IBK : I Bissimilah, Segou Bi Lamè !

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Le dernier séjour d'IBK à Ségou (photo archives)

C’est André Bime qui le disait : « Si le fleuve Niger est l’âme du Soudan Français, Ségou en est le cœur ». Longtemps mise en veilleuse depuis le mois de septembre, les ségoviens aiment donc rappeler à tous, au sujet d’une visite officielle attendue, que le Président de la République et sa délégation finiront bien par se rendre à Ségou, même devancés par d’autres. Ça y est donc. IBK à Ségou après son bref séjour de quelques heures du 1er Juillet 2014 où il était venu accompagner Blaise Compaoré à Kolongo ! Cette fois ci, l’hôte des ségoviens y passera toute la semaine du 7 au 12 Décembre, pour tâter le pouls de la région de Ségou avec ses 118 communes étendues sur 62 504 Km2, soit 5% du territoire national, ses 2 336 255 habitants (50, 5 % de femmes) répartis dans 361 116 ménages (3éme rang national) et son taux d’accroissement annuel de 3,1%, la plus importante jamais constatée depuis 1976. Cependant IBK, en discutant au dernier jour (Samedi 12 Décembre au matin) avec les représentants de ces populations, et tout au long de la semaine, avec certains religieux et notabilités, sait que les populations de Ségou et partant les maliens n’attendent que des dividendes à l’issue de ce séjour en terme de bien être, de création d’emplois, de richesse, de préservation de leur futur, de protection, en somme, ni plus ni moins que la concrétisation des slogans pour lesquels la majorité des ségoviens ont voté pour lui : la remise en route de leur bonheur et de leur honneur. Pour cela, les préoccupations essentielles de cette visite doivent porter leurs fruits. D’abord, le mastodonte Office du Niger qui risque d’être un colosse au pied d’argile si on n’y prend garde. C’est à ses portes que l’insécurité générale au Mali commence dans la région de Ségou (Nampala, Diabaly, Dogofry, Sokolo etc.). Les Zones de production du Kouroumari, de Molodo et Ndebougou, représentant à elles seules une production annuelle de plus de 250 000 tonnes de riz, sont plus que vulnérables, touchées par la rébellion et la croisade jihadiste. Le Barrage de Markala qu’il faut donc sécuriser, ouvrage hydro agricole, épine dorsale de l’outil de souveraineté alimentaire du Mali, croule sous le poids de l’âge (68 ans), et ce ne seront pas les conflits d’usage entre sa vocation hier et aujourd’hui d’irriguer et celle futur de fourniture d’électricité qui seront gages de pérennisation de ce joyau, privilège d’un bonheur des maliens.  IBK qui martelait quand il était Premier Ministre que le Mali ne gagnera pas sa bataille d’autosuffisance alimentaire que lorsque nous dompterons ce beau fleuve nourricier qu’est le Niger, avec la maitrise totale de l’eau, doit lier l’acte à la parole en aménageant le potentiel important de l’Office du Niger scotché aujourd’hui à moins de 125 000 ha là où presque la moitié des aménagements a été réalisée avant l’indépendance. Quid des autres infrastructures de la région ? Le poumon de l’économie malienne demeure bien à Ségou. La COMATEX, SUKALA SA et la Nouvelle Sucrerie, l’Office Riz, le Projet Moyen Bani, la Plaine de San Ouest, les initiatives privées en matière d’huilerie, de produits alimentaires et d’intrants agricoles, la liste n’est pas exhaustive. De ce constat, il n’y a pas une raison aujourd’hui que les jeunes expliquent que leur eldorado se trouve dans les zones aurifères à ciel ouvert ou dans l’immigration clandestine. Mais s’ils y vont, à partir de Ségou, c’est que toutes ses richesses ne sont que mirage pour eux, un peu à la manière d’une vieille vache au bord d’une belle prairie, car la réalité, c’est que vivotant dans le chômage et la pauvreté et contemplant souvent l’injustice sociale ; or en venant à Ségou, poser les jalons des voies de communication et de transport du développement, inaugurer château d’eau et usines de produits bio fertilisants et alimentaires, IBK doit rassurer les populations en annonçant les mesures et les moyens qui feront croire que sous un havre de paix et de quiétude, elles ne feront plus des espaces d’autrui un eldorado quand le bonheur peut être à leurs pieds, car ce serait inconcevable de croire que l’on peut mourir de soif au bord d’un fleuve.

Moustaph Maiga

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