Course à la présidentielle : La tentation de la démagogie

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Les candidats à l’élection présidentielle du 29 juillet prochain abusent de promesses des plus farfelues.

Malheureusement, ils ne puisent pas dans l’expression politique avérée, mais recourent souvent au sensationnel et à la démesure. Les candidats Moussa Mara du parti Yelèma ; Mamadou Igor Diarra ; Dramane Dembélé du Front pour le redressement de l’Adema ; Mohamed Ali Bathily ;Housseïni Amion Guindo de la CODEM et Moussa Sinko ont tous occupé des portefeuilles-clés au sein du gouvernement.

Aujourd’hui, ces mêmes ministres et tant d’autres ayant fait partie de la sphère du pouvoir sillonnent le pays pour promettre monts et merveilles à la population.

Commençons par Mara. Cet ancien Premier ministre du régime IBK s’est engagé, si son parti obtenait la confiance des électeurs, à résoudre le phénomène de l’économie parallèle  et ce, par son «intégration dans la sphère de l’économie formelle légale». Il a estimé que le Mali possède «tous les ingrédients du succès pour adopter une bonne recette économique». Mais par quel miracle le parti de Mara, qui soutenait le programme du président IBK, va-t-il réussir cette opération déjà tentée par le gouvernement, mais qui n’a pas atteint l’objectif escompté ?

L’autre leader de parti qui excelle  dans l’art des promesses est Mamadou Igor Diarra. Sur un plateau de télévision et à l’adresse de personnalités qui peinent à décrocher un agrément pour leurs partis, il lui promet de lui ramener ce quitus s’ils lui donnent sa voix. «Votez pour mon parti et vous aurez votre agrément ». Une promesse lourde de sens…

Le président de la Plateforme pour le changement, Moussa Sinko ancien ministre du régime IBK, a, en outre, mis en valeur, à partir des déclarations, les atouts que le Mali possède pour éviter de recourir à l’endettement extérieur. Il suffit, selon lui, de «gérer rationnellement» ! Rien que ça ! N’est-ce pas là une évidence. Autre parti et autre discours.

Populisme et facilités

Depuis le début de la campagne, Dramane Dembélé et Bathily se disputent… une alternance. En campagne et pour convaincre une population désintéressée et fatiguée des promesses, Dra crie haut et fort que son front n’a pas besoin de programme, puisque son programme est celui pour le changement. Le patron du front est sûr de gagner les élections. Pour cela, il n’a pas besoin de faire campagne. Ainsi, les participationnistes sont avertis et le peuple l’a compris.

Pour sa part, Bathily lui réplique qu’Ibk n’est pas «notre président à tous». Il révèle qu’il y a des projets que l’on ne doit pas différer et a appelé à donner la possibilité aux entreprises maliennes d’investir dans l’économie nationale et les grands projets. «On ne doit pas permettre que des entreprises étrangères s’adjugent les richesses du pays, alors que les entreprises nationales sont censées être prioritaires», dit-il. Ces propositions chères aux partis de l’opposition ont été rejetées par des partis au pouvoir, notamment l’Adema.

Par ailleurs, le parti de Poulo propose l’idéal : Il s’engage à «annuler des reformes inutiles au sein de l’éducation ». Mieux, d’autres partis vont jusqu’à promettre l’instauration d’une prime de chômage et la prorogation de la durée du congé de maternité.

Aucun détail sur les mécanismes devant permettre de maintenir un équilibre budgétaire par ces temps de crise — en offrant 12 mois de congé de maternité et une indemnité de chômage pour tout jeune malien, âgé de 18 ans, et ce, pendant 3 ans — n’a été donné jusque-là par un président au Mali. Il n’explique pas non plus les objectifs de sa proposition d’annuler l’examen de passage entre le fondamentale et le secondaire. Les candidats à la présidentielle du 29 juillet prochain tombent facilement dans le populisme.

Youssouf Traoré

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