Fespaco 2015 : « Rapt à Bamako», le long métrage de Cheick Oumar Sissoko qui va défendre les couleurs maliennes

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Cheick Oumar Sissoko
Cheick Oumar Sissoko

Avant Ouagadougou, le Centre national de la cinématographie du Mali, sous l’égide du ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, a décidé de le présenter aux plus hautes autorités maliennes et au grand public, le 23 février 2015, au cinéma Babemba. «Nous saluons cette initiative du CNCM. Cela devient une tradition de présenter aux autorités et au public malien, à chaque édition du Fespaco, le film malien qui va défendre les couleurs de notre pays dans la compétition long métrage. Mais nous espérons cette année qu’à cette projection, les réalisateurs maliens et autres professionnels du cinéma auront à leurs côtés le président Ibrahim Boubacar Keïta pour leur souhaiter bonne chance au Fespaco 2015», nous a indiqué un responsable de l’Union nationale des cinéastes du Mali.

Les cinéastes maliens, depuis un certain temps, n’hésitent plus à dire à qui veut les entendre qu’ils sont les enfants pauvres de la République du Mali. Jugez-en vous-même : plus de salles de cinéma dignes de nom à travers le pays, difficile mobilisation de ressources financières pour produire un film et chose grave, aucune disposition n’est prise au niveau étatique pour la formation de la relève. Pour toutes ces raisons, le cinéma malien, qui a fait les beaux jours du cinéma africain, est aujourd’hui en déclin. Heureusement que la volonté des professionnels du secteur permet encore au Mali de faire des films, même si les conditions sont difficiles.

«Rapt à Bamako», une production du CNCM, compte défendre crânement les couleurs maliennes à Ouagadougou et sur d’autres scènes. «Rapt à Bamako» est un film qui croque l’actualité que vivent plusieurs Etats africains en ce début du 3ème millénaire : l’essai de la démocratie multipartite. Dans une démarche d’un film d’action, qui prendra par moment des allures d’un film policier, Cheick Oumar Sissoko, déjà détenteur d’un Etalon d’or du Yennega avec son film «Guimba, le tyran», s’est volontairement placé dans une démarche pédagogique.

Le film de Cheick Oumar Sissoko raconte une histoire pathétique dans laquelle l’émotion se dispute par moment avec la révolte. Le célèbre réalisateur malien, qui plus est actuellement Secrétaire général de la Fédération panafricaine du cinéma, avec un siège d’observateur à l’Union africaine, dans son film, révèle l’insouciance et l’agonie des hommes politiques africains pour la condition humaine, à travers le regard de jeunes de 14 ans : Malik et Sara révèlent l’insouciance et l’agonie des hommes politiques pour la condition humaine.

Dans une maîtrise du jeu des acteurs, Cheick Oumar Sissoko invite le cinéphile à vivre l’autre facette du processus démocratique qu’expérimentent les Etats africains. Dans le film qui porte sur une élection présidentielle, trois générations vont s’affronter. Tous les moyens seront utilisés, même les plus sordides du genre les sacrifices humains. Mais, démocrate dans l’âme, dans un élan d’espérance sans limite, le réalisateur n’a pas hésité de faire un zoom sur l’ouverture d’esprit et la combativité des jeunes issus de deux cultures, malienne et occidentale, pour éviter deux drames qui se donnent le plus souvent rendez-vous lors des élections dans une Afrique nouvellement démocratique pour plonger les populations dans la désolation, après des contestations violentes de résultats des urnes : le rapt et l’assassinat d’un albinos et le rapt des résultats d’une élection présidentielle par un des candidats. Comme pour dire que les anciens auront toujours leur place en Afrique, le réalisateur met un accent sur l’engagement d’une grand-mère dénommée Mah, à côté de ses petits-enfants.

Dans tous les cas, le film de Cheick Oumar Sissoko sort des sillons auxquels le cinéma malien nous a habitués. Il va explorer d’autres horizons comme le film policier.

Assane KONE

«Rapt à Bamako» :

Les hommes politiques égratignés !

 L’avant-première du dernier film dénommé «Rapt à Bamako» du réalisateur Cheick Oumar Sissoko, ex-ministre de la Culture, est passé sur écran géant le lundi 23 février au Magic Cinéma, l’ex-Babemba. C’était en présence de la ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, N’Diaye Ramatoulaye Diallo, et de beaucoup d’autres personnalités. Le réalisateur a profité de ce film pour dénoncer l’attitude des politiciens à l’approche des élections.

«Rapt à Bamako», un film long métrage, tout à la fois humoristique et dramatique, sera dans la compétition au Fespaco 2015 à Ouagadougou au Burkina Faso. Grâce à l’effort du CNCM pour la représentation des films maliens au Fespaco. Mais avant, le réalisateur a voulu que son film soit visionné par les Maliens. C’est pourquoi le lundi 23 février 2015, la salle de projection de Magic Cinéma, l’ex-Babemba, a refusé du monde. Hommes et femmes, vieux, jeunes et enfants, tous étaient là pour découvrir cette merveille de Cheick Oumar Sissoko.

«Rapt à Bamako» nous dévoile le comportement peu orthodoxe des candidats pendant les élections. Malick, un jeune de 14 ans, venu avec ses parents de la France pour soutenir son oncle lors de l’élection présidentielle, va empêcher, avec l’aide de sa cousine Saran, un crime odieux (un sacrifice humain). Le film évoque également comment les hommes politiques se permettent de soudoyer la population en échange de leurs voix.

À la différence des autres films maliens, ce film nous emporte dans un autre monde : celui de l’enquête policière. Étant un homme politique, Cheick Oumar Sissoko continue de manifester son attachement et son intérêt à l’avancée du cinéma malien.

Massitan Koïta (Stagiaire)      

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  1. Il convient de préciser que ce film est basé sur le livre du même nom de l’auteur Alpha Mandé Diarra, dont le journaliste ne fait aucunement mention dans l’article. Ce livre a été écrit depuis 1999.

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