Un transitaire derrière les barreaux : la douane décide d’en faire un exemple

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Pour certains confrères, c’est un scandale inédit à la douane : un transitaire, écrivaient-ils, se serait introduit, nuitamment, dans les locaux du bureau 200 de la douane, situé à la zone industrielle. Avant de faire sauter les cadenas d’un contenair contenant des marchandises suspectes, voire de la drogue. Pour nombre de confrères, ce transitaire serait soutenu par le directeur général de la douane, avec lequel il serait partie lié. Relayée par certaines radios de la place, cette affaire a, au fil des jours, pris l’allure d’une affaire d’Etat. Avec la mobilisation des forces de police pour retrouver les fugitifs.

Mais qu’est-ce qui s’est, vraiment, passé au bureau 200 vers le 15 octobre dernier ? Pour l’occasion, le «  palmipède » a revêtu son uniforme de « gabelou ».

Rappel des faits

Tout a débuté à la mi-octobre. Soupçonné de contenir des marchandises suspectes, un wagon  appartenant au GIE OUDI SARL, dirigé par Mamadou Kourékama,  déclarant en douane,  est conduit, sous bonne escorte, au bureau 200 de la douane, dirigé par l’inspecteur Harouna Diabaté. C’était le 16 octobre dernier.

Dès le lendemain, c’est-à-dire le 17 octobre, la brigade commerciale constate, avec surprise, que le wagon avait été vidé de son contenu. Selon divers témoignages, Mamadou Kourékama, le transitaire, serait passé par là. Avant d’y soustraire les marchandises « suspectes ». Avant de les transférer, directement, dans ses magasins, au quartier Razel. Sans l’autorisation de la douane.

Du coup, le transitaire est interpellé par les éléments du commandant Diabaté, pour être entendu sur son acte, condamné par le code des douanes. « Il a soutenu qu’il avait procédé de cette manière, dans le but de diligenter ses opérations de dédouanement et qu’il allait inviter le service à se rendre à son magasin, afin de constater la présence effective et intégrale des marchandises », révèle le procès –verbal, rédigé à cet effet.

Identifié sous le numéro N° 2440582, le wagon de Mamadou Kourékama ne contenait pas de drogue ; mais plutôt des pièces détachées pour motocycles et diverses marchandises. Notamment, 1159 colis de pièces détachées, 1102 cartons de carreaux. Soit au total 2261 colis, repris sur la fiche d’écor n° 2070 le 16 octobre dernier. Soit la veille de l’incident au bureau 200. Accompagné des hommes du commandant Harouna Diabaté, Mamadou Kourékama les avait conduit à son magasin, sis au quartier où, les marchandises ont, de nouveau, été rapatriées au bureau 200 de la douane.

Peu après, Mamadou Kourékama est placé en garde à vue au bureau, qui ne possède pas de locaux appropriés pour ce faire. Profitant de l’inattention des agents chargés de le surveiller, le transitaire prend la poudre d’escampette.

Le transitaire écroué

Après de vaines recherches, les agents du bureau 200 finirent par se rabattre sur un de ses proches, répondant au nom d’ Aboubacar kouma. Ce dernier se propose de se mettre à la disposition des agents pour régler les aspects liés à la procédure de dédouanement.

Selon le procès –verbal élaboré par les enquêteurs, la valeur des marchandises concernées est estimée à 17,8 millions CFA. Et le transitaire risque gros, très gros : la confiscation desdites marchandises et le moyen de transport qui a servi à les transporter dans son magasin du quartier Razel ; le paiement d’une amende, égale au triple de la valeur de l’objet de la fraude ; se voir appliqué toutes les autres pénalités prévues par la réglementation douanière….

Pour la direction générale de la douane, Mamadou Kourékama sera un exemple pour les transitaires, qui seraient tentés de lui emboiter le pas.

Aux dernières nouvelles, la cavale du transitaire  n’aurait pas duré longtemps. De sources bien informées, il aurait été interpellé grâce au soutien de la police. Avant d’être placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Bamako où, il médite sur son acte.

Pour l’heure, aucune date n’a été fixée pour son procès. Qui s’annonce palpitant.

Affaire à suivre donc !

Oumar Babi 

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1 commentaire

  1. le ridicule ne tue pas au mali . cette affaire merite une bonne investigation , ce n’est pas possible , donc il ya complicite quelque part et tous doivent tomber > A croire que le bureau 200 n’st pas securise ????????

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