Recomposition politique : Le PDES bouleverse la hiérarchie

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Aujourd’hui, le PDES fait plus que parler de lui puisque ses banderoles sont visibles à l’intérieur du pays. Son implantation dans les régions suscite la convoitise entre Indépendants au point de les voir mener une bataille interne, notamment à Goundam où Oumar Boury Touré dit Billy est à couteaux tirés avec la maire, Mme Seck Oumou Sall pour le poste de secrétaire général. C’est, aussi, le signe visible du bouleversement de la classe politique.

En fait, la classe politique nous avait surtout habitués à la guerre interne des Abeilles. Aujourd’hui, c’est l’implantation des structures du Parti africain pour la solidarité et la justice qui commence, dans certaines zones, par une guerre larvée. Malgré tout, dans certaines localités, comme à Mopti et Bourem, le PDES a fait une démonstration de force. 

 Il faut dire que le parti est en train d’évoluer en dents de scie. Si à l’Assemblée nationale, ses militants  avaient annoncé une vingtaine de députés, il n’en demeure pas moins qu’il ne s’était présenté qu’avec 14 élus, le jour de la déclaration de son groupe parlementaire. Aujourd’hui, les choses évoluent puisque deux députés de l’Urd et un député de l’Adéma Pasj ont rejoint le PDES qui se retrouve, du coup, avec 17 députés.

 De ce fait, ce qui semblait compromis à l’hémicycle a été rattrapé sur le terrain. Il faut dire que l’ambiance de l’Assemblée nationale ne se prêtait pas du tout à des débauchages intempestifs de députés. La menace qui pesait sur le consensus autour du bureau a effectivement fait naître des velléités de départ de militants de part et d’autre. Ce que l’Adéma-Pasj et l’Urd ont très vite contré, car menaçant leurs intérêts politiques. 

Le Parti Africain pour la solidarité et la justice et l’Union pour la République et la démocratie ont d’ailleurs vite revu leurs intentions dans le bureau de l’Assemblée à la baisse pour préserver leurs acquis. Malgré tout, la paysage politique n’en demeure  pas moins bouleversé  par le PDES. D’autant plus qu’Ahmed Diané Séméga et ses partisans se prévalent de la bénédiction du président de la République, Amadou Toumani Touré. A titre de rappel, le président du PDES n’hésite pas à dire que le parti est avec le président ATT, derrière ATT et pour ATT. Un slogan qui peut avoir son impact, dans l’ensemble du territoire, où les populations ont surtout besoin d’images symboliques. C’est ainsi que le PDES est en train d’afficher ses ambitions dans les régions et cercles, alors que paradoxalement, il n’arrive pas encore à faire preuve d’une réelle implantation nationale.

 En somme, si la classe politique  minimisait les structures de base du PDES, elle devrait plutôt se rendre compte d’une évidence : le Mouvement citoyen réclamait déjà 28 maires et 700 Conseillers municipaux. Pourtant, le PDES, en se fondant sur le fonds de commerce ATT, court le risque de se voir confronté à toute l’opposition qui aspire au changement. S’il est vrai que l’ADP a soutenu ATT et l’a porté au pouvoir, il n’est pas du tout évident que cette mouvance présidentielle ne s’oppose au PDES qui se verrait relégué au rang des partis minoritaires. A moins que le Parti pour le développement économique et la solidarité, fort de ses moyens financiers, n’arrive à rassembler tous les déçus des grandes formations politiques : Adéma-Pasj, Urd, Rpm, Cnid, etc. Dans ces conditions, il est certain que le PDES bouleversera durablement la classe politique.

         Baba Dembélé

 

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