Littérature : «Etre étudiant au Mali » de Boubacar SANGARE.

Notre collaborateur, Boubacar SANGARE, vient de signer son deuxième ouvrage. Une série de chroniques à travers  laquelle, il nous propose une immersion dans l’apocalyptique «planète de l’enseignement supérieur malien».  

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Edité par la maison d’édition la «sahélienne», le recueil de dix-huit chroniques passe au peigne fin les maux qui ont mis l’enseignement supérieur malien dans l’ «entonnoir d’une dégradation graduelle» : corruption, piston, étudiants fictifs, salaires bas (pour les enseignants) et les «Notes Sexuellement Transmissibles ».Des pratiques qui témoignent d’une décadence sociale, d’une sécheresse morale sans précédent, dont personne ou presque ne semble s’intéresser. Raison pour laquelle, le jeune auteur déclenche l’alarme par le biais de  sa plume nourrie de colère et de déception .Cette rébellion s’étale sur deux ans de 2012-2014, période trouble dans l’enseignement supérieur malien. L’auteur, alors étudiant, blogueur au compte de la plateforme de Radio France Internationale, décide de donner des ‘’coup-de-gueule’’  sur ce qu’il qualifie d’«inconscience nationale».L’ «Etudiant Malien», c’est le nom très évocateur de son blog.

Au fil des billets, le calvaire des étudiants : absence de cadres appropriés pour un enseignement de qualité, effectifs ‘’chinois’’, retard chronique dans le paiement des bourses et trousseaux, années académiques interminables, corruption allant jusque dans le système de notation et surtout une AEEM(Association des Elèves et Etudiants du Mali) qui s’illustre par son vorace appétit pour la violence, la médiocrité et l’insolence de certains de ses membres. Entre autres tristes réalités qui poussent SANGARE à écrire, le cœur plombé de déception : «c’est pourquoi il faut partir» .Même si dans un entretien avec nos confrères de MIKADO FM, il rappelle avoir écrit ces mots sous l’emprise du désespoir, cela n’est que le sentiment général des milliers d’étudiants  Maliens, qui ne perçoivent plus les études comme clés de réussite. A l’université, étudiants et enseignants y vont pour d’autres motifs : «les premiers pour mettre la main sur une maudite bourse ensuite vient le souci d’étudier pour passer. Les seconds pour venir crier à ces étudiants qu’ils ont tout avantage à chercher d’ autres chats à fouetter( !),qu’ils ont encore le temps de sortir par la petite porte pour ne pas finir par sauter par la fenêtre ou encore par devenir un paquet de merde…»,observe l’écrivain-blogueur.

En un mot, le livre est un miroir reflet dans lequel on lit le mal qui a paralysé l’université malienne et par  extension, la société malienne dans son ensemble. Une remise en cause sans complaisance. Un ouvrage digeste, à la portée de toutes les bourses, même celles des étudiants. Disponible chez la «sahélienne» et  librairies partenaires à 4000 F CFA.

Aly BOCOUM

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