Coopération MALI/FRANCE : M. Philippe Douste-Blazy à Bamako

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          Le Ministre français des Affaires Etrangères, M. Philippe Douste-Blazy, arrive dans notre pays aujourd’hui, mardi 16 janvier 2007. Il va participer à la réunion ministérielle de suivi du 23e Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement d’Afrique et de France.qui s’était tenu ici même à Bamako en décembre 2005 avec comme thème central retenu: “La Jeunesse Africaine, sa vitalité, sa créativité et ses aspirations”.rn

         Cette réunion a pour objet de faire le point sur la mise en oeuvre des orientations qui avaient été retenues lors du dernier sommet d’une part et, d’autre part, de présenter le cadre du prochain sommet qui se tiendra à Cannes les 15 et 16 févrir prochain sur le thème: “l’Afrique et l’équilibre du monde”.

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Programme de la visite

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          M. Philippe Dousteblazy, en tant que Président du Conseil d’Administration d’UNITAID, visitera le Service de Pédiatrie et la Pharmacie de l’Hôpital Gabriel Touré où sont d’ores et déjà mis en place des médicaments anti-rétraux dans le cadre des premières applications sur le terrain du programme ANITAID.

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La France préoccupée par les problèmes de santé

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           Depuis le 1er juillet 2006, la France a mis en place une contribution sur les billets d’avion capable de financer durablement la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, par l’intermédiaire d’une “facilité internationale d’achat de médicaments (FIAM)”. 18 pays partenaires ont engagé l’adoption d’un mécanisme équivalent et s’associent ainsi, à l’initiative “UNITAID, unis pour soigner”.

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         Et si la mondialisation était pour une fois un atout avant d’être un inconvénient… Et si tout le monde se donnait la main, si l’on faisait tous quelque chose afin que partout dans le monde ‘‘se soigner’’ soit vraiment possible… Cela pourrait sonner comme un discours de plus, un cri de colère supplémentaire, un hymne plein de bonnes intentions, une énième aide en faveur des pays les plus pauvres. Non, c’est une démarche citoyenne mondiale. Le premier acte d’une mondialisation qui montre enfin un autre visage, celui de la solidarité.

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Pourquoi une taxe sur les billets d’avions ?

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        Parce que, si les médicaments existent, soignent et guérissent de nombreuses maladies, ils ne sont accessibles que pour une partie de la planète, puisque, faute d’argent, les populations des pays en voie de développement ne peuvent les acheter. Le principe de l’initiative UNITAID est donc de faciliter l’accès aux médicaments par deux moyens : en les achetant moins cher et en les finançant d’une manière durable grâce à une contribution sur les billets d’avions.

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           C’est le resultat d’une idée lancée dès 2004 par la France et le Brésil, rejoints par le Chili, la Norvège et le Royaume Uni lors de discussions sur les sources de “financement innovant du développement”; puis, quarante-quatre pays se sont associés à l’initiative. La France est la première à savoir mis en place cette contribution internationale de solidarité. Elle est en vigueur depuis le 1er juillet 2006. Elle permettra d’investir d’une manière durable dans des programmes d’accès aux soins et d’obtenir de meilleurs prix pour les traitemetns contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Le Ministre  Français des Affaire étrangères, Philippe Douste-Blazy, qui a été élu Président du Conseil d’Administration d’UNITAID, prévoit que la contribuion pourrait récolter 300 millions d’euros par an pour la France et atteindre, avec la participation des autres pays, 400 à 500 millions dans les prochaines années, voire, à plus long terme, 1 milliard d’euros” ; une somme capable réellement de soigner les millions de victimes des pandémies dans le monde.

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Les chiffres d’un état d’urgence mondial

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        Sans doute, chacun de nous se sent-il, de toutes parts, accablé par les chiffres. Des chiffres, il y en a tant que certains finissent par ne plus avoir de réalité. Nous les lisons de manière anecdotique, parcellaire, “déshumanisée”. Pis encore, quand ils désignent une réalité lointaine et arrivent comme des données brutes dans le confort de nos pays riches. Or, certains de ces chiffres, inaceptables humainement, n’appellent plus seulement de la compassion, mais une action politique énergique : les chiffres des factures sanitaires sont de ceux-là. Ils traduisent un état d’urgence mondial et appellent une action d’envergure dont la France et les pays qui viennent de rejoindre l’initiative UNITAID ont tracé les premiers sillons, car, dans les pays du Sud et esentiellement en Afrique, les maladies comme le sida, le paludisme et la turberculose, mais aussi bien d’autres que l’on croyait disparues, font des ravages.

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      Le sida ?

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     Il touche 40 millions de personnes dans le monde, dont 2,3 millions d’enfants de moins de 15 ans. Il cause 3 millions de morts, parmi lesquels 570 000 sont des enfants. En Afrique, 12 millions d’enfants sont orphelins de père et / ou de mère à cause du sida. 5 millions de nouvelles infections surviennent chaque année et prè de 2 000 enfants sont atteints du sida chaque jour. Le drame, c’est que sur 6 millions de malades qui ont un besoin urgent de traitement pour ne pas mourir dans les trois mois, seul 1 million d’entre eux y ont accès.

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     Le paludisme ?

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       La faiblesse des systèmes de santé en Afrique ne permet pas d’obtenir des données précises, mais, le paludisme pourrait toucher entre 350 et 500 millions de personnes. Il est la cause de 58% des décès chez les 20% des personnes les plus pauvres de la population mondiale. Un enfant en meurt toutes les 30 secondes, alors qu’un traitement immédiat pourrait réduire de moitié le nombre de morts, estimé à 1 à 3 millions par an.

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    La tuberculose ?

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     Cette maladie, que l’on sait prévenir et qui se traite en 6 mois en Occident grâce aux médicaments, cause également la mort de 2 millions de personnes.

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Unitaid Fiam, comment cela marche ?

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         Aujourd’hui, 19 pays se sont engagés à instaurer une contribution volontaire. 4 pays ont déjà rejoint la France en instaurant une contribution sur les billets d’avion : le Chili, la Côte d’Ivoire, le Gabon, Maurice. 12 autres pays ont engagé des procédures interministérielles ou parlementaires pour l’adopter. La Norvège affectera une partie de sa taxe aérienne sur le dioxyde de carbone à UNITAID, et le Royaume Uni s’est engagé à participer d’une manière durable à cette initiative solidaire en versant une contribution budgétaire sur une durée de 20 ans. D’autres Etats ont  déjà apporté leur soutien public à NITAID et d’autres encore devraient s’engager rapidement.

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           Quant au montant de la taxe acquittée lors de l’achat de billets d’avison, il varie selon la destination du vol et la classe du voyage. Un euro pour les vols nationaux et intra européens, 10 euros pour les classes d’affaires ou pour la première. Il est quatre fois plus élevé sur les vols internationaux : soit 4 euros pour la classe économique et 40 euros pour les classes d’affaires et la première.

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            Une contribution, on le voit bien, fondée sur un mécanisme simple, souple et équitable. Equitable, à plus d’un titre, car d’une part, il est légitime que le transport aérien, grand bénéficiaire de la mondialisation, avec 5% de croissance moyenne annuelle, contribue à en redistribuer les fruits. D’autre part, il s’agit, pour une fois, d’un système non plus d’assistanat, mais de parité à laquelle tous les pays sont appelés à participer, quelle que soit leur place sur l’échiquier économique mondial. Equitable encore, car, étant donné le faible taux de la contribution, elle est parfaitement indolore.

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            Le système ne pénalise pas le transport aérien par rapport aux autres modes de transport et ne provoque pas de concurrence entre les compagnies. On voit mal comment, en effet, une taxe de 1 à 40 euros pourrait avoir des répercussions dommageables sur le trafic aérien, sur les compagnies et sur le choix des passagers.

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             Les premiers résultats d’une action de solidarité internationale

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       Du reste, les organisations internationales existantes, OMS, UNICEF, Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, les organisations non gouvernementales et les fondations privées, telle la Fondation Bill Clinton, mais aussi de nombreuses personnalités du monde des arts, de la culture et du sport ont déjà soutenu l’initiative. Dès son lancement, elle a bénéficié du concours de l’Association des maires des grandes villes de France, mais aussi de la FIFA qui en a assuré la promotion lors de la Coupe du Monde de football en juin 2006. De grands groupes de médias et de téléphonie mobile français ont par ailleurs mis leurs réseaux de diffusion à la disposition d’UNITAID. Chaque citoyen peut ainsi soutenir UNITAID en envoyant ses nom et prénom par SMS au 33333 ou en s’inscrivant au site www.unitaid.eu.

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           Lors de son voyage en Inde, du 30 novembre au 1er décembre dernier, à la veille de la journée  mondiale de lutte contre le sida, le Ministre des Affaires Etrangères, Philippe Douste-Blazy, au tour de Bill Clinton, ancien Président des Etats-Unis et Président de la Fondation Clinton, et  de Sonia Gandhi, Présidente du Parti du Congrès, a présenté le soutien, à hauteur de 35 millions d’euros, à un programme qui permettra aux enfants indiens de bénéficier d’anti-rétroviraux adaptés à leurs besoins. Cette action est conduite en partenariat avec la Fondation Clinton et en relation avec les laboratoires pharmaceutiques indiens de médicaments génériques.

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      Au-delà de ce cas particulier, les premières actions d’UNITAID permettront de soigner, dès 2007, 100 000 enfants contre le sida et 150 000 contre la tuberculose. Elle permettront également aux pays en voie de développement d’accéder à des traitements anti- rétroviraux ou antipaludéens de 2ème génération et à des traitements multi résistants contre la tuberculose.

rnUne Synthèse de Mariétou KONATE

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