Sortie de crise : Pourquoi il ne faut pas discuter avec le MNLA

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Nous l’avons dit au moment opportun qu’il ne faut pas discuter avec le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA). Cela, pour plusieurs raisons : Négocier avec le MNLA signifierait libérer tous les criminels qui croupissent dans nos prisons. Raison ?

Premièrement : les membres du MNLA sont dans leur majorité des militaires maliens en activité ou  à la retraite, des fonctionnaires maliens en activité ou  à la retraite, des élus maliens et d’anciens ministres, etc.

Deuxièmement : la décentralisation prend en compte toutes les préoccupations des populations du Mali, donc il n’y a aucune raison de prendre les armes contre son pays.

Il n’y a pas une place à la négociation dans la mesure où tous ceux qui composent le MNLA et Ansar Edine sont tous des déserteurs de nos forces armées et de sécurité, de nos institutions, etc.

La solution pour le MNLA, Ansar Edine et complices, les procureurs de notre pays, en somme, la justice de notre pays doit faire son travail. Ce dernier consiste à lancer un mandat d’arrêt international contre tous les Maliens qui militent dans ces organisations terroristes.

Le premier mandat doit être remis au pays du médiateur c’est-à-dire le Burkina Faso pour livrer à notre gouvernement ceux qui sont en train de discuter avec lui. Ensuite, lancer deux autres mandats à ceux qui se trouvent en Algérie et en Mauritanie. Quant à l’Algérie, elle serait dans l’obligation de satisfaire la demande malienne dans la mesure où le Mali avait eu à lui livrer des partisans du FIS (Front islamique du salut) dans les années 1990.

Les Maliens doivent situer la responsabilité du non commencement de la reconquête du Nord qui était prévue depuis juillet 2012. Ce que nous savons, c’est que les deux gouvernements du Premier ministre Cheick Modibo Diarra n’ont rien fait pour la reconquête du Nord.

Il ne faut pas continuer le mensonge légué par l’ancien président  ATT. Attention, il y a la roue de l’histoire. Il faut dire la vérité aux populations du Nord du Mali  au lieu de tourner en rond. Il faut d’abord compter sur nos propres forces. Il faut donc commencer la reconquête du Nord si nous avons la volonté et nos partenaires qui comptent nous aider, doivent nous trouver sur le champ de bataille.

Il y a beaucoup de choses qu’on cache aux Maliens. Le président par intérim, le Professeur Dioncounda, doit écouter la majorité des Maliens. Nous avons suivi la déclaration de la présidente de l’ADEMA- Association, Mme Sy Kadiatou Sow, ancien ministre, ancien gouverneur, cadre du parti ADEMA qui disait : «La conduite de Dioncounda est décevante». Le chef de l’Etat Dioncounda Traoré ne peut avoir que cette attitude dans la mesure où le Front uni pour la démocratie et la République (FDR) dont émane cet ancien ministre a refusé d’aller aux Concertations nationales qui doivent légaliser Dioncounda dans ses fonctions de président de la transition.

En fait, le président Dioncounda est une victime prise en otage par des vautours de son parti et de son Premier ministre qui depuis le premier jour de sa nomination comme Premier ministre de pleins pouvoirs  avec la complicité de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et du médiateur Blaise Compaoré prépare son élection pour Koulouba. Il est DIARRA et il se comporte comme le digne descendant de N’Golo Diarra, «roi de Ségou». J’ai eu le pouvoir, il faut le conserver à tout prix.

Nous répétons et  nous  continuons de le répéter, le Mali est victime de ses fils politiciens qui n’ont eu aucune vision véritable pour leur pays pendant plus de vingt ans. Ce sont ces mêmes fils politiciens qui à travers la CEDEAO et la communauté des Occidentaux ont mis le Mali dans le trou. Est ce que les Maliens doivent avoir même confiance à ces instructeurs militaires occidentaux ? Est-ce qu’ils ne viennent pas infiltrer notre armée ? L’Union européenne pose des conditions. La France a fait son choix qui est le MNLA qu’elle-même a conçu. Elle n’a aussi aucune intention de tirer un coup de fusil sur un Touareg.

Actuellement, la France et l’Algérie ne sont pas sur la même longueur d’onde. La France avec le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et l’Algérie avec Ansar Edine. Les Maliens doivent aller à la reconquête de leur  territoire sans trop parler car l’ancien président algérien, feu colonel Chadli Benjadid avait dit lors de son investiture en 1979 comme président de l’Algérie, «travaillons beaucoup et parlons peu». Même si Bouteflika a séjourné et logé à Gao pendant la guerre d’indépendance, il faut  reconnaitre que le Mali a tout donné à son voisin sous la colonisation.

Si l’Algérie a failli à son devoir à travers Bouteflika, ça le regarde. Ben Bella et Boumediene sont deux personnages différents et Bouteflika est l’homme de main de Boumediene. Ce dernier a choisi l’Afrique devant le monde arabe. Il avait dit ceci : «Soyez au rendez-vous de l’histoire. L’Afrique est là. Ne nous obligeons pas à choisir entre notre devenir arabe et notre devenir africain car nous choisirons l’Afrique

Les Maliens doivent aller aux Concertations nationales pour légitimer les dirigeants de la transition. Pour cela, il faut réellement dissoudre cette Assemblée nationale qui ne représente à nos yeux qu’ATT et non le peuple malien. Il faut dissoudre le Haut Conseil des Collectivités territoriales. Ces deux institutions sont incompatibles avec le Conseil national législatif de transition. Il faut payer des armes avec les salaires de ceux qui émargent dans ces deux institutions pour aller libérer notre pays.

Si rien ne sort des Concertations nationales, l’armée malienne doit prendre ses responsabilités. En prenant ses responsabilités, c’est commencer la reconquête du Nord immédiatement sans conditions et sans délai. Sinon, elle va mourir d’elle-même.

Que Dieu aide notre peuple dans toutes les épreuves. Amine !

Yacouba Aliou

Bamako

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6 COMMENTAIRES

  1. NE PAS ACCEPTER L’IMPUNITÉ, RENDRE JUSTICE ET ÉVITER LES AMALGAMES, LES INSULTES, LA HAINE ET LE RACISME (POUR CERTAINS) POUR RENDRE POSSIBLE LES NÉGOCIATIONS ET LES CONCERTATIONS NATIONALES

    Bonjour,
    Des amalgames, la haine, le racisme et des insultes réciproques entre certains Maliens et le MNLA, ainsi que l’impunité en ne rendant pas justice comme il le faut, risquent de retarder, voire de rendre impossible, les négociations et les concertations nationales.

    Il convient que le ping pong d’accusations et d’insultes s’arrête, de part et d’autre, pour que les Maliens se retrouvent à travers les concertations nationales et les négociations, fassent leur autocritique et envisagent un avenir meilleur en ouvrant leurs cœurs.

    Concernant les projets de développement au Nord Mali, dans le cadre du pacte national et du programme décennal de développement des régions nord, beaucoup d’argent a été injecté dans ces projets, mais, malheureusement, mal géré et inégalement réparti entre les zones du Nord Mali mais aussi entre les communautés et les habitants de ces zones.

    Certains, cas de certains Touaregs, ont en beaucoup profité tout en laissant la majorité, constitué d’autres touaregs et des membres d’autres communautés, souffrir à côté d’eux.

    C’est à cause de tout cela et pour une gestion équitable des ressources que j’ai proposé dans la lettre ouverte au Président et aux Maliens, afin de garantir la réussite de la restauration de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale, un développement équitable de TOUTES LES RÉGIONS DU MALI et l’intégration équitable de TOUTES LES COMMUNAUTÉS dans un cadre démocratique, décentralisé et sécurisé, ainsi que le bonne gouvernance de la décentralisation.

    Bien sûr, tout cela ne se fera pas d’un coup mais un ordonnancement et une planification rigoureuse, consensuels, seront nécessaires.

    La discrimination positive pourra être appliquée pour certaines zones (au Nord tout comme ailleurs au Mali).

    En se basant sur le guide et la plateforme de concertations nationales et de négociation pour une sortie durable et honorable pour tous de la crise Malienne, que j’ai proposés en ligne sur internet (maliweb, essor, agora21, facebook, …), au Président du Mali et aux Maliens, ils trouveront un cadre d’entente établissant la CONFIANCE ENTRE MALIENS et permettant la RÉSOLUTION EFFICACE DE LEURS PROBLÈMES ET LE BIEN-ÊTRE DE TOUS.

    Bien cordialement
    Dr ANASSER AG RHISSA
    Expert TIC et GOUVERNANCE
    E-mail: [email protected]

  2. vous etes Yacouba le journaliste le plus rare sur net, vous avez totalement raison, l’armée Malienne doit prendre sa resposabilité et laisser les politiciens a coter ils ne cherchent que leur interées politiques.

  3. Vous avez raison Yacouba. Les chef rebelles doivent être arrêtés et jugés…

  4. L’esprit patriotique manque beaucoup aux maliens et tant qu’on ne change pas la situation risuera de s’empirer d’avantage.
    Les bandits armées du MNLA, d’ANSARDINE et des mercenaires ont profité de la defaillance des politiciens corrompus et l’armée malienne a transporté la crise du nord au sud et jusqu’ici les maliens restent diviser. Quelle honte!

  5. L’ONU attend juste de voir si ce sont des opportunistes qui prendront le pouvoir à l’issue de la mascarade de concertations nationales.

    Si tel est le cas, l’Onu ne bougera pas d’un iota, les états-unis et l’Europe non plus.

    Ils vont au contraire aider le Mnla qui sera plus crédible que les guignols de bamako qui auront par une mascarade de concertations tué notre constitution du 25/02/1992 et enterré le Mali démocratique.

    Cela serait un motif valable pour que la communauté internationale tourne le dos au Mali.

    Elle le fera en donnant la main aux touareg pour combattre les islamistes.

    Ainsi les touareg auront gagné leur pari sans combattre vraiment ( première mi temps: l’Aqmi joue pour eux; deuxième mi-temps: la mascarade de concertations nationales leur donne la coupe).

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