Lettre à grand-père

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Cher grand-père

Ce silence d’Assimi, est-il un voyage tout azimut ? Un pilotage à vue sans repère ni dessein. Ce voyage qui ne nous laisse pas le choix d’imager nous-mêmes où nous allons et surtout d’y croire. Le silence d’Assimi, une aventure tout azimut.

Oui grand-père ! Tout ça me rappelle cette histoire du petit prince : « Dessine-moi un mouton ». Ce petit tout rêveur à souhait jamais satisfait qui se plaint du blanc de ne pas être noir et du noir de ne pas être blanc.

Ce petit prince qui demanda qu’on lui dessine un mouton. Qui à chaque dessin crie colère et rejet. Toutes les tentatives furent vaines. Il rejeta tous les dessins. Des jours passèrent. Le mouton trop gros, souvent trop grand. Des fois mal coloré. Impossible de satisfaire le petit qui continuait à pleurer et à se plaindre.

C’est ainsi que vivait le petit royaume jusqu’au jour où arriva un sage. Ce sage qui, au lieu d’un mouton, dessine un carton hermétiquement fermé. Quand le sage présenta le dessin du carton au petit prince, il demanda au sage : Où est mon mouton ? Le sage, de lui répondre : Ton mouton est dans le carton.

Le petit prince refusa et demanda qu’on lui ouvre le carton pour qu’il puisse voir son mouton. Le sage : « Prends soin de ton carton. Ton mouton y est. Ne l’ouvre jamais, sinon il risque de s’échapper. Le petit prit son carton dessiné renfermant son mouton et s’en allant. Tout en pensant et y croyant fermement que son beau mouton comme il veut est dans le carton. Et s’en va tout azimut.

Ah oui ! Grand-père et si le silence d’Assimi était une aventure tout azimut qui nous vendait une illusion à nos propres frais. Et si la transition était ce voyage de pilotage à vue. Tantôt vers les Wagners, tantôt, l’armée rouge. Tantôt la Russie, tantôt la Turquie.

Souvent non à la France, parfois oui à tous les partenaires. Des fois on quitte la Cédéao,  après on respecte la communauté internationale. La transition jurée pour 18 mois mais à proroger pour 28 ans. Il arrive que le Premier ministre soit clivant mais que le Président ne soit pas tranchant. Le paradoxe malien de crier vive la Russie et à bas la France en bon français.

Cher grand-père, si dans tout ça on ne savait réellement pas où aller. Un chef de la Diplomatie, qui ignore la CAF, pardonne le Droit de Véto. Un peuple qui confond l’Etat et le pouvoir. Une junte qui se donne une légitimité démocratique. Un pays où la légalité ne vaut que des armes. Et s’il faut rêver traîner dans cette incertitude prise comme un rêve, c’est vraiment notre mouton dans le carton. Je te laisse ici. A mardi prochain, pour ma 127ème lettre. Inch’Allah.

Lettre de Koureichy

 

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