Commémoration du 20 janvier 1961 : Les Ateliers Centraux de Markala face à la menace terroriste et à la rebellion

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Les Ateliers Centraux de Markala (ACM) ont été créés en 1929 par le STIN (Service Temporaire d’irrigation du Niger), dans le but de la réparation et de l’entretien des engins de terrassement.

Le STIN, ayant terminé ses travaux en 1935, passa les Ateliers à un consortium composé de trois sociétés françaises, à savoir la Société Nationale des Travaux Publics (SNTP) ; la Société Meunier et Coses et la Compagnie des Batignolles.

En Juillet 1947, le consortium céda les ateliers à l’Office du Niger.

Le 1er août 1961, les ateliers se détachent de l’Office du Niger et deviennent une société autonome, dénommée «Entreprise Malienne de Construction et d’Outillage Mécanique» (EMCOM), sous la tutelle du Ministère des Travaux Publics.

Le 15 Juillet 1964, les ateliers fusionnent avec la Compagnie Malienne de Navigation et l’Usine de Bois de Niaréla, pour former les Ateliers et Chantiers du Mali (ACM).

Le 9 Octobre 1973, les ateliers portent le nom de «Entreprise Nationale de Métallurgie», sous la tutelle du Ministère chargé des Sociétés et Entreprises d’Etat.

Le 29 avril 1976, les ateliers sont inclus au Service Matériel et Bâtiment de l’armée (SMB). Telles furent, depuis leur création, les différentes appellations que prirent ces ateliers.

Les Ateliers militaires Centraux de Markala, comme on les appelle aujourd’hui, sont un complexe industriel spécialisé en métallique, dans la fabrique de charpentes, citernes, remorques, cuves, châteaux d’eau, matériels agricoles, vannes d’irrigation, bacs, chalands, mobiliers de bureau, lits, armoires, etc…

Mais aussi spécialisé en mécanique, dans la confection et la réparation de toutes les pièces mécaniques en fonte, bronze, ou acier; le coulage en fonderie de toute pièce suivant modèle ou croquis; l’adaptation de moteur diesel à essence, la réparation de véhicules de tout type, etc…

Sans avoir aucune prétention de dévoiler un secret de défense militaire, avec la coopération russe ces ateliers œuvrèrent au-delà d’un simple assemblage de pièces et d’autres machins, comme une véritable industrie de fabrique d’armements et de pièces de rechange de véhicules de guerre, comme les BRDM et autres engins lourds.

Avec une cache et / ou un dépôt d’armement souterrain, ces ateliers-là constituaient une véritable prouesse pour toute une armée en quête d’équipements pour faire face à la nouvelle menace de rébellion doublée d’un redoutable fanatisme religieux.

Aujourd’hui, hélas, ces ateliers-là sont moribonds. Allez voir dans quel état se trouvent les Ateliers militaires Centraux de Markala.

Ces ateliers-là, si l’on n’y prend pas garde, mourront de leur belle mort, faute de subvention conséquente de l’Etat, qui pourtant, à travers ses premiers dirigeants (les Présidents successifs s’entendent), n’arrête pas de faire leur éloge tous les ans, dans leurs différents discours lus lors des cérémonies commémoratives du 20 janvier (Fête de l’armée).

Nous sommes tous témoins de la déliquescence de cette armée malienne, jadis vaillante et équipée, et dont nombre des équipements se sont vite avérés dépassés et / ou obsolètes au fil des ans, sans aucune véritable politique de renouvellement.

Or, jadis, ces ateliers-là répondaient amplement à ces besoins de renouvellement des équipements. Et les moyens d’équipement de l’armée sous-tendent la politique de l’Etat à travers sa première institution, qui est le Président de la République.

En dépit de la place qu’auraient pu jouer les Ateliers militaires Centraux de Markala dans la lutte contre les nouvelles menaces de rébellion et de terrorisme, la question que l’on est en passe de se poser est la suivante: Qu’est-ce que les Présidents successifs du Mali ont fait de ces Ateliers?

Modibo Keita, Père de la nation malienne, avait-il la même vision de ces Ateliers que ses successeurs, dont deux Généraux de l’armée? Que Non. Le peuple malien affirme que Non et le valide. Aujourd’hui, le peuple malien est plus que jamais meurtri, humilié, outragé.

Si une seconde mort était destinée à Modibo Keita, elle aurait été causée par la honte subie suite à l’embrasement du nord du Mali par une rébellion, doublée d’un fanatisme religieux.

Seydou Badian Kouyaté, une autre icône de l’ère Modibo Keita l’a dit: «Si Modibo Keita était là, la MINUSMA n’aurait pas vécu», car sa vision était d’avoir la plus forte armée de la sous-région. Les Ateliers militaires Centraux de Markala devaient en être la cheville ouvrière.

A titre illustratif, dans un passé récent (en 2012), les Ateliers militaires Centraux de Markala avaient reçus des véhicules de l’armée malienne pour l’installation de supports métalliques d’armes. Ces travaux remarquables ont été d’un apport capital pour permettre à notre vaillante armée d’accomplir sa mission régalienne autour de la zone de combat, de Diabaly jusqu’à Léré.

Si Modibo était en vie, les Ateliers militaires Centraux de Markala seraient en pole position dans la lutte contre les fléaux de la rébellion et du terrorisme, tant l’homme était un visionnaire.

Pendant que la Russie reste encore un pays ami du Mali, et au vu de l’exemplarité des relations d’amitié très fortes avec notre cher Maliba, ceci est un appel au secours, pour sauver le Mali. Que dire de la visite de la rébellion malienne en Russie?

De grâce, redynamisons le pan de la coopération russo-malienne qui constituerait à aider les Ateliers militaires Centraux de Markala à sortir de l’ornière et à mieux équiper notre vaillante armée. Il y a plus à faire qu’avant, au regard de la nouvelle menace que le Mali, notre Maliba, est loin de pouvoir endiguer de sitôt.

La renaissance des Ateliers militaires Centraux de Markala serait plus que salutaire, car ces ateliers-là permettront, à coup sûr, non seulement de maintenir les équipements de l’armée au point mais aussi servir de cheville ouvrière pour mieux l’équiper, en vue de la sécurisation de l’axe Diabaly – Léré – Tombouctou.

Commandes d’armes non livrées à temps, blocage des armements destinés au Mali par la CEDEAO. Rien de tout cela n’arriverait si les Ateliers militaires Centraux de Markala en étaient fournisseurs.

Boubacar Diarra   

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