Au moment où le cercle de Goundam célèbre la paix et la réconciliation… Une forte tension entre éleveurs et agriculteurs sur fond de rivalités politiques entre le RPM et l’URD à Fatakara

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Le président du HCC, Oumarou Ibrahim Haïdara
Le président du HCC, Oumarou Ibrahim Haïdara

Depuis le départ au RPM du président du Haut conseil des collectivités territoriales, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim, précédemment vice-président de l’ADEMA-PASJ,  la petite commune de Télé, dans le cercle de Goundam, est en pleine ébullition.

Le maire adjoint URD, parti lui-aussi récemment au RPM, aurait accaparé tous les pouvoirs au détriment du maire URD, avec le soutien supposé de l’administration. Une situation conflictuelle qui semble se répercuter désormais au niveau des communautés paysannes et d’éleveurs à la base.

C’est l’organisation,  il y a une quinzaine de jours, du Forum pour la paix et la réconciliation à Goundam, qui a révélé les dissensions au grand jour entre le maire URD, Cheick Doucouré, un ancien haut cadre du ministère de l’Equipement et des Transports, et son adjoint, Ali Issa, un docker précédemment élu URD, qui vient de rejoindre le RPM.

Pour sa participation audit Forum, il a été demandé à cette commune de fournir la liste de cinq délégués en vue de leur prise en charge par les organisateurs. Informé par son secrétaire général, le maire Cheick Doucouré fournira une liste de cinq délégués quand, au même moment, son adjoint, Ali Issa, proposera une autre liste pour le même événement où le transport et le séjour des délégués sont pris en charge par le Forum.

Il s’agit, comme il est facile de le comprendre, de deux délégations pour la même localité. Ce que les organisateurs n’avaient pas prévu.

Les populations  victimes du trafic  d’influence

Fort de l’appui des autorités administratives locales, le maire adjoint est arrivé à faire accepter, à côté de la liste du maire, sa propre liste par les organisateurs. Au grand dam de l’édile et de ses conseillers qui ont vu, à travers cette situation, un affaiblissement de l’autorité du maire.

Selon des sources concordantes, Ali Issa est en passe, grâce au soutien présumé de son mentor, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim, le véritable décideur de la mairie voire de la commune, de s’imposer. Sur pratiquement toutes les questions, d’après les mêmes sources, ce sont l’avis et la volonté de ce nouveau militant du parti présidentiel qui prendaient le dessus.

Maintenant que cette situation de tiraillement politique entre le maire URD et son adjoint RPM nouveau a atteint les communautés paysannes et d’éleveurs, les langues commencent à se délier pour demander d’y mettre le holà.

En tout cas, la commune a déjà commencé à ressentir les effets néfastes de cette compétition d’un autre âge entre le parti présidentiel et son adversaire, l’URD.

Quand le maire décide que des terres de la commune soient utilisées pour l’agriculture, son adjoint le contredit en promettant aux éleveurs les mêmes terres comme zones de pâturages. Ce qui, naturellement, ne peut que jeter les bases d’un conflit intercommunautaire dont personne ne peut prévoir les conséquences pour une commune encore fragile.

Déjà, la tension est à son comble suite à la convocation du chef de village de Fatakara (commune de Télé) chez le procureur de Tombouctou, ce jeudi.

En tout cas, il est du devoir des autorités régionales de veiller à ce que le maire, soit-il de l’opposition, puisse assumer entièrement ses responsabilités. De même qu’il faudrait arrêter le trafic d’influence.

En évitant également que des ambitions politiciennes démesurées ne viennent rompre l’équilibre qui a toujours existé entre les paysans et les éleveurs dans cette zone.

 

Mamadou FOFANA

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2 COMMENTAIRES

  1. Il doit avoir une loi qui condamne tout les homme politique qui change de parti pour des postes la politique n’est pas un métier c une vocation

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