Désenclavement de Bakaribougou : Des spéculateurs fonciers s’acharnent sur les habitants

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Les habitants du quartier de Bakaribougou dans la Commune II font face à un puissant réseau de spéculation foncière depuis qu’ils ont entamé le processus du désenclavement de leur quartier en 2005, en essayant de joindre des rues à la route nationale 7 traversant la servitude d’Etat. Mais des spéculateurs fonciers de haut niveau y s’opposent avec de faux titres fonciers sur une zone réservée par l’Etat.

 

Bakaribougou est l’un des quartiers les plus enclavés de Bamako. Séparé de la RN7 d’environ 50 m, juste derrière le chemin de fer, il ne compte qu’une seule voie d’accès à la RN7 et unique entrée et sortie du quartier. Cette voie n’est pas bitumée. Elle couvre permanemment le quartier de poussière.

Pour se sortir de cette entrave, les habitants du quartier sont mobilisés depuis 2005 pour trouver une solution de désenclavement. La zone, décrétée par le gouvernement depuis plusieurs années, comme servitude (interdite à la vente et à l’habitation), occupée par les jardiniers, a été visée par les habitants pour ouvrir le quartier au monde.

Dès lors, des lettres ont été adressées à la mairie de Commune II et à toutes les structures nationales de gestion des domaines, à des ministères et même à la présidence, sans suite selon le chef du quartier de Bakaribougou, Mamadou Kéita, qui rencontrait la presse le samedi 13 décembre 2014. “Mais les habitants sont restés mobilisés, main dans la main, dans le plus grand  respect de la loi”, a-t-il ajouté.

En 2013, avec l’arrivée d’IBK au pouvoir, la population, à travers sa jeunesse et la chefferie, a saisi le ministre de l’Urbanisme et de la Politique de la ville, l’actuel Premier ministre Moussa Mara. Et travers lui, a expliqué le président du Collectif des jeunes de Bakaribougou, Oumar Samaké, “nous avons eu accès à un document officiel de longue date pour le désenclavement du quartier. Ce qui nous a confortés dans notre combat”.

“Dans un esprit de paix et de cohésion sociale, nous avons organisé une série de rencontres avec les jardiniers sur les lieux. Nous avons été compris par ces derniers qui nous ont promis leur soutien. Mais un certain Abdoulaye Traoré avec un titre foncier sur la zone servitude interpose et menace de poursuites judiciaires toute personne qui fera un passage sur son terrain”, a-t-il souligné.

Le 28 novembre denier, le conseil du quartier a adressé une lettre à la mairie et au tribunal de la Commune II, au commissariat du 3e arrondissement, à la direction nationale des domaines et du cadastre, à la sécurité intérieure et à des départements ministériels pour les informer de la date du 30 novembre prévue pour les travaux de désenclavement. Aucun structure n’a réagi pour ou contre l’engagement de la population. Les travaux se sont déroulés au jour j sans incident selon le chef du chef du quartier, M. Kéita. Quatre rues du quartier sont raccordées désormais à la RN7.

Quelque jours après, le 5 décembre 2014, a expliqué le chef du quartier, “j’ai reçu une convocation du camp I de la gendarmerie du nommé Abdoulaye Koné”. Le 8 du même mois, plus d’un millier d’habitants du quartier ont accompagné leur chef au camp I pour aller répondre à la convocation. Le quartier est sorti la tête haute, son chef a gagné une première bataille en attendant que les spéculateurs fassent recours au tribunal.

Dans cette affaire, les artisans et ouvriers sur la zone servitude, qui ont gagné face au gouvernorat du district à la Cour d’appel et à la Cour suprême, pour avoir vendu l’espace et voulant les déguerpir, soutiennent les résidents.

Maliki Diallo

 

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1 commentaire

  1. La RN 7 est là route de Sikasso et celle qui longe les rails bakaribougou est une route régionale appelée RR 14 . Merci

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