Rétrospection : 2012, holà aux blablateurs !

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Dans sa dernière livraison, Le Prétoire a mis à nu les grandes difficultés quotidiennes auxquelles les Maliens sont confrontés depuis des décennies, du fait surtout de la cherté de la vie et de la mal gouvernance. Les candidats à l’élection présidentielle de 2012 entreront bientôt sur scène avec les promesses de sortir le pays du marasme. Faut-il les croire ?

Depuis des décennies, exactement depuis le début des années 1990, les millions de Maliens et de Maliennes, des villes et des campagnes, vivent au quotidien les pires difficultés que sont essentiellement : la corruption, la délinquance financière, la cherté de la vie, le chômage, la précarité de l’emploi,  la paupérisation, la crise scolaire et l’insécurité. Depuis des décennies, la situation ne cesse de s’aggraver. Et depuis des décennies, les candidats aux élections, surtout à l’élection présidentielle, ne cessent d’abreuver les électeurs de promesses. Mais, en 20 ans au cours desquels il a vu se tenir quatre élections présidentielles et autant de scrutins législatifs, se succéder un putschiste chef d’Etat de transition et deux présidents élus et réélus, le Mali a-t-il pour autant freiné sa descente aux enfers ?

Les élections générales de 2012 n’échapperont pas du tout à la règle des promesses et verront de nouveaux acteurs politiques. Notamment en ce qui concerne la très convoitée élection présidentielle qui, cette année aussi, fera le carton plein de candidatures. Parmi les plus en vue sur la scène politique nationale, on retiendra celles de Soumaïla Cissé, d’Ibrahim Boubacar Kéïta et de Modibo Sidibé. En attendant de connaître le candidat de la plus grande formation politique du pays, l’Adema-PASJ qui, comme d’habitude, peine à se doter d’un porte-étendard consensuel, arrêtons-nous alors à ce trio.

A coup sûr, Soumaïla Cissé sera le candidat de l’Union pour la République et la Démocratie, un parti qu’il a créé pour briguer la Magistrature Suprême. Mais auparavant, n’occultons pas que ce candidat à la présidentielle a été, pendant de nombreuses années, Ministre (économie et finances), super Ministre (équipement, transport, aménagement du territoire, urbanisme, etc.), président de la Commission de l’Union Economique Ouest-Africaine (UEMOA). De 1992 à 2002, il a occupé les plus hautes fonctions dans la haute administration nationale, et de 2003 à 2011, il a présidé la Commission de l’UEMOA.

A coup sûr également, Ibrahim Boubacar Kéïta sera le candidat du Rassemblement Pour le Mali, une formation qu’il a fondée pour conquérir le pouvoir. Lui aussi a, auparavant, occupé les plus hautes fonctions, de 1992 à 2011 : président du plus grand parti politique (au pouvoir), Premier Ministre, président de l’Assemblée Nationale, puis Député.

Le troisième, Modibo Sidibé, est plutôt, à l’image de son ami président de la République, atypique puisque ne militant officiellement dans aucun parti politique. Cela ne l’a pas empêché, comme les deux autres prétentieux au trône, d’occuper le sommet : plusieurs fois Ministre, Directeur de Cabinet de la Présidence, Premier Ministre.

Ces trois hommes donc, qui bientôt nous envahirons et nous assommerons par des promesses les plus merveilleuses, sont là depuis 1990. Aux plus hauts postes de responsabilité, ils ont montré leur incapacité notoire à sortir le pays de la galère, ont étalé au grand jour, d’années en années, leurs limites à réaliser les aspirations du peuple malien. Non pas parce qu’ils n’ont pas pu le faire, mais parce qu’ils ne l’ont pas voulu, préférant assouvir leurs intérêts personnels et particuliers, servir d’ascenseur à leurs plus proches parents et/ou collaborateurs, compromettre les énormes possibilités de développement national. Ils ont toujours été les seuls à être aux commandes du pays.
Aussi, c’est tout légitimement que le peuple dit basta  et demande du sang neuf, de nouveaux visages, d’expertises avérées. An sègè na !
Cheick TANDINA
 

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