L’Adema a-t-il tourné casaque ?

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C’est tout comme ou du moins l’impression qu’il se dégage de la sortie spectaculaire du tout nouveau président de l’Adema-Pasj. Marimantia Diarra, il s’agit de lui, n’est pas allé du dos de la cuillère pour refléter la vague de désapprobations que rencontre la tentative de prolonger la Transition pour cinq nouvelles années. La posture du Comité exécutif des Abeilles n’a pas fait que des heureux. Elle a paru d’autant plus étonnante que les Abeilles venaient de faire faux-bond à leurs partenaires du Cadre d’échanges des partis politiques et de ramer à contre-courant de leur décision de ne pas prendre part aux Assises Nationales de la Refondation. Mais de là à cautionner la transformation d’une transition en mandat électif quinquennal, il y a certainement la mer à boire pour les ruchers – dont les militants de base ont massivement approuvé la position de leur directoire. Il nous revient par ailleurs de bonne source que par-delà la question du chronogramme des élections présentées à la Cedeao, le Comité exécutif envisage d’approfondir davantage l’examen des résolutions des ANR pour vérification de leur conformité avec les gages donnés par le président de République et sur la base desquels le PASJ a pris part aux dites assises.

L’Urd sans Salikou, Demba Traoré et la famille de son fondateur 

Le 16 janvier est une date fatidique pour l’Urd de l’après feu Soumaïla Cissé. L’échéance sera en effet très déterminante dans le dénouement où l’enlisement du bras de fer qui oppose depuis quelques temps deux tendances antagoniques sur fond de succession de leadership comme enjeu.   C’est ainsi qu’après la bourrasque des adhésions d’Igor Diarra et de Boubou Cissé, la bataille fait rage pour le contrôle du directoire du parti et de sa candidature aux futures élections. Un dénouement semblait avoir été trouvée dans la convocation au forceps d’un congrès extraordinaire, au moyen notamment d’une pétition concoctée par la tendance nettement majoritaire. Il s’agit de celle acquise à Boubou Cissé, qui a pu obtenir le nombre de signatures requis pour imposer des assises extraordinaires à l’effet de renouvellement le directoire d’ancien parti de l’opposition. Mais le hic est que lesdites assises se tiendront visiblement sans le président par intérim, Salikou Sanogo, qui continue d’opposer une farouche résistance aux vagues du changement. Idem pour son condisciple Me Demba Traoré tout aussi hostile à toute idée de congrès, tandis qu’Iba N’Diaye, le deuxième vice-président du parti, est quant à lui indisponible pour cause de force majeure.  Or l’absence de Me Demba Traoré et de Salikou Sanogo aux assises extraordinaire préfigure une déconnexion de l’URD des héritiers légaux de son fondateur.

La Transition face à ses engagements

Comment concilier la disette de moyens financiers qui s’annonce, les contraintes sécuritaires et les engagements sociaux de la Transition ? Cette question est d’autant moins superflue qu’elle s’inspire de propos très instructifs du président de la Transition en recevant les vœux du monde religieux. Tout en magnifiant la place qu’occupent ses interlocuteurs dans la société malienne et les espoirs qu’il fonde sur eux, Assimi Goïta n’a pas manqué non plus d’évoquer les difficultés et défis qu’affrontent les autorités de la Tradition. Il s’agit notamment de la situation sécuritaire qu’il a présentée comme prioritaire et coûteuse pour les finances publiques.  Et d’évoquer en filigrane une implication logique des contraintes budgétaires et leurs corrélations avec les engagements pris auprès du front social en termes d’augmentations salariales.  Doit-on en déduire un aveu d’impuissance ou d’impossibilité pour la Transition d’honorer les engagements et promesses tous azimuts concédés face à la vague de revendications catégorielles ayant naguère affaibli les autorités déchues.

Quand Ousmane Cherif Haïdara confond vœux et doléances

À la différence de son prédécesseur à la tête du Haut conseil islamique, le leader des Ançars, Ousmane Cherif Madani Haïdara, n’était pas aux abonnés absents à la présentation des vœux des religieux au chef de l’État. Sauf que le président du Haut Conseil Islamique du Mali s’est illustré à Koulouba par une prestation de portée très peu ordinaire. Le célèbre prêcheur ne s’est pas suffi d’une simple présentation de vœux. Il a aussi profité de l’occasion pour la transformer en tribune de revendications. Les hautes autorités ont été interpellées, en effet, sur les tracasseries que rencontrent les acteurs religieux dans la circulation routière avec la police et saisies par conséquent du besoin de les doter de laisser-passer à l’instar d’autres catégories de personnalités jouissant de ce privilège. Ce n’est pas tout.  Il a été aussi question, dans son plaidoyer, d’affecter au ministre du Culte un fonds nécessaire pour qu’il puisse faire face aux cadeaux traditionnels à offrir aux personnalités religieuses à chaque rencontre avec ces derniers. Comme quoi, les vieilles habitudes ont la vie dure.

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