Lancement de la zone économique spéciale : L’UEMOA dégage 43 milliards de F CFA pour son opérationnalisation …

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Lancement à Sikasso d’une Zone Economique Spéciale Burkina - Côte d’Ivoire - Mali
Les PM Burkinabé, Ivorien et Malien

La Zone Economique Spéciale (ZES) Burkina Faso- Cote d’Ivoire – Mali a été lancée en grande pompe le lundi 14 mai 2018 à Sikasso par les Premiers ministres des trois pays concernés. Cette signature tripartite de la déclaration de création de la ZES s’inscrit dans cette vision des pays africains de mutualiser leurs moyens, de fédérer leurs efforts pour pouvoir relever les différents défis qui se présentent à eux. Cette importante cérémonie s’est déroulée à l’hôtel Cinquantenaire de Sikasso. En plus des trois chefs du gouvernement, le président de la commission de l’UEMOA et des ministres de l’Economie et des Finances des trois pays étaient de la partie. 

Faire de Sikasso, capitale du royaume du Kénédougou, une grande mégapole ouest-africaine.  Pour ce faire, les localités de Sikasso au Mali, de Bobo Dioulasso au Burkina Faso et de Korhogo en Côte d’Ivoire se regroupent dorénavant dans une Zone Economique Spéciale (la ZES SIKOBO).   Les trois Premiers ministres du Mali, de Côte d’Ivoire et du Burkina Faso, respectivement Soumeylou Boubeye Maiga, Amadou Gon Coulibaly et Paul Kaba Thieba ainsi que le Président de Commission de l’UEMOA ont procédé au lancement de la ZES Burkina Faso- Cote d’Ivoire – Mali, le lundi 14 mai 2018 dans la ville de Sikasso à travers la signature de la Déclaration de création de la « Zone Economique Spéciale ».

« Nous sommes à la première réunion. L’idée de ce projet a germé au niveau de l’UEMOA au nom de la CEDEAO. Nos différents pays ont compris que nos gouvernements devraient prendre eux même en main le leadership sur cette question. C’est un travail d’étude qui doit être fait au préalable avant l’installation des unités de production sous la conduite de nos ministres de l’économie et des finances. Ensemble, ils détermineront les projets spécifiques pour la zone qui regorge d’énormes potentialités afin de déterminer le coût du projet. En ce qui concerne l’UEMOA, elle a déjà dégagé 43 milliards de F CFA. La présence des trois Premiers ministres des trois pays frontaliers témoigne de la volonté de donner une nouvelle impulsion à l’intégration et au développement des trois pays. », a souligné le Premier ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly.

« Mes Chers frères Paul Kaba Thieba et Amadou Gon Coulibaly, c’est un réel plaisir pour moi de vous recevoir ici, chez vous, à Sikasso, dans le royaume du Kénédougou, en terre africaine du Mali pour le lancement de la Zone Economique Spéciale qui regroupera dorénavant les régions de Sikasso, Korhogo et Bobo-Dioulasso, « la ZES SIKOBO ». Vous recevoir chez vous disais-je, car nos trois pays, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Mali sont intimement liés par nos frontières communes ainsi que par les liens séculaires qu’ont tissés nos populations qui ont toujours vécu en parfaite harmonie. Notre rencontre d’aujourd’hui vise alors à rétablir les réalités historiques, culturelles et économiques qui ont toujours uni nos pays en général et les populations de ces régions cibles en particulier. », a rappelé Soumeylou Boubeye Maiga dans son discours introductif.

Au cours de cette réunion de lancement, qui a mobilisé du monde, le Ministre de l’Economie et des Finances du Mali, Dr Boubou CISSE, a fait une brillante présentation de cette initiative sous-régionale. Selon lui, l’ambition de la Zone Economique Spéciale est de mettre en synergie toutes les opportunités de développement entre les trois pays de manière à rendre leurs économies plus complémentaires, en particulier dans la zone transfrontalière. Cette zone transfrontalière, comprise dans un triangle communément appelée “triangle du Balafon”, est un espace socio-économique et culturel constitué par les localités de Sikasso au Mali, Bobo Dioulasso au Burkina Faso et Korhogo en Côte d’Ivoire.  ‘’L’initiative visant à concrétiser la création de la Zone Economique Spéciale a connu une évolution décisive lors des visites de travail effectuées au Burkina Faso les 3 et 4 avril 2018 et en Côte d’Ivoire les 5 et 6 avril 2018 par le Premier ministre du Mali, Soumeylou Boubéye Maiga.’’, a-t-il expliqué aux participants.

Les atouts…

En poursuivant son exposé, Dr Boubou Cissé a présenté brièvement les trois villes désormais en ZES-SIKOBO. Sikasso est situé à 375 km au sud-est de Bamako, à 100 km de la frontière avec la Côte d’Ivoire et à 45 km de celle du Burkina Faso. La ville de Sikasso, capitale de la région concernée au Mali, est une ville-carrefour entre les pays côtiers (Togo, Bénin, Ghana, Côte d’Ivoire) et les pays enclavés (Burkina Faso et Mali). Avec une superficie de 71 790 km² (soit 5,8 % de la superficie totale du Mali) et une population de 3 434 000 habitants en 2017 (soit 18,2% de la population malienne), la région de Sikasso recèle d’énormes potentialités : notamment l’existence de terres favorables à l’agriculture (6 000 000 d’ha) dont 14 079 ha de bas-fonds et plaines aménagées ; deuxième région d’élevage du Mali avec 16% du cheptel national en 2017 : bovins (1 913 598), ovins (1 057 995) et caprins (1 103 799) ; un potentiel forestier important avec des forêts classées, des périmètres de reboisement, des réserves de faunes et des zones d’intérêt cynégétique; l’existence d’un cheptel important et un pâturage favorable à l’élevage ; l’existence de sites miniers dont les plus importants sont : Morila, Kalana et des zones d’orpaillages tels : Nampala, Soumaya ; l’initiative et le dynamisme d’un secteur privé local et de la diaspora. A en croire le ministre, malgré ces potentialités, la région de Sikasso s’illustre par une situation contradictoire où la production agricole importante est concomitante à une malnutrition infantile étendue d’où « le paradoxe de Sikasso ».

Parlant de Korhogo en Côte d’Ivoire, Boubou dira que Korhogo relève de la région du Poro qui couvre une superficie totale de 13 400 kilomètres carrés. Elle est située à l’extrême Nord de la Côte d’Ivoire et est limitée au Nord par la République du Mali, au Sud par la Région du Béré, à l’Est par les Régions du Tchologo et du Hambol et à l’Ouest par la Région de la Bagoué. La Région du Poro, selon les chiffres publiés par l’Institut National des Statistiques (INS) et datant de 2014, est peuplée de 396 767 habitants. Ceci constitue pour la région un important réservoir de main-d’œuvres et donc un atout au service de son développement. La région compte quatre (04) départements : Korhogo ; Sinématiali ; Dikodougou ; M’Bengué. A l’image de l’ensemble des régions de Côte d’Ivoire, l’économie du Poro est basée essentiellement sur l’agriculture. Le climat de type tropical dont jouit cette région est propice à une variété de cultures dont le coton, l’anacarde et la mangue qui occupent une place de choix. Deuxième secteur d’activité après l’agriculture, le commerce bénéficie d’une animation relativement dynamique grâce à un réseau routier assez dense (3 600 Km) mais qui reste quelque peu dégradé (seulement 169 Km de bitume).
La mine de Tongon, exploitée par la Société Rand Gold fait partie des plus grandes mines d’or de Côte d’Ivoire. Elle est entrée en exploitation dans la région du Poro depuis 2007.

En ce qui concerne la ville de Bobo Dioulasso, elle est localisée dans la Région des Hauts-bassins.  Située à l’ouest du Burkina Faso, la région des Hauts-Bassins est limitée au nord par la région de la Boucle du Mouhoun, au sud par la Région des Cascades, à l’est par la Région du Sud-Ouest et à l’Ouest par la République du Mali. Elle couvre une superficie totale de 25 479 km² soit 9,4 % du territoire national. De par sa position géographique, la région des Hauts-Bassins et en l’occurrence Bobo-Dioulasso a toujours constitué une véritable plaque tournante en matière de transport international et national aussi bien pour les marchandises que pour les personnes. Sa population est estimée à 1 776 803 habitants en 2012.

Avec ces énormes atouts, les chefs d’Etat des trois pays frontaliers ambitionnent de créer des opportunités d’investissement et un environnement juridique et commercial favorable notamment dans les domaines de l’agro-business, des technologies de l’information et de la communication, de la culture, du tourisme, des services médicaux, des industries manufacturières et des services financiers.

Telle que projetée, la ZES offrira des avantages économiques et sociaux indéniables, d’importantes opportunités de création de richesses et d’emplois et un environnement propice pour réaliser l’intégration économique des trois pays.

« L’opérationnalisation de la ZES nécessite des fonds financiers conséquents, et l’appui des partenaires techniques et financiers tels la Banque mondiale, la BAD, la BADEA, la BOAD, la BIDC, etc. est sollicité. Il en est aussi de nos institutions et organisations régionales et sous-régionales d’intégration régionale et de coopération notamment la CEDEAO dont je salue l’accompagnement dans ce projet. » a conclu Boubou Cissé.

Après cette présentation, les trois premiers ministres ont signé la déclaration de création de la Zone Economique Spéciale avant d’aller inaugurer la centrale de l’interconnexion des réseaux électriques Cote d’Ivoire- Mali et de lancer le projet de construction de la liaison électrique 225 kv double terne qui va couvrir en électricité 92 villages et agglomérations situés sur le corridor Bamako-Sikasso.

A.B.D, envoyé spécial

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