Aminata Bamby Konaté : De l’écriture au slam

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Quatre mots mais assez pour amener tout un public avec lui. Le Slam séduit de plus en plus de jeunes à Bamako. Ils se servent de ce moyen pour parler des sujets brûlants de la société. La passion d’Aminata Bamby Konaté pour l’écriture l’a emportée dans cet art. 

“La civilisation a dominé la culture et là on se croit tous matures… Selon nous, c’est la génération 21”. A 20 ans, rien ne freine Aminata pour exprimer ce qu’elle a sur le cœur. La jeune fille ne s’épargne pas non plus, “il faut toujours être à la page sinon ce que tu diras sera des tapages. Ne pensez pas que je vous critique car c’est fait, vous et moi on les pratique”, dit-elle sous de nombreux regards posés sur elle.

Koulikoro. A 60 km de la capitale du Mali, la jeune fille pose encore ses valises à l’ouverture du festival international d’arts numériques et des technologies mobiles, Ciné à dos. Thème du jour : la ville Bamako. Une entrée réussie : “Dans les clans à BKO, les Bamakois sont les plus félicités et toi, mon VDB ‘’venu directement de la brousse’’ tu veux à tout prix les imiter… On veut tous go vivre à BKO mais BKO est la ville des ? “chaos” “Mme et M. slam…”.

Faire du slam, c’est désormais le moyen pour Aminata Bamby Konaté de passer son message.  Pour elle, “le slam c’est être la bouche de ce qui n’en ont pas, mais de façon civilisée avec des mots doux”.

Connue sous le nom de Slam Bamby ou Wesh la slameuse, Aminata a commencé à faire du slam au lycée, en classe de onzième année. Le déclic c’est parti lors d’un concours organisé entre les lycéens. Sur proposition de l’Association des slameurs jeunesse art, elle va intégrer après le regroupement où elle deviendra membre.  Ainsi commence une carrière. “Ma première motivation c’était mon amour pour l’écriture. Au début, c’était juste une passion mais au fur et à mesure, je faisais des prestations, je sentais que c’est quelque chose qui me tenait vraiment à cœur”.

Originaire de Kayes, Aminata est née et a grandi à Bamako. Elle est d’une fratrie de sept enfants. Avec son baccalauréat dans la poche, la nouvelle étudiante s’est donnée à fond à sa nouvelle passion.

“Tout peut m’inspirer”

Durant ses quatre ans de carrière, slam Bamby est allée au de-là de la beauté des vers. Le slam est devenu un moyen de revendications de droits pour elle.  Le mariage forcé et les violences basées sur le genre (VBG) sont ses premiers textes. “C’était une situation qui me faisait trop mal”, dit elle. Avez-vous vécu un cas personnel ? Pour la jeune militante des VGB, la réponse est négative “J’ai eu la chance de participer à des formations sur ces modules au cours desquelles j’ai  découvert beaucoup de choses que je ne connaissais pas dans le milieu”. En plus de ces deux thèmes, Aminata a écrit aussi sur l’éducation, la santé,  la paix et la cohésion sociale, la mode et la culture, la famille, la religion, la beauté de vers… Bref dans ses écrits en solo slam Bamby dit toucher à tout. “Tout peut m’inspirer. Deux heures me suffisent pour écrire sur quelque chose”.

Avec son groupe ‘’Maralinké’’, le premier groupe du slam féminin,  Aminata Bamby Konaté prépare leur premier album. Les trois jeunes filles travaillent à aller de-là du pur et dur slam. Les jeunes filles sont sur la traduction de leurs textes dans  la langue bambara.

A la fleur de l’âge, Slam Bamby nourrit aujourd’hui une ambition : créer une maison d’art qui réunira tout autour chaque discipline et former ses autres jeunes slameurs. Cette passion ne la détourne pas des chemins de l’école. Etudiante à l’institut universitaire de gestion de Bamako, elle termine cette année son cycle universitaire en gestion des ressources humaines.

En attendant de voir ce rêve se réaliser, slam Bamby continue d’émerveiller ses nombreux fans avec sa vingtaine de textes en solo.

Kadiatou Mouyi Doumbia

Envoyée spéciale

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