Cérémonies de Mariage : La pratique du bizutage en question

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Le mariage est l’union entre deux êtres. Chacun des deux parties échange son vœu avec l’autre sur fond de promesses de ne faire qu’un devant DIEU et les Hommes. Mais, depuis quelques années, une pratique observée par les militaires à l’origine est adoptée par la plupart des porteur d’uniforme : le bizutage dans les mariages, un rituel destiné à symboliser l’intégration d’une personne à un groupe social restreint. Il consiste à prendre en otage le marié ou la mariée et les soumettre aux épreuves d’initiation aux corps respectifs. 

Au début, l’épreuve était réservée aux femmes d’officier dont les épouses sont soumises à des brimades et plaisanteries de toutes sortes par leurs cadets. Dans la pratique, quand un officier se marie, ses cadets en promotion et classe sont permis d’enlever la nouvelle mariée après les cérémonies et lui infliger des exercices militaires et traitements affligeants que certaines arrivent à supporter et auxquels d’autres, par contre, ne résistent pas.

Mais la pratique n’a rien de méchant. Elle vise, disent-ils, «à mettre dans le bain» de la rigueur militaire la femme qui a choisi de partager la vie éprouvante d’un soldat. Le bizutage lui permet, en clair, de se faire une idée de l’existence mouvementée d’une caserne. C’est aussi pratiquement le même scénario dans les autres corps de métier où les apprentis et les cadets prennent en otage la mariée de leurs supérieurs pour ensuite l’échanger contre rémunérations et faveurs.

Des victimes témoignent 

Mme Camara Kadidiatou Camara, mariée à un officier de l’armée, garde encore le souvenir du jour de son mariage où elle est passée quelques durs exercices et l’obligation d’entonner des chants militaires. «Je n’avais pas été informée officiellement que les amis de mon mari allaient me demander ça », nous-a-t-elle confié en admettant toutefois en avoir éprouvé du plaisir à cause de l’ambiance très amicale.       Mme Diarra Aïcha Traoré, mariée à un lieutenant du sapeur-pompier, trouve quant à elle que l’exercice est certes éprouvant et difficile à exécuter, mais très amusant au finish. «Tout dépend de la manière de faire», a-t-elle expliqué, à la différence de Salimata Coulibaly, mariée à un agent de l’abattoir. «Il m’ont dégouté du mariage », s’est-elle plainte en se rappelant avenir été cruellement malmenée par les collègues de son mari et l’horreur qu’elle a éprouvée de porter une peau de bœuf dégoulinant de sang Etant vêtue  de sa belle robe de mariée.

Les femmes ne sont pas les seules victimes. Nombreux sont les hommes qui passent par des épreuves similaires.

C’est le cas de Daouda Coulibaly, marié avec une inspectrice de police, qui témoigne : « j’ai été manœuvré tel un policier, je ne m’y attendais pas car je pensais que ça ne s’appliquait qu’aux femmes seulement ».

Par-delà les cas acceptables, il n’est pas si rare de voir certaines cérémonies de mariage tourner au drame par la faute de bizutages poussés à l’excès et au-delà des limites tolérables. Il arrive dans ces cas que des simulations débouchent sur des accidents et entraînent des blessures physiques ou morales aux séquelles inguérissables. Un témoin du mariage d’un apprenti chauffeur de Sotrama raconte : «Les collègues du marié ont pris sa femme, l’ont fait monter sur le toit de la Sotrama  l’ont conduite dangereusement alors qu’elle était enceinte. Elle a malheureusement fait une fausse couche suite à ce qu’elle a subi »

 

Qu’en pensent les sociologues ?

 

Selon le socio-anthropologue Timothée Kassogué, le phénomène ne date point d’aujourd’hui et remonte à une époque immémoriale. «C’est une forme de tradition que l’on cherche a perpétuer. Sauf que dans sa pratique de nos jours laisse à désirer », explique-t-il, en déplorant qu’on y aille « jusqu’à mettre la vie des mariés en péril» ou à provoquer la séparation du couple». Et de conclure par ce conseil : « Il faut que nous revoyions nos traditions, c’est à dire garder les meilleurs et rejeter le mauvais côtés».

 

Aly Poudiougou, Stagiaire

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