Désobéissance civile : la question divise les Maliens

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Il y a quelques semaines, le Mouvement du 5 Juin– Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) a entamé la désobéissance civile. Si c’est un droit reconnu par la Constitution du Mali, les avis de la population restent divers.
Approuvée au départ par bon nombre de Maliens, plusieurs d’entre eux s’élèvent aujourd’hui contre la mise en œuvre de la désobéissance décrétée par le Mouvement du 5 Juin–Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP).
Selon Lassana Keita, enseignant à la retraite, cette désobéissance n’ira pas loin car, dit-il, elle n’est pas dirigée par des gens propres. En plus, ces gens ne sont pas plus responsables qu’IBK, ils n’ont jamais défendu le Mali et ont tous profité du 26 mars 1991 jusqu’à nos jours.
Le mot désobéissance est loin aussi de ce qu’ils en ont fait aujourd’hui, affirme-t-il. «J’ai vu le 26 mars ! Les morts sont les perdants» a-t-déclaré.  «Ils ont dribblé les jeunes en s’emparant de la tête ! Ils sont à la tête de leur parti depuis 30 ans ! Ils ont été ministres plusieurs fois, je ne me souviens pas de ce qu’ils ont apporté de concret à l’Etat et à la Nation» conclut-il.
Allant dans le même sens, Abderrahmane Maïga, enseignant, soutient que la désobéissance n’est pas de la violence. Il reconnaît l’existence de la désobéissance civile dans la constitution comme un droit, mais déplore la mauvaise pratique qu’en fait le M5-RFP.
«Quand on dit la désobéissance c’est  de rester sur place et chercher à convaincre les gens à rester chez eux pour un bout de temps, c’est-à-dire convaincre les syndicats des transporteurs, des travailleurs, des commerçants à ne pas aller au travail, au lieu  d’aller jeter des ordures sur les routes, creuser des ravins sur les routes et forcer les gens à quitter leurs lieux de travail ; c’est de l’incivisme !» affirme-t-il .
M. Maïga reconnaît aussi qu’IBK a des failles mais ce n’est pas une raison pour faire ce que le M5 est en train de faire aujourd’hui. Il a indiqué que cette situation risque de mettre le pays dans une obscurité totale.
Pour sa part, Amadou Kodio, boutiquier à Kalaban-coro, soutient que la lutte du M5-RFP n’est qu’une lutte pour des intérêts personnels, car, poursuit-il, parmi les revendications du M5-RFP, la situation du nord et du centre de notre pays, qui est une des situations les plus préoccupantes dans notre pays, ne figure pas. «Si c’était réellement une lutte pour le Mali, le M5 devrait tenir compte de tous les problèmes du Mali sans exclure aucun, ainsi le M5 aurait bénéficié du soutien d’un plus grand nombre de Maliens» a-t-il précisé.
Il se dit aussi être étonné de voir tous les autres problèmes du Mali abordés par le M5 sans la crise sécuritaire qui sévit au Nord et au Centre. Il affirme que la marche du M5 est devenue comme une sorte de vengeance en mémoire aux gens qui ont été tués lors des marches précédentes.
Si les trois premières personnes désapprouvent cette désobéissance civile et la façon dont elle est pratiquée, Monsieur Traoré pense que cette désobéissance est une lutte pour le Mali  que beaucoup de personnes ne comprennent pas et ne peuvent pas comprendre.
Celles-ci, analyse-t-il, pensent que les membres du M5 font cette lutte pour leurs intérêts personnels parce qu’ils ont quitté le  gouvernement. «Si ces gens ne font pas cette lutte, qui d’autre le fera ? Si ce ne sont ces personnes, je ne vois pas d’autres qui peuvent faire mieux», s’interroge-t-il.
En plus, même après IBK, poursuit-il, si l’un des membres du M5 devient président de la République et qu’il ne fait pas bien son travail, il sera contesté par ce même mouvement. Car, précise-t-il, ce mouvement souhaite le changement. «Ceux qui sont en train de lutter aujourd’hui, ce sont eux qui doivent le faire car s’ils ne le font pas, ce sont nous simples citoyens qui sommes perdants», a-t-il conclu.
De son côté,  Boua, vendeur au marché de Kalaban-coro, trouve que cette manifestation est une bonne chose si elle est faite réellement pour  l’intérêt du Mali et non pour des intérêts personnels. «Nous avons duré dans cette situation de mal gouvernance et bientôt on aura dix ans, mais il n’y a eu aucun changement», s’exclame-t-il.
S’il approuve la manifestation, il n’apprécie guère certaines pratiques faites lors de la manifestation comme aller faire sortir de force les gens de leurs lieux de travail, barricader la route en empêchant la population de circuler librement et le saccage des biens qu’ils soient publics ou privés. «On peut revendiquer son droit sans gêner son prochain», a-t-il fait remarquer.
Comme on le constate, la désobéissance enclenchée par le M5-RFP est loin d’être partagée par les Maliens.
Fadiala N. Dembélé
Stagiaire

Commentaires via Facebook :

2 COMMENTAIRES

  1. Que Dicko et Bouye aillent se faire pendre, ils ne choisiront nos presidents, le peuple malien n a meme pas besoin de se lever pour les mettre bas!

    ….le cherif de Nioro et le petit imam Dicko ne vont pas imposer aux maliens des presidents, s ils ont ete niques par IBK nous nous en foutons! …

  2. Petit stagaire, tu as tres mal appris le journalisme, mais tout est possible dans le pays de Boua le ventru IBK! Le Mali va tres mal et il faut le traiter c’est-a-dire le debarasser de Boua le ventru IBK et de son regime corromptu et nepotiste

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