Réaménagement du gouvernement ::; Quatre nouveaux ministres font leur entrée

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Le Président IBK avec le nouveau premier ministre, hier à l’aéroport
Le Président IBK avec le premier ministre Modibo Keita

Enfin, le réaménagement ministériel tant attendu est fait. Quatre nouveaux ministres font leur entrée dans une équipe qui sera pour un autre nouveau départ conduite par le Premier ministre Modibo Keïta qui reste en poste. Par contre, trois ministres ont été remerciés. Mamadou Igor Diarra alors au département de l’Economie et des Finances, est remplacé par Dr Boubou Cissé. Boubou Cissé lui, lègue son poste à Cheickna Seydi Ahamady Diawara. Ce dernier était ministre de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale. Un département qui va désormais retrouver les Affaires étrangères où Abdoulaye Diop reste en poste renforcé.  Dr Bocary Tréta précédemment au Développement Rural est remercié. Son département a été scindé en deux : Kassoum Denon et Dr Nango Dembélé se partagent respectivement l’Agriculture, et l’Elevage et de la Pêche. Autre changement : la Recherche Scientifique alors sous la responsabilité du ministre de l’Enseignement Supérieur, est constituée en département pour être confiée à Pr Assétou Founè Samaké Migan. Seule femme à entrer. Elles (femmes) sont désormais six (6) dans un Gouvernement de 32 ministres. Enfin, en remplacement de Mamadou Gaoussou Diarra, Konimba Sidibé est nommé Ministre de la Promotion de l’Investissement et du secteur privé.
Konimba Sidibé est né le 18 octobre 1956 à N’Djiballa, dans le cercle de Dioïla. À 16 ans, en 1972, il quitte Dioïla pour le lycée technique de Bamako. C’est une fois en France, en 1975, qu’il sera véritablement atteint du virus de la chose politique. Inscrit à l’Université de Paris I Panthéon Sorbonne, qui a succédé en 1975 à La Sorbonne, l’un des plus prestigieux hauts lieux du savoir en France et à l’Ecole Normale Supérieure Technique de Cachan, aux portes de Paris, un des symboles français de l’excellence dans la formation des cadres supérieurs, Konimba décroche l’agrégation en économie en 1981 et le doctorat en économie du développement en 1985. Malgré l’ampleur et les contraintes de ses programmes d’études, il s’investit à fond dans le mouvement syndical des étudiants, une école d’apprentissage politique qui lui fera découvrir les arcanes de la gestion des affaires publiques en Afrique. Il milita au sein de l’incontournable et toute puissante Fédération des Étudiants d’Afrique Noire en France (FEANF) (créée en 1950 et dissoute par le gouvernement français en 1980) et de l’AESMF (Association des Étudiants et Stagiaires Maliens en France).
De retour au Mali en 1985, il poursuit la lutte contre le régime du Président Moussa Traoré en place taxé d’autoritarisme voire de dictature. Le 18 octobre 1990, est créé à Bamako le Comité National d’Initiative Démocratique (CNID) qui se muera plus tard en parti politique ” CNID – Faso Yiriwa Ton “. Konimba y adhère.
En 91 – 92, on lui confia le ministère chargé du Contrôle Général de l’État pour assainir la gestion des affaires publiques. En 1995, Konimba Sidibé et d’autres compagnons de lutte, quittent le CNID Yiriwa Ton pour fonder le Parti pour la Renaissance Nationale (PARENA). Un an avant, il avait créé ” Koni Expertise “, un cabinet d’études, de conseil et d’assistance à des structures publiques et privées qui lui permettra de procéder à une exploration approfondie des réalités économiques et sociales du Mali et par là-même avoir une perception réelle et pointue des problèmes de gouvernance du pays. Avant la création de son cabinet de consultation en 1994, il officiait déjà dans divers établissements d’enseignement supérieur maliens depuis 1985. Jusqu’à sa nomination, il dispensait des cours de contrôle de gestion à l’Ecole Supérieure de Gestion (ESG) de Bamako dont il est l’un des promoteurs.
À la faveur de la grave crise politico-sécuritaire qui agite le Mali depuis janvier 2012, Konimba Sidibé et certains proches, indignés par le cafouillage généralisé dans la vie de la nation, décidèrent d’investir le champ de la Société civile malienne avec la création de l’association Djoyoro Fa ” pour contribuer à la reprise en mains de leur destin par des citoyens pour bâtir, dans le respect de l’Etat de droit et dans la transparence, l’intégrité et la justice sociale, un Mali prospère “.
En avril 2013, il rompt avec le PARENA. La décision de créer une nouvelle formation politique ne se fera pas attendre et interviendra quelques jours après. Le 20 avril 2013, le Mouvement pour un Destin Commun (MODEC) a été porté sur les fonts baptismaux pour mener ” la bataille pour un nouveau type de gouvernance dans ce pays “.
En six ans à l’Assemblée Nationale, le bilan du député pourfendeur des malversations dans la gestion des biens publics ne manque pas d’impressionner. Son courage de dire et de faire laisse entrevoir une phénoménale capacité de travail. De nombreux observateurs sont unanimes à reconnaitre son honnêteté intellectuelle et sa rigueur morale dans toutes ses démarches quelles qu’elles soient. Les membres du gouvernement qui comparaissent périodiquement à l’Assemblée Nationale se souviennent de la pertinence de ses propos, de la perspicacité et de la pugnacité de ce député courtois mais tenace, aux interpellations redoutables. C’est avec une grande humilité qu’il évoque quelques uns de ses hauts faits, comme avoir soutenu et défendu des populations victimes d’injustices criardes à rentrer dans leurs droits (annulation d’expropriation foncière de paysans ; forage de puits dont un dans le village de Kèrèmè dans le cercle de Dioïla qui a connu 17 divorces en raison de la difficulté d’accès à l’eau ; construction d’écoles dont une dans un village qui ne comptait pas un seul lettré et dont les habitants étaient obligés d’aller faire lire les lettres qu’ils recevaient dans d’autres villages. Et tant d’autres qui démontrent une capacité peu commune de réactivité à des situations en tous genres.
Il aime la danse, pratique divers sports comme le basket, les arts martiaux et, le poids des années obligeant, la marche à pied. Pour la musique, ses préférences vont à des figures emblématiques comme Banzoumana Sissoko, Lamissa Bengaly, mais aussi Salif Keita, Oumou Sangaré et Aly Farka Touré. Côté africain, il aime la musique zaïroise. A L’international, il est un inconditionnel d’autres géants, John Lee Hooker, Stevie Wonder et tant d’autres monstres sacrés. Mais de tous, il conserve une admiration mythique pour Bob Marley. Konimba est marié à Fatoumata Cissé, expert comptable. Il a cinq enfants, trois filles et deux garçons.
Le Dr Nango Dembélé était ministre délégué auprès du ministre du Développement rural, chargé de l’Elevage, de la Pêche et de la Sécurité alimentaire. Né en 1954 à Kaledougou, dans le cercle de Yorosso, Nango Dembélé fréquente l’école primaire de Kifasso (Yorosso) de 1963 à 1968 et l’école secondaire de Yorosso de 1968 à 1972 avant de rejoindre le lycée de Banankoro (1972-1974) où il obtient son baccalauréat en sciences. II sera orienté à l’Ecole nationale d’administration (ENA), d’où il sortira avec une maitrise en économie. Nango Dembélé part plus tard aux Etats Unis d’Amérique où il s’inscrit à l’Université du Michigan (Michigan State University) pour y passer un master en économie appliquée et un doctorat en agroéconomie.
A son retour au pays, Nango Dembélé est promu fondé de pouvoir du Trésor public à Tombouctou. Muté à Bamako, il est nommé assistant de recherche puis assistant technique au ministère de l’Agriculture. Il retournera quelques années plus tard au Michigan comme chargé de Programme de recherche sur les politiques agricoles en Afrique de l’Ouest et au Mali. Le Dr Nango Dembélé est marié et père de 2 enfants. Il a pour hobbies la lecture et le cinéma.
Professeur Samaké-Migan est détentrice du Doctorat  Sciences Biologiques, spécialité Génétique des plantes/Amélioration variétale. Université d’Etat de Kharkov en ex URSS, Faculté des Sciences, Département de Biologie, Chaire de Cytologie/Génétique. Son cheval de bataille est la vulgarisation des produits de la recherche. Elle a émerveillé le public y compris le Président de la République lors de la dernière Rentrée Solennelle des universités. Elle y a en effet présenté la leçon inaugurale sur le thème de la “recherche scientifique, moteur du développement”.
Enseignant-chercheur, Maitre de Conférences à la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université de Bamako, le Professeur Samaké-Migan est aujourd’hui reconnue comme une sommité du monde scientifique malien. Non seulement pour son parcours académique mais aussi pour son engagement à promouvoir les fruits de la recherche et à l’adaptation de cette dernière aux besoins de la population, dans tous les secteurs d’activité mais en particulier l’agriculture et l’environnement.
Les sciences n’étaient pas une évidence pour la quinquagénaire, mère d’un garçon, qui a aimé la biologie grâce à son Professeur du fondamental, Mr Enda Magassouba. ” C’est mon père qui m’a encouragée, parce que j’ai voulu laisser tomber les études scientifiques pour faire du droit. Il m’a fait comprendre que les sciences, c’est l’avenir “, raconte l’aînée de 7 enfants. Ses études de Biologie, elle les a faites en Ex Union Soviétique, avant de se lancer dans des études de Biotechnologie appliquée à l’Agriculture à l’Université Cheick Anta Diop de Dakar. Sa carrière professionnelle commence en 1993 à l’Ecole Normale Supérieure de Bamako où elle officie au sein du département de Biologie, et avec la création de l’Université du Mali, elle est mise à la disposition de la Faculté des Sciences. En 2013, en franchissant les portes de l’administration, elle s’éloigne un peu de ses cordes puisque c’est au Ministère de la réconciliation Nationale et du Développement des Régions du Nord qu’elle est nommée Conseillère technique. Depuis juillet 2014, retour vers l’enseignement avec une nomination comme conseillère technique chargée de l’enseignement et de la recherche au département de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique.
Avec sa sœur jumelle, Mme Assétou Founé Samaké partage la fibre associative. Elle est membre de plusieurs associations et s’investit pour faire quitter les laboratoires aux chercheurs afin de les rapprocher des consommateurs de leurs produits. Elle travaille aujourd’hui avec les organisations paysannes, surtout dans le cadre de l’amélioration génétique des plantes pour optimiser les rendements. Son autre cheval de bataille, la stabilisation du monde universitaire. ” Si j’avais un pouvoir de décision, je responsabiliserai les enseignants. Je les appellerai et leur demanderai ce qu’il faut faire pour que l’éducation nationale éduque vraiment les enfants, leur donne un minimum requis “, affirme celle qui travaille à l’amélioration du dialogue social au sein du personnel de l’enseignement supérieur. ” La crise doit être un tremplin pour nous de redresser la tête. Nous nous devons de réfléchir et de planifier le redressement de notre système. Sur 5 ans, de 2017 à 2023, notre ambition doit être que tous les enfants du Mali aillent à l’école et bouclent au moins le fondamental “, conclut le prof.
Monsieur Kassoum DENON, ex PDG de l’Office du Niger  est le désormais locataire du département de l’Agriculture dans le gouvernement 4 du regime IBK.  Avant d’être nommé, en 2009, PDG de l’Office du Niger, Kassoum Denon était précédemment DG de l’Office riz de Ségou. C’est le conseil des ministres du mercredi 06 juillet dernier qui l’a éjecté de son fauteuil de PDG de l’Office du Niger.
Mamadou DABO

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1 commentaire

  1. Bien fait pour Tréta coe la politique l'a rendu aveugle maintenant il saura que la vie nous reserve plein plein de surprise malhonnête et inconscient comment peut-il s'en prendre au premier ministre à cause d'une place? parce qu'il se croit tout permis donc désormais ça serait une léçon pour lui et les autres à bon entendeur salut

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