Le collectif des avocats de Paul Boro et de Moussa Kimbiri face à la presse : «Au jihadisme, il faut désormais ajouter le banditisme d’Etat au Mali… Mais les auteurs de ces actes crapuleux répondront de leurs crimes. Ils ne resteront pas éternellement au pouvoir»

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Les avocats de Paul I Boro et de Moussa Kimbiri

«Le dossier Paul Boro et Karim Kimbiri est vide. Elle n’est que le résultat d’une gymnastique politique. Paul a entamé une grève de la faim, ce qui l’a même affaibli. Il était sous perfusion, mais refuse en ce moment tous soins médicaux. Nous demandons leur libération sans condition…». C’est la déclaration de Me Barry, doyen du Collectif des Avocats de Paul Boro et de Karim Kimbiri hier à la faveur d’un point de presse à la Maison de la Presse. 

C’était en présence des parents, amis et sympathisants des victimes et surtout de leurs épouses. Etait également présent, le Député Sadio Gassama. Les conseils sont Mes Mohamed AM Diallo, Abdrahamane Ben Mamata Touré, Hassane Barry, Ibrahim Marouf Sacko et Alifa Habib Koné, tous Avocats à la Cour.

Aux dires de Me Barry, leurs clients sont accusés de «Détention et distribution d’armes en vue de destabiliser les Institutions dela République». Et de poursuivre :

«Un individu prétend avoir reçu des armes de la main de Paul. Il répond au nom de Camara surnommé «Quinze».« Agent 15 » selon l’Avocat. Un individu qui n’a pourtant jamais été inquité et qui se balade librement !

Ils prétendent que Paul et Kimbiri ont également recruté des loubards pour destabiliser les Institutions de la République.

«Un dossier montés de toutes pièces», selon les avocats ! «Nous avons eu accès au dossier ! Il a été monté en épingle  pour atteindre un homme» !

«La Sécurité d’Etat, soulignent les avocats, ne doit arrêter personne. Elle doit chercher les informations et les transmettre aux services compétents ayant un rapport avec des juridictions compétentes».

«Nous avons saisi la section des Droits de l’Homme de la MINUSMA, lesorganisations internationales de défense des Droits de l’Homme et nous allons porter plainte contre les personnes impliquées auprès de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et de la Cour de justice de la CEDEAO».

«Il s’agit aussi d’alerter les Maliens ! Ce qui est arrivé à Paul peut arriver à chacun d’entre-nous ! En plus du jihadisme, il faut désormais ajouter le banditisme d’Etat au Mali», déplore Me Touré.

«Ceux qui sont derrière ces actes crapuleux, ajoute-t-il, repondront de leurs crimes. Le cas Hussein Habré est là pour l’attester. Tout le monde y compris la Présidence de la République. Il ne restera pas eternellement président de la République. Ils ne resteront pas eternellement au pouvoir. Ce regime semble avoir choisi la voie du crime pour se maintenir. Il prévoit d’autres arrestations… L’objectif étant de créer la peur et la psychose afin de se maintenir ! »

«La situation est grave ! De la Fédération du Mali à nos jours, le Mali n’a jamais vu une situation pareille» a déploré Me Hassane Barry

Et de comparer la S.E à Guatanamo, un lieu de détentation sans droits.

 

B.S. Diarra

 

Encadré

LES NON-DITS DE L’AFFAIRE PAUL BORO

Vatican informée… Madame Boro, la nièce Me Tall

Madame Boro Fatoumata est bien la nièce de Me Mountaga Tall lequel serait également dans le collimateur de la police politique d’IBK. Par ailleurs, puisque de confession chrétienne, la victime Paul Boro a eu plusieurs contacts avec archevêché de Bamako avant son interpellation. L’Eglise joue en ce moment la carte de méfiance mais semble d’ores et déjà avoir informé sa hiérarchie, à savoir Vatican.

 

La police politique d’IBK voulait-elle, d’une pierre, faire deux coups en interpellant Paul Ismael Boro qui n’est autre que le gendre de Me Mountaga Tall du CNID FYT, un des candidats malheureux à la présidentielle mais et surtout fervent adversaire et détracteur d’IBK ? En tout état de cause, le commandement qui conduisait les opétations à distance a été bien inspiré en ordonnant à l’équipe sur le terrain de mettre l’épouse en déhors de l’affaire. Aussi, dans le cas, d’un couple solide à l’image de celui des Boro, puisqu’ils avaient déjà le mari, ils avaient l’épouse et touchaient Me Tall par extension. Autant dire que la démarche est purment politique.

Aussi, Paul Boro est Chretien pratiquant (son épouse reste musulmane pieuse). Il a regulièrment informé l’Archevèque de Bamako de ses activités politiques et demandé bénédictions. Ce fut le cas au moment où il quittait l’Adema Pasj pour le RPM et le RPM pour Soumaïla Cissé.

Après son arrestation, (son enlevement selon certains) la famille en a informé l’Archéveché. Selon les confidences qui nous sont parvenues, l’Eglise a preféré joué la carte de la prudence au motif qu’il s’agit jusqu’en ce moment d’une affaire purement politique sur laquelle elle ne souhaite pas se prononcer.

Elle a exprimé la crainte que son implication ne soit interpretrée et ne soit amenée sur le terrain religieux avec ses corollaires.

Qu’à cela ne tienne ! Il s’agit aussi d’une affaire des Droits de l’Homme independamment de la religion. Pour ce motif, nous revient-il, Vatican a été informée de la situation qui prévaut et au-délà de ce qu’il convient appeler affaire Paul Boro et Karim Kimbiri.

Pour leur part, les avocats ont saisi la Division Droits de l’Homme de la MINUSMA.

B.S Diarra

 Encadré

LA CPI compétente pour recevoir les affaires de crimes d’enlèvement

La Cour Penal internationale (CPI) est apte et désormais disposée à recevoir et juger les affaires portant sur les crimes d’enlèvement. C’est ce qu’on revelé les avocats.

Et d’évoquer le cas Hussein Habré du Tchad poursuivi, jugé et condamné pour enlèvements et autres crimes.

En clair, au besoin, cette juridiction internationale peut être saisie par les plaignants en cas de non dilligence des juridictions nationales ou même dans le cas d’un verdict douteux.

D’ores et déjà, les Comité National de Defense des Droits de l’Homme du Mali ainsi que les structures internationales ont été saisies.

Il est évident que le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats ne doit servir d’alibi aux dictatures comme celle naissante au Mali, de brimer les peuples.

B.S. Diarra

 

 

 

 

 

 

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