Grogne sociale : Marche contre les dérives du pouvoir

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Après les contestations, les protestations, les dénonciations, les murmures, les sifflements et des moments de résignation la mort dans l’âme, les Maliens prennent, enfin, la RUE. Ils franchissent ce pas pour brandir et scander des slogans hostiles au régime ; pour dénoncer les dérives en cascade du même régime ; pour réclamer plus de droits et plus d’attention à leurs conditions de la part des autorités ; pour réclamer à manger et à boire ; bref pour simplement demander à vivre en dignes citoyens.

Ainsi, ce matin, la Confédération syndicale des travailleurs du Mali appelle à une grande marche populaire l’ensemble de ses militants afin qu’ils se fassent entendre par un gouvernement sourd à toute revendication et peu soucieux des conditions de travail  et de vie des travailleurs. Banquiers, enseignants, agents de santé, policiers, miniers, transporteurs, assurés sociaux et autres se retrouvent à la Place de la Liberté pour rallier le monument de l’Indépendance, via le Babemba et le boulevard de l’Indépendance. Tous les syndicats affiliés à la Cstm, à l’image du Syndicat de la police nationale (Spn) et du Syndicat national de l’éducation de base (Syneb) ont confirmé leur participation à la marche et promis de chauffer l’Avenue Kassé Kéïta et le boulevard de l’Indépendance. Ils ont marre de l’indifférence des autorités vis-à-vis de leurs doléances  au même moment où des milliards du contribuable sont, par exemple, dilapidés dans l’achat d’un avion ou détournés dans des actes de fraude et de malversations.

Dans sa quête du respect des droits de ses membres, la Cstm bénéficie ce matin d’un soutien de taille en bonus, celui du Réveil citoyen du Mali. Cette plateforme dirigée par Yacouba Diakité se dit convaincue que « quand l’insouciance, l’incapacité, l’incompétence riment ensemble, l’échec est inéluctable et la contestation une parfaite évidence ». Tel est le cas du régime IBK. Réveil citoyen du Mali marche aujourd’hui aux côtés de la Cstm pour « protester contre la corruption, la délinquance financière et l’impunité ».

Cette marche, une première depuis l’avènement d’IBK, exprime le ras-le-bol des Maliens qui ne savent plus où donner de la tête à cause du marasme économique et de la crise financière sans précédent qui les frappent de plein fouet.

N’eut été la maladie du président, l’opposition politique devait enchainer avec une marche après demain samedi.

En définitive, les syndicats, la société civile et la classe politique quittent le terrain de la simple dénonciation pour converger, tous ensemble, au même moment, vers les champs des marches, les mouvements de foule. Qui peuvent dégénérer et aboutir à l’irréparable.

Des signaux pour le pouvoir en place ? Sans doute.

La Rédaction

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