Sortie de la crise sociopolitique au Mali : La CEDEAO plus que défiée

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La CEDEAO pourra-t-elleprendre des sanctions contre les « fauteurs de troubles » dans la crise sociopolitique qui secoue actuellement le Mali? L’organisation sous-régionale va-t-elle mettre à exécution ses menaces contre les acteurs qui refusent d’appliquer les recommandations qu’elle a édictées pour sortir le pays du gouffre actuel ? Comment pourrait-elle s’y prendre ?

Maliweb.net- Gels des avoirs, interdiction de voyages, interdiction de siéger au parlement de l’organisation régionale. Ce sont là quelques-unes des sanctions que pourrait prendre la CEDEAO contre les acteurs politiques maliens, dont des députés, qui feraient obstacles à la mise en œuvre de ses recommandations pour sortir le Mali de la crise sociopolitique en cours.

Dans sa médiation dans la crise sociopolitique au Mali, la CEDEAOa apporté son soutien sans condition au président IBK, en s’opposant à « tout changement politique anticonstitutionnel et au respect des institutions de la République ». Sauf que ses propositions ne sont pas acceptées par les contestataires du pouvoir rassemblés au sein du mouvement du 5juin-Rassemblement des forces patriotiques(M5-RFP). Ceux-ci annoncent exiger à nouveau ledépart du chef de l’Etat et de son régime, l’ouverture d’une transition pour, plaident-ils, refonder l’Etat malien. Ils viennent de reprendre leur opération dite de « désobéissance civile » en paralysant le fonctionnement normal du pays ce début de semaine…

Or, la CEDEAO, par la voix de son président en exercice, le Nigérien Mahamadou Issoufou, tient comme à la Bible et au Coran à son protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance, qui proscrit tout renversement d’un régime politique démocratiquement élu. Et c’est le cas d’IBK et de son régime, réélu en 2018 pour un mandat de 5 ans.

L’organisation ouest-africaine a aussi recommandé de faire démissionner la trentaine de députés « mal élus » afin d’aller à des élections législatives partielles pour renouveler les sièges en question. Une fin de non-recevoir catégorique a été opposée à cette demande, qui l’avait assorti de menace de sanctions. Sans oublier d’autres sanctions brandies contre les tenants de la contestation contre le chef de l’Etat.

En effet, malgré les discussions et tentatives de persuasion des uns et des autres, les députés en question et la plupart de leurs partis politiques se sont montrés inflexibles, refusant de renoncer à leurs mandats et sièges respectifs. Et chacun de ces acteurs semblent se moquer même des capacités répressives de la CEDEAO contre eux. Et l’imam Mahmoud Dicko de faire entendre qu’il n’a même pas de compte à éventuellement geler ; tandis que des députés estiment qu’ils n’ont que cure de siéger au sein du Parlement de la CEDEAO. Et d’autres d’affirmer qu’ils n’ont aucun intérêt à perdre si des interdictions de voyages leur sont destinées… Ce qui semble effectivement limiter les prérogatives de coercition d’Abuja qui risque de ressembler à un épouvantail étonnamment limité. Ce qui fait que l’organisation est défiée par les acteurs maliens, fortement confiants en la fibre nationaliste et sur le répondant patriotique de leurs populations.

Conscients aussi de la capacité des leaders contestataires de rendre le Mali ingouvernable ; ce qui menacerait leurs propres pays, les dirigeants de la CEDEAO joueront leur va-tout pour sauver la face et sauver ce qui peut l’être encore dans un Mali plus que tourmentés par plusieurs crises. C’est en cela que la CEDEAO joue sa crédibilité et semble limitée, elle qui semble échouer dans ses efforts de résolution de plusieurs crises du genre ces derniers mois.Elle qui apparaît de plus en plus comme une organisation des chefs d’Etats et non des peuples.

Boubou SIDIBE/Maliweb.net

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