Procès sur la dissolution des partis politiques au Mali : Un verdict attendu ce mercredi après des débats houleux

Le procès intenté contre la décision de dissoudre les partis politiques au Mali entre dans sa phase décisive.

01 Oct 2025 - 02:26
1
Procès sur la dissolution des partis politiques au Mali : Un verdict attendu ce mercredi après des débats houleux

Après une audience particulièrement animée tenue le mercredi 24 septembre devant le tribunal de Grande Instance de la Commune VI du District de Bamako, le verdict est attendu pour le mercredi 1er octobre.

 Cette procédure judiciaire fait suite à une décision controversée des autorités de Transition, qui ont ordonné la dissolution de toutes les formations politiques, invoquant des impératifs de sécurité nationale et de cohésion sociale. Les avocats des partis dissous, notamment Me Mountaga Tall et Me Camara, ont dénoncé une mesure arbitraire, contraire aux principes constitutionnels et aux engagements internationaux du Mali en matière de libertés politiques.

"Nous ne sommes pas ici pour contester la constitutionnalité de la loi, cela relève de la Cour Constitutionnelle", a précisé Me Tall lors de sa plaidoirie.

"Mais nous avons quatre demandes claires à soumettre aux juges civils, seuls garants de l’exercice des droits politiques individuels et collectif", a-t-il ajouté.

Parmi ces requêtes, Me Tall a insisté sur l’impossibilité pour les acteurs politiques de mener la moindre activité sur le territoire national, appelant les juges à constater cette entrave. Il a également rappelé que la nouvelle Constitution consacre les libertés fondamentales et impose un cadre juridique renforcé pour la protection des droits humains.

De son côté, Me Camara a souligné la gravité de la décision gouvernementale, y voyant une atteinte au principe de séparation des pouvoirs. Il a demandé au tribunal de transmettre l’affaire à la Cour Constitutionnelle via la Cour Suprême, tout en sollicitant la suspension conservatoire des effets du décret de dissolution.

Vers une décision aux implications majeures

À l’issue d’un débat houleux entre les avocats des ex-partis et le représentant du Contentieux de l’État, la Cour a renvoyé le délibéré au mercredi 1er octobre. Ce verdict pourrait ouvrir la voie à plusieurs scénarios : une réhabilitation partielle des partis dissous, une réforme du cadre légal régissant les formations politiques, ou encore une confirmation de la ligne dure adoptée par les autorités de Transition.

Ousmane Mahamane

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (5)

User
MaliMali
MaliMali 1 an
La nouvelle Constitution consacre certes les libertés fondamentales et renforce le cadre juridique de protection des droits humains, mais elle impose aussi des devoirs à chaque citoyen. Je vous en prie : ne dilapidez pas nos maigres ressources au profit de ces politiciens ; occupez‑vous plutôt de nos militaires et de la majorité des Maliens qui les soutiennent. J’ignorais que certains politiciens faisaient preuve d’autant d’obstination pour défendre des intérêts (personnels) — alors que, depuis des années, des ennemis attaquent notre pays par tous les moyens. Par leur complaisance et leur inaction en ce temps critique de la nation, ces politiciens en deviennent répugnants.
MaliMali
MaliMali 1 an
Mon cher Malomali, en plus d’avoir des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, j’ai aussi un cerveau pour analyser et comprendre les réalités. Je connais trop bien la mentalité du Malien : on veut tout, tout de suite, et sans effort. Aujourd’hui, parce que la situation nous confronte à la dure réalité — celle de devoir souffrir pour espérer un avenir meilleur — on se met à râler et à tout rejeter sur les autorités actuelles. Pourtant, nous savons tous très bien d’où vient notre mal. En dehors de vous plaindre et de réclamer à tout-va des élections, qu’avez-vous proposé comme solution concrète depuis tout ce temps ? Quel miracle avez-vous à offrir ? Je vous le rappelle, pour moi ce n’est pas une affaire d’individus, mais de nation. Je préfère mille fois la direction actuelle, malgré les épreuves, à un retour à l’époque des politiciens. Cette période n’était qu’une illusion, une pseudo-paix construite sur le mensonge, la corruption et l’indifférence. Aujourd’hui, vous exigez de ceux qui se battent pour restaurer un minimum de dignité nationale qu’ils corrigent en un clin d’œil les carences que nous avons accumulées pendant des décennies. Soyons un peu réalistes : la reconstruction prend du temps, de l’engagement, et surtout du courage.
malomali
malomali 1 an
vous avez des yeux et des oreilles malimali ? ou alors vous n'êtes pas au Mali...
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (126)
  • Nfp (83)
  • Citoyen du monde (24)
  • kan (22)
  • Coulibaly Yacouba (20)