Edito / Tripoli OK, Sahel KO

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BelHadj qui a fait tomber Tripoli était fiché par la CIA comme un islamiste terroriste. Il fut d’ailleurs arrêté et envoyé en colis recommandé à Kadhafi. Lequel le fit torturer. C’était d’autres temps. L’encombrant jihadiste d’hier est devenu, depuis peu, un respectable démocrate exigeant désormais des excuses à l’Occident. Qui ne manquera pas de moyens – hors caméra bien sûr – de signifier sa contrition au nouveau magnat du pétrole.

Le Coran est tolérable s’il conduit aux derricks. Pourtant, autant Tripoli semble retrouver la normalité, autant le Sahel qui était déjà source d’inquiétudes sécuritaires, peut devenir, à terme, l’épicentre de la déstabilisation tant de pays sahéliens et sahariens que de l’Occident. Ce n’est pas du tout une bonne nouvelle que l’ancien chef de la sécurité libyen, Mansour Daw, se retrouve aujourd’hui au Niger. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour le Sahel et le monde que les récits affluent sur le rôle joué par les mercenaires africains de l’ancien guide.

Ce n’est pas une bonne nouvelle pour le Sahel et le monde que des témoignages convergents fassent état d’une circulation d’armes sans précédent dans cet espace reconnu belligène. Ce n’est pas une bonne nouvelle enfin pour le Sahel et le monde que le primaire délit de faciès stigmatise de milliers de migrants subsahariens, notamment touaregs et les oblige à quitter la Libye.

Les spécialistes le savent plus que nous. Ou ils n’ont pas le choix et s’accommodent d’une Libye contigüe au chaos sahélien. Ou l’occident a son agenda. Et là c’est élémentaire : sécuriser d’abord les puits de pétrole de la Cyrénaïque. Mais s’installer plus tard, sans permission, dans le Sahel avec le prétexte tout trouvé : la menace sécuritaire accrue de cette zone. Nos Etats n’auront pas seulement à reconnaître le CNT. Ils pourraient bientôt se bunkériser, eux aussi.                                                  

Adam Thiam

 

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