour assurer une « capacité d’adaptation et de formation tout au long de la vie » et d’« approfondir l’intégration commerciale » pour favoriser l’essor d’un « grand marché intérieur ». Il recommande par ailleurs de « promouvoir une urbanisation intelligente » pour rendre les villes plus « fonctionnelles » et de « favoriser la connectivité » numérique pour « favoriser l’émergence de nouvelles formes d’activité économique ».

« L’avenir de l’emploi dans les pays africains dépendra de facteurs mondiaux et des interactions entre ces facteurs et les évolutions nationales et régionales », souligne le FMI, qui s’intéresse à l’impact que pourrait avoir la dernière vague de progrès technologique sur la région.

Cette vague, parfois qualifiée de « quatrième révolution industrielle », « pourrait augmenter la productivité » des pays concernés en leur permettant de « se passer de technologies obsolètes et de certaines infrastructures ». Mais elle pourrait aussi « créer des problèmes » en favorisant la « relocalisation d’activités manufacturières vers les pays avancés », ce qui compromettrait « le modèle traditionnel de croissance tiré par les exportations ».

« L’enjeu pour les décideurs » consiste donc à « conserver une attitude ouverte à l’égard des différentes stratégies de croissance », prévient le rapport.

Les Débats du « Monde Afrique » : à Dakar, deux jours consacrés à la jeunesse ouest-africaine
A Dakar, les 22 et 23 novembre, la quatrième édition des Débats du Monde Afrique sera placée sous le signe de « l’éducation et la formation des jeunes en Afrique de l’Ouest ». Consultez le programme et inscrivez-vous en cliquant ici.

Les débats et tables rondes qui ponctueront la première journée, au Grand Théâtre national de Dakar, porteront sur les apprentissages nécessaires au citoyen du XXIe siècle et sur les compétences qu’il doit développer pour traverser le siècle. Difficile aussi d’éluder les formations scientifiques, sans lesquelles les entreprises ne trouveront pas la main-d’œuvre nécessaire au développement des pays et qui se doivent d’être suffisamment attractives et ouvertes sur l’innovation pour séduire les générations nouvelles.

Au deuxième jour de l’événement, un focus particulier sera porté aux métiers du secteur de l’énergie, afin de comprendre quelles sont les formations d’avenir et les débouchés possibles. Les étudiants des universités sénégalaises seront les bienvenus au sein d’ateliers leur permettant de comprendre comment créer son propre emploi sur un continent où le salariat reste le maillon faible. Ce sujet sera discuté au sein de master class spécialement organisées à leur intention au sein des universités.

Le Monde.fr avec AFP Le 09.11.2018 à 09h57

Commentaires via Facebook :

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here