Action gouvernementale : Que peut Mariam Kaidama ?

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Pendant que le président de la République exulte pour avoir fait passer «sa» Constitution à l’Assemblée Nationale du Mali, son Premier Ministre est confronté aux pires difficultés. Elle piétine et piaffe d’impatience, mais ne désespère de pouvoir compter sur ses collaborateurs. Est-elle victime seulement de sa féminité ou fait-elle l’objet d’un sabotage en règle visant, en réalité, Amadou Toumani Touré ? En tout casn rien ne va plus pour elle.

 A l’heure actuelle, le chef de l’Etat devrait être tout heureux d’avoir fait adopter, par une quasi unanimité des Députés, «son» Projet de révision constitutionnelle. Amadou Toumani Touré a réussi avec brio l’étape la plus cruciale de son Projet de réforme de l’Etat. En effet, le vote de presque tous les parlementaires suppose un OUI massif à l’issue du référendum populaire qui sera bientôt organisé. Toutefois, le président de la République serait bien avisé de ne pas tomber dans un triomphalisme précoce. Parce que, malgré cette adoption des Députés, c’est aux populations que revient le dernier moment. Et pour espérer avoir ce OUI massif, l’Exécutif doit s’astreindre à un devoir de communiquer. Or, le déficit de communication, nous l’avons déjà évoqué dans une précédente production, est jusque-là patent et présent à presque tous les niveaux. Notamment au plus haut sommet du Gouvernement.

A qui la faute ?
Le Premier Ministre, Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, après sa nomination en avril dernier, aurait refusé de d’effectuer le grand chamboulement auquel sont habitués les Ministres et chefs de gouvernement qui sont passés avant elle. En effet, chaque chef ou membre du Gouvernement, après leur nomination, se croient obligés de débarquer avec une nouvelle équipe de collaborateurs propre à eux.

Peut-être que n’ayant pas été informée à temps et n’étant pas préparée à sa nouvelle charge, elle n’a pas eu le temps matériel nécessaire de se constituer une équipe propre à elle. Ou plus simplement, elle a préféré continuer avec l’équipe de son prédécesseur, Modibo Sidibé, censée maîtriser les grands dossiers. Dans les deux cas, la chef du Gouvernement aurait toutes les raisons de regretter le fait de devoir travailler avec certains de ses collaborateurs de la Primature. Notamment en ce qui concerne ceux qui sont chargés de communiquer sur certaines de ses activités. Pour tout dire, la communication serait totalement bloquée à certains niveaux. En outre, selon plusieurs sources, le Premier Ministre ne bénéficierait pas du dévouement, de la diligence et de la disponibilité de certains de ses collaborateurs. Lesquels rechigneraient à exécuter normalement ses ordres et instructions.

La Primature ne serait pas la seule structure Gouvernementale à vivre ces réticences. Plusieurs Ministères seraient dans le même cas, notamment ceux qui ont connu un changement à leur tête. Il semble que tout est mis en œuvre pour que Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé échoue dans la mission que lui a confiée le chef de l’Etat. Essentiellement, la mise en œuvre des réformes institutionnelles et politiques, et la bonne organisation des élections générales de 2012.

La mise en quarantaine du Premier Ministre, selon des observateurs, n’a d’autre but que de permettre à certains cadres de la haute administration de s’adonner tranquillement à des activités mafieuses et douteuses.

Des Ministres nouvellement nommés seraient en train de tout faire pour tirer le maximum d’avantages possibles liés à leurs postes respectifs, dans le minimum de temps qui leur est imparti. Y compris en usant et en abusant des biens de l’état et des ressources publiques. Tel ce Ministre, nouvellement promu qui aurait affecté deux de ses véhicules de fonction à ses deux épouses.
Pour toutes ces raisons, ces cadres ont tout intérêt à tenir le chef du gouvernement loin, très loin, de leur gestion. Mais, ce qu’ils ne peuvent pas faire, c’est éviter que les collaborateurs se mêlent de leurs affaires. Et en l’occurrence, ceux-ci seraient bel et bien au courant de ce qui se passe dans les Départements ministériels. Sans pour autant en référer à leur chef. Au contraire, les grands dossiers de la nation qu’ils sont censés expliquer au Premier Ministre et gérer sont esquivés, tus ou cachés, comme pour rendre la tâche encore plus ardue au chef du gouvernement.

Mais, comme celle-ci n’est pas une néophyte en matière de gestion dans la grande administration publique et privée, il lui revient de tirer toutes les conséquences de la situation de gêne ou de blocage dans laquelle elle se trouverait. En particulier, en faisant le ménage dans sa toute nouvelle maison.
Cheick TANDINA
 

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