GENRE ET RESPONSABILITE : Les femmes victimes des facteurs socioculturels

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           En Afrique et particulièrement au Mali, la participation des femmes dans les instances de décisions reste relativement faible, surtout au niveau des postes de commandement. Alors qu’elles ont été toujours des actrices importantes du développement socio-économique à travers l’histoire de par leur participation à tous les changements positifs majeurs intervenus dans la vie de la nation. Il faut rappeler que les femmes ont été un maillon essentiel dans l’avènement de la démocratie dans notre pays. Mais, on constate que les acteurs politiques se réclament des acteurs de la démocratie tout en ignorant le rôle que les femmes ont joué pour l’avènement de la démocratie. Alors qu’on peut affirmer que s’il y a une chose où les femmes ont été mises au-devant, c’est bien les évènements douloureux de mars 1991.rn

            Il faut aussi reconnaître qu’avec la lutte des femmes pour leur promotion et leur épanouissement, plusieurs actions ont été menées. Malgré la volonté politique manifeste du gouvernement du Mali et malgré les efforts considérables des partenaires au développement et de la société civile, on constate que les femmes sont toujours sous représentées dans les instances de prise de décisions.

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QUELQUES CHIFFRES

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            Pour preuve sur 27 ministres, 5 seulement sont des femmes, soit 18,50%. Parmi les 147 élus de la nation, 14 sont des femmes. Notre pays compte 7 femmes maires sur un total de 703 et 418 conseillères municipales sur 10.505, un Préfet sur 49. Au Mali, on n’enregistre pas de femmes gouverneur ni de secrétaire général sur 27 départements ministériels. Et pourtant, le pays regorge de femmes qui sont des cadres capables de diriger. Alors qu’est-ce qui peut expliquer la sous-représentativité des femmes ?

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            Au moment où certains pensent que la sous-représentativité des femmes est due à la fois à l’insuffisance de formation et à la sous-information, d’autres estiment que cette la sous-représentativité est en relation avec les cultures et traditions des différentes communautés.

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IL FAUT UN CHANGEMENT DE COMPORTEMENT

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            En tout cas, la place de la femme dépend du fondement de notre société. Cependant, il faut un changement de comportement au niveau de la population. Ainsi, il faut que les chefs de famille que sont les hommes à chaque niveau comprennent que les femmes ont un rôle essentiel à jouer pour le développement du pays.

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            Heureusement avec l’engagement des ONG féminines dans leur lutte de promotion de la femme, on commence à comprendre que les femmes ont un rôle important à jouer dans la vie publique. Mais, il faut rappeler qu’au début de l’indépendance, avec le poids de la tradition, on pensait que l’inscription d’une fille à l’école était inutile.

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            En plus, on notait entre autres causes de la sous-représentativité des femmes une perception négative des activités politiques (donc impossible pour les femmes de faire de la politique) le manque de motivation des femmes à militer dans des partis politiques, la méconnaissance des textes. C’est pourquoi sous la première République l’Assemblée Nationale n’a jamais compté plus de deux femmes et aucune femme n’a figuré dans les gouvernement. Les différentes législatives de la deuxième République ont compté deux à cinq députés sur 82 et des femmes ont occupé les postes de ministres.

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            Rappelons que c’est sous la 3ème République qu’il y a eu une volonté politique pour faire de la promotion de la femme une des priorités du gouvernement.

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            Malgré tout, il reste beaucoup à faire, d’où l’engagement des ONG et associations féminines pour lutter contre toutes les formes de discrimination basées sur le sexe.

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Dado CAMARA

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