Amadou Camara, directeur national du DNACPN : “Accordez-nous 5 milliards de F CFA par an et Bamako sera une ville coquette”

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Les sachets plastiques au Mali, des défis et perspectives en cours pour un Mali sans sachets plastiques. Le directeur national de l’Assainissement et du Contrôle de la Pollution et des Nuisances (DNACPN), dans cet entretien parle de ces questions. Il évoque aussi les difficultés liées à la non-application de la loi portant sur l’interdiction des sachets plastiques au Mali.

Mali Tribune : Que dit la législation malienne sur les sachets plastiques au Mali ?
Amadou Camara : Il y a eu une loi en 2014 qui interdit les sachets non-biodégradables au Mali. Il s’agit notamment des sachets plastiques, très prisés des Maliens. Ce sont des produits qui constituent un grave problème pour l’environnement. Ladite loi n’a pas été élaborée dans le but de recycler, mais d’interdire purement et simplement les sachets non-biodégradables.

Mali Tribune : Malgré cette interdiction légale, nous voyons toujours les sachets plastiques au Mali. Comment cela s’explique ?

A. C : L’interdiction n’a pas été respectée, car nous avons rencontré certaines difficultés au niveau du décret d’application. La loi a interdit et le décret d’application précise qu’il s’agit des sachets non-biodégradables. Pour prouver cela, il faut faire recours à des appareils identifiants ces sachets. Pour le moment, nous n’avons pas ces moyens.
Depuis 2012, le Mali avait pris une loi très révolutionnaire pour interdire l’importation et la fabrication des sachets partout sur le territoire. Un moratoire de six mois avait même été donné. Malheureusement pour certaines raisons, cette loi n’a pas connu de suite favorable. Il faut noter que le Mali importe trop de sachets plastiques au moment où tous les autres pays ont presque tous interdit.

Mali Tribune : Quelles sont les conséquences liées à l’utilisation de ces sachets plastiques ?
A. C : Les sachets font partie des facteurs qui ont développé certains types de pathologies, comme les maladies cancérigènes et cardiovasculaires, au Mali. Une étude incluant des experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a rapporté que 7 millions de déchets sont liés aux sachets plastiques. Ces sachets menacent notre environnement. Or, la santé dépend très fortement de l’environnement. Il faut qu’on apprenne à prioriser la prévention de la santé publique et cela passe par l’environnement.
Par exemple, le paludisme serait résolu à 80 % si on arrivait à maitriser les rejets d’eaux usées et les ordures dans les caniveaux. Dans le cadre de l’Assainissement, si on nous attribuait 5 milliards de F CFA par an, Bamako sera une ville coquette ou il fait bon vivre.

Mali Tribunes : Quels sont les défis à relever afin de vaincre ces sachets plastiques ?
A. C. : C’est la communication. Quand nous avons fait la première rencontre avant la mise en place d’un comité d’experts sur la problématique du sachet plastique au Mali, nous avons identifié ce défi. Donc nous avons instruit aux experts d’élaborer un plan de communication pour sensibiliser les populations, surtout les femmes, des conséquences de ces sachets.

Mali Tribune : Quelles sont les perspectives envisagées dans la lutte contre les sachets plastiques ?
A. C. : Notre ministre a récemment mis en place un comité d’experts qui va réfléchir sur ce qu’il faut faire pour mettre la loi d’interdiction en pratique. Les propositions sont nombreuses, mais on attend la fin des travaux pour situer les recommandations. Le recyclage aussi est une initiative que nous encourageons. On essaie de sensibiliser et d’encourager les initiatives privées des avantages liés au recyclage des sachets plastiques. C’est une opportunité. D’ailleurs, nous sommes sur un dossier concernant la volonté de certains de nos compatriotes de la diaspora de transformer des sachets plastiques en hydro carburant, gasoil et huile à moteur. C’est une technologie qui demande beaucoup d’investissements qui sera implémenté à Koutiala. D’autres veulent les transformer en combustible pour ravitailler les industries. Nous encourageons vraiment les initiatives dans ce domaine.
Koureichy Cissé

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5 COMMENTAIRES

  1. Dans tous les pays organisés, l’assainissement de la ville relève de la responsabilité des municipalités. Je ne comprends pas pourquoi le directeur de DNACPN veut se substituer aux maires de Bamako en demandant 5 milliards FCFA par an pour assainir la ville. L’État pourrait éventuellement contribuer à l’assainissement si les municipalités manquent de ressources, mais la responsabilité leur revient…
    Concernant l’interdiction en 2014 des plastiques non biodégradables, le directeur dit que la mesure n’a pas été appliquée à cause du manque d’outils/expertises pour identifier les types de plastiques. Je trouve cet argument très pathétique. Les plastiques biodégradables sont généralement faits à base d’amidon des céréales comme le maïs, le blé, ou autres. Ils portent également un sceau/signature pour indiquer leur biodégradabilité. La question d’identification est donc un faux problème.

  2. Pkagame: utilisation des sachets plastiques carcinogenes: un autre mal parmi les 1000 maux du Mali

    Dans une jungle sans loi, avec une population chroniquement indisciplinée et inciviques sous une autorité laxiste et irresponsable …ce n’est pas demain qu’on éliminera les sachets plastiques de l’environnement. On n’utilise pas seulement les sachet plastiques pour nos emballages; mais on mange aussi (littéralement) les sachets plastiques au Mali: on a des milliers des vaches, des chèvres et des moutons qui divaguent illégalement dans les rues de Bamako et mangent les plastiques des poubelles et en retour nous mangeons de leur viande et lait, …oui ou non? Des maliens mangent les repas chauds (moni, kini, naji, baignées etc.) fournis par les vendeuses dans des sachets plastiques, oui ou non? Si oui donc on mange les sachets plastiques.

  3. Pkagame: utilisation des sachets plastiques carcinogenes: un autre mal parmi les 1000 maux du Mali

    Ce n’est pas une somme d’argent qui éliminerait l’utilisation des plastiques au Mali… c’est une question de volonté politique. Les états serieux l’on réalisé chez eux sans coup férir…
    Dire qu’on va éliminer les plastiques a l’état actuel de chose au Mali est une farce …car l’ignorance de la population par rapport aux effets des sachets plastique est telle que les gens mangent des repas chauds dans ces sachets carcinogènes … sans se douter de quoi que ce soit…. ils croient que c’est la vie facile sans inconvénients.

    “Il y a eu une loi en 2014 qui interdit les sachets non-biodégradables au Mali…… L’interdiction n’a pas été respectée” …

    et voila! Il ne s’agit pas ici alors question d’argent (5 milliards)… ou d’un programme de campagne anti-plastique; Mais plutôt une question de l’incapacité de l’état a imposer sa volonté et sa loi et ses règles. Et c’est la même chose dans tous les domaines. On a beau ramassé tous les plastiques de nos villes etc……, mais ils reviendront toujours en force tant qu’il n y aura pas une application stricte de la règle y demandée par la loi! Pourquoi nous les maliens nous aimons la confusion autour des choses simples!?

  4. I ma mè 5 milliards ô i ko dii gnè wari bè dé. Ces cadres ne pensent qu’à bouffer l’argent du contribuable. Les gens du Mali profond cherche à manger pendant cette période de guerre et toi tu parles d’investir 5 milliards pour la coquetterie de Bamako. Soyons conscient un peu.

  5. I ma mè 5 milliards ô i ko dii gnè wari ne dé. Ces cadres ne pensent qu’à bouffer l’argent du contribuable. Les gens du Mali profond cherche à manger pendant cette période de guerre et toi tu parles d’investir 5 milliards pour la coquetterie de Bamako. Soyons conscient un peu.

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