Monnaie unique de la CEDEAO : Le projet mort-né d’ADO

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Les aspirants à une monnaie pour la CEDEAO doivent désormais le savoir. Ce n’est pas parce qu’un président français et son vassal africain ont déclaré la mise en marche d’une nouvelle monnaie que pour autant, celle-ci prendra forme à la date indiquée. Cependant, ce projet avait l’air d’une dévaluation qui ne dit pas son nom (1 Euro = 1200 ECO = 655 FCFA), amenée en sourdine par la France et dont les billets seront imprimés dans ce pays à Clermont-Ferrand, comme pour le CFA. Avec, ce projet fantôme, tout l’argent dans vos comptes ne vaudra que la moitié après la mise en circulation de l’ECO. Seuls les naïfs croient que la France va nous laisser créer une nouvelle monnaie sans rien nous dire et sans rien faire.

Si l’expression « la montagne a accouché d’une souris » devrait choisir un peuple, un continent où un domicile, nul doute que l’Afrique sera sa principale maison, tant des politiques, des initiatives et des projets porteurs d’espoirs lancés tambour battants, voire avec faste pour finalement engendrer déception, amertume et illusion.

Au vu de la tournure des évènements, l’inquiétude est grande de voir le projet mourir de sa belle mort.

Après plusieurs reports, son lancement avait été fixé au 1er juillet 2020 mais  jusque-là rien.

Dans l’esprit des porteurs du projet, il s’agira simplement dans un premier temps de changer le nom du FCfa en Eco.

Après plus de 60 ans d’indépendance, nous ne devons plus être comme des poissons qui, depuis des milliers d’années, sont toujours pêchés de la même façon, sans qu’ils puissent en tirer des leçons et éviter le piège.

L’Union de ces Etats, longtemps pensée par des prédécesseurs, est vue comme le levier idéal pour aller au développement. Cette synergie recherchée ne pourra aboutir que dans une vision convergente et une politique commune de développement visant à capitaliser les moyens selon les potentialités intérieures aux Etats. Il s’agira de cette planification qui aiderait à relever des défis énormes auxquels ne peut faire face, seul, chaque Etat refermé sur ses frontières.
Les pays africains, économiquement faibles et vulnérables, sont demeurés voués aux appétits des impérialistes gloutons qui continuent de déferler sur ce continent érigé en une plantation pour se servir.

Cependant, ce projet permettra à la CEDEAO, à n’en point douter, d’accélér tous les mécanismes d’intégration adoptés qui sommeillent encore dans des tiroirs.
L’ère de la monnaie commune de la CEDEAO sonne le début de la fin, dans la sous-région, de cette exploitation servile décriée à maintes reprises par des intellectuels souverainistes. Ensemble, les Etats de ladite communauté se donneront du poids face au reste du monde pour faire valoir leurs intérêts.
L’Eco conduira inexorablement à une vision commune, à une harmonisation des actions de développement, à une mutualisation des capacités pour défendre ces intérêts convergents. La naissance de cette monnaie devrait induire une politique d’industrialisation intégrée basée sur les potentialités locales aux Etats. Des initiatives qui pourraient s’étendre comme l’ont soutenu les pères du panafricanisme à la formation des ressources humaines à travers des spécialisations selon les capacités et les disparités dans la sous-région.
Bien évidemment, la synergie du développement ne saurait ignorer une politique commune de défense et de sécurité pour couronner les acquis et veiller à la protection des biens et des populations. Ainsi, des conflits asymétriques comme la lutte contre le terrorisme ne se mènerait plus isolement avec des Etats abandonnés à leur triste sort. Ces conflits impliqueraient tout l’ensemble dans la mutualisation des moyens contre un adversaire commun incapable de se prospérer dans un territoire lui servant de base-arrière à l’intérieur de la frontière commune.
Cet exemple d’intégration en construction, s’il est réussi en Afrique de l’Ouest avec les effets de la monnaie commune, ne tardera pas à faire tâche d’huile. Notamment dans la zone CEMAC dont les Etats, en observation, n’hésiteront pas à franchir le cap. Pourquoi pas pour la création d’une vaste communauté monétaire en Afrique subsaharienne, qui pourrait affecter le reste du continent et précipiter la naissance retardée des Etats Unis d’Afrique. Cette grande et unique entité rêvée par des précurseurs que sont, entre autres, feux Modibo Keïta, Kwamé N’krumah, Patrice Emery Lumumba, Jomo Kenyatta, etc.

                                                                                                                                                   M. Yattara

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