Cherté de la vie : Vivre au Mali devient impossible

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Récemment j’ai lu dans le Courrier : «l’espérance de vie au Mali ne dépasse pas 48 ans.» Et pour cause : des raisons d’extrême pauvreté. Cela m’a donné des frissons et surtout lorsqu’il est établi qu’au Mali plus de 80% de la population vit dans l’extrême pauvreté.

La région de Mopti est parmi les zones les plus pauvres du pays malgré ses potentialités, comme témoignent les indicateurs de pauvreté (Indice de développement humain) est le plus bas du Mali ; une pauvreté généralisée à la fois des populations marginalisées des villes et celles des communes rurales : 56 672 FCFA contre une moyenne nationale de 120 874 FCFA par habitant par an. Malgré sa vocation agro pastorale notre pays importe tout : riz, sucre, lait, huile, poisson, farine, fonio, banane, savon, tissus etc. Mais n’oublions pas que les maliens font beaucoup de transfert d’argent à l’extérieur ou voyage avec de la liquidité pour l’achat de marchandises.

Le Mali, après avoir mis la clé sous le paillasson après la liquidation et la privatisation des usines et sociétés d’Etat créées par les pères de l’indépendance, achète tout et tout coûte cher. Avec l’avènement de la démocratie les princes du jour, la cupidité aidant, ont basculé l’économie formelle dans l’économie informelle avec comme conséquence, pour l’Etat, la perte d’importantes recettes douanières et fiscales. Ainsi, avec des commerçants à eux, désignés sous le vocable «d’opérateurs économiques» aucun secteur de l’économie ne sera épargné, douanier et fiscal, y compris le secteur bancaire.

Les Autorités et les responsables de l’administration publique s’installeront honteusement au cœur de toutes les opérations économiques. Ils créeront pour ces désormais «opérateurs économiques» des monopoles de fait, autour des denrées de première nécessité, en accordant des exonérations, qui n’ont profité jusque là qu’à des compères. Ce traitement de faveur a conduit le plus grand nombre des commerçants à l’inactivité puisque ne pouvant pas faire face à cette concurrence déloyale ; car profitant d’un laxisme volontaire, les bénéficiaires des exonérations importeront des produits pour une consommation de quatre voire cinq mois, contre une consommation d’un mois autorisée, celle du mois de carême.

Les banques, sous diverses pressions, seront mises à contribution pour accorder à ces mêmes opérateurs économiques des prêts risqués, puisque sans aucune garantie. Du coup, installant les banques dans une situation inconfortable.

Depuis l’avènement de la démocratie, les Autorités n’ont pas changé de système puisqu’elles méprisent totalement le peuple, sinon comment elles peuvent imposer le prix du kilo de sucre à 600 FCFA, alors qu’une bonne partie est produite à Dougabougou. Il a été de même dans le cadre de «l’Initiative riz» où après avoir accordé des exonérations importantes, le prix du riz n’a jamais baissé ; alors que l’incidence pour le budget d’Etat était évaluée à près de 40 milliards FCFA.
Comme, on le voit, le plus grand nombre des commerçants sont partis totalement en faillite ne pouvant plus importer quoi que ce soit, le système bancaire enregistre dans ses livres d’énormes crédits en souffrance, sinon irrécupérables et même la douane, pour boucler ses recettes de l’année, est obligée de passer par des anticipations de recouvrements de l’année à venir.

Safounè KOUMBA

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