Edito : Libération d’IBK, une prime à l’impunité ?

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Renversé par une junte militaire le 18 Août 2020, l’ex-Président de la République du Mali Ibrahim Boubacar Keita, IBK, a recouvré sa liberté le jeudi 27 Août 2020 au petit matin, après neuf jours de détention au camp Soundiata de Kati, à quinze kilomètres de Bamako. Cette libération est l’une des concessions faites par le CNSP à la CEDEAO qui a mis le Mali sous embargo après la rupture constitutionnelle et cela conformément aux principes de l’organisation sous-régionale. Nul ne doit blâmer la CEDEAO pour avoir sanctionné le Mali après que les militaires aient posé un acte qui s’apparente à un coup d’Etat. Donc, sur la forme il ne doit pas y avoir plainte, car le Mali a ratifié toutes les conventions et accords en tant qu’Etat partie de la CEDEAO. Mais la plainte, c’est sur le fond. Comment pourrait-on soumettre sous embargo et exiger du CNSP et de surcroit du Mali  la libération d’un ancien  Président de la République à qui on pourrait  reprocher des crimes les plus abominables ? La libération d’IBK est une prime à l’impunité et une caution à la mal gouvernance. Il doit répondre des actes et de  plusieurs chefs d’accusions dont certains pourraient être qualifiés de haute trahison. Il ne serait d’ailleurs pas le seul, car tous ceux qui ont pillé les caisses de l’Etat, tous ceux qui ont détourné l’argent du contribuable malien doivent répondre de leurs infractions. La CEDEAO aurait dû compatir aux douleurs du peuple malien qui a enduré le martyr pendant sept longues années de gestion chaotique du régime IBK. Donc, vouloir libérer ce dernier comme si de rien n’était est tout simplement une insulte à l’intelligence collective et une prime à l’impunité.

A analyser de près l’acte que l’organisation sous régionale a posé, on est tenté de se poser deux questions essentielles. Doit-on réellement  sanctionner un pays qui a été agressé, pillé et spolié pendant sept  ans par ses dirigeants  au nez et à la barbe des chefs d’Etat de la CEDEAO? Comment peut-on punir un pays en proie à des attaques terroristes quasi quotidiennes ?Selon tous les grands analystes et observateurs de la scène politique malienne,  les sanctions de la CEDEAO sont disproportionnées et affaibliraient davantage le Mali dans son combat contre le terrorisme. Au lieu de se hâter à prendre des sanctions, les chefs d’Etats de  la CEDEAO auraient dû intervenir en amont pour interpeller leur homologue IBK afin qu’il arrête de faire saigner son pays. Les Présidents Ivoirien et Guinéen, les deux irréductibles partisans des sanctions contre le Mali, ont surtout peur qu’une situation similaire ne se produise chez eux.Sinon, les autres chefs d’Etat se sont vite rendus à l’évidence que le retour d’IBK et les sanctions touchant les produits de première nécessité sont non seulement irréaliste, mais aussi et surtout, contreproductives et ne feront qu’aggraver la situation déjà délétère du Mali.

En somme,  pour ne pas  faire souffrir davantage le vaillant peuple malien, pour éviter que la dernière digue protectrice des pays de la sous-région en général et celle du Sahel en particulier, ne rompe, les chefs d’Etat de la CEDEAO ont convoqué un sommet extraordinaire, tenu par  visio-conférence. Au cours de ce sommet, ils ont d’abord mesuré  les conséquences  de leurs sanctions sur la vie de la population malienne et pour  une sortie rapide de crise, avant de les alléger pour donner une chance au dialogue inter malien autour de la transition.

Youssouf Sissoko

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4 COMMENTAIRES

  1. Aujourd’hui,nul doute que la Republique du Mali fonctionne en dehors de tout Ordre Constitutionnel.L’origine de ce bouleversement legal provient ,en premier de la formulation et de l’imposition de l’Accord d’Alger.Cet Accord viole de facon flagrante ,non seulement la Constitution du Mali mais le Raison d’Etre de l’Etat Malien :c’est-a-dire son integralite territoriale ,sa Souverainete :Democratie, laicite,l’egalite entre les collectivites, l’armee .Le tripotage dans les resultats des elections n’avait d’autre but que de confirmer les acquis d’Alger.La gouvernance d’IBK a ete semee d’actes de corruption choquants .Un veritable pillage du Tresor Public.Ce Palais de Residence Privee ne lui appartient pas .Il appartient a l’Etat Malien.Il pourrait etre la Residence des Hotes de Marque.Ni la Residence de son fils .La Loi s’applique avec rigueur quand les faits sont connus.Une Chose volee ne peut etre donnee .Plus grave ! Si une Haute Trahison est soupconnee,elle doit etre jugee et sanctionnee.Vous avez pris la responsabilite de restaurer l’Etat dans le vrai Ordre constitutionnel ,il faut aller jusqu’au bout.Il y a des faits que l’on ne peut enfouir dans le sable.Si les faits aussi graves sur le plan politique pouvaient etre effaces comme par enchantement,qui allez vous juger au Mali ,apres .Je pense que les soldats qui ont fait ce coup qui doit devenir un coup d’eclat aussi bien le M5 .vous etes interpelles.Je suis surpris que les Chefs d’Etat de la CEDEAO voient la situation du Mali d’une facon bien etroite .Au lieu de se soucier de l’existence menacee d’un Etat membre,ils se battent pour sauver un Collegue qui a voulu nager avec les crocodiles.Pendant les negotiations d’Alger ,nous avons regrette l’absence de la CEDEAO.Nous avons regrette l’absence des troupes de la CEDEAO qui sont venus aider l’Armee Malienne. Si l’emotion ,au lieu de la Raison d’Etat continue de triompher,je crains que les principes fondateurs de la CEDEAO ne soient aussi violes et que cet Ordre du Traite de Lagos ne soit pietine dans la foulee.

  2. On est toujours dans le sillage du KOKADJE.
    MOUSSA TRAORÉ et ses complices ont été poursuivis, jugés et condamnés pour crimes économiques et de sang, pourquoi IBK et ses complices vont faire exception?
    IBK A REPRODUIT À L’IDENTIQUE LE SYSTÈME CLANIQUE DE MOUSSA TRAORÉ.
    Il a voulu reproduire au Mali le système politique de ses idoles BONGO et EYADEMA esperant passer le témoin à son fils malgré les sacrifices du 26 MARS 1991 pour instaurer un système démocratique basé sur l’alternance.
    Il faut insister à rappeler qu’Ibk est allé s’incliner sur les TOMBES de BONGO et EYADEMA avant son investiture.
    Il ne l’a pas fait pour MODIBO KEITA pour dire qu’il a souhaité être plus un fossoyeur à l’image de BONGO et EYADEMA qu’un défenseur des maigres ressources de l’État du Mali comme affirmé par MODIBO KEITA.
    Son acte criminel est prémédité.
    CE NE SONT PAS LES JEUNES OFFICIERS SUPÉRIEURS QUI VONT DÉCIDER DU SORT D’IBK, MAIS LE PEUPLE INCARNÉ PAR LE M5-RFP.
    Si les jeunes officiers supérieurs pensent qu’ils peuvent décider de satisfaire les chefs d’État de la CEDEAO,en laissant IBK aller se soigner à l’extérieur alors qu’on sait qu’il ne reviendra jamais malgré les assurances de la CEDEAO, sans conséquences sur leur maintien au sommet de l’État,ils sont des naifs indignes de conduire la nation malienne.
    Ils ont commis l’erreur de négocier avec la CEDEAO sans associer les animateurs du M5-RFP,c’est leur crédibilité qui est écorchée avec la libération d’IBK.
    TANT QUE LE M5-RFP N’EST PAS ASSOCIÉ L’AMATEURISME CONTINUERA DE GUIDER LES ACTIONS DU CNSP.
    Des actions judiciaires doivent immédiatement être ouvertes contre les dignitaires du régime pour justifier leurs détentions afin d’empêcher la CEDEAO d’en faire une des conditions de levée des sanctions prévues.
    DES MANDATS D’ARRÊT INTERNATIONAL DOIVENT ÊTRE LANCÉS CONTRE CEUX QUI ONT PU S’ÉCHAPPER Y COMPRIS LA PREMIÈRE DAME QUI EST LE CHEF DU CLAN PRÉSIDENTIEL.
    Il faut rappeler que c’est le MOUSSALAHA(indulgence pour satisfaire un égo surdimensionné)qui a détruit l’État du Mali.
    Il ne faut pas transiger pour sanctionner conformément aux textes en vigueur les dérives de certains responsables politiques et administratifs.
    L’instauration du MALI COURA en dépend.
    OSER LUTTER,C’EST OSER VAINCRE!
    La lutte continue.

  3. Oui une grosse prime. C’est pourquoi tous les régimes ont échoué au Mali.
    L’intégrité et l’exemplarité n’est pas dans nos. Oui, regardez Manassa Dagnoko ce qu’elle est devenue.
    C’est une stratégie de chaise musicale, je te laisse le pouvoir et tu le protèges ensuite. Que de pourris, y compris ces jeunes militaires qui l’ont fait en toute flagrance.

  4. Les crimes de IBK ne resterons pas impunis. Le Gouvernement de transition se chargera de le juger, ainsi que ses colistiers. Il n’échappera pas à la justice, comme ce fut le cas pour ATT!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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