Éditorial : Baromètre

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Qu’est-ce que la démocratie, sinon l’acceptation et la possibilité que le plus grand nombre mène sa politique dans la conduite des affaires publiques et que la minorité y consent ? Si c’est bien cela, le baromètre fiable dans toutes les démocraties doit être l’adhésion populaire à une politique, à un leader charismatique qui montre son souci réel quant au bonheur du pays et des citoyens, lesquels lui témoignent alors leur confiance et leur soutien. Le Mali offre aujourd’hui, pourvu que les esprits chagrins et les ergoteurs impénitents face à toutes les évidences ne prétendent pas exercer par usurpation le magistère de la République, l’instrument formidable pour mesurer la confiance populaire en des dirigeants mûs par la volonté patriotique. Il faut bien admettre qu’une équipe d’autorités, civiles ou militaires, utiles au plus grand nombre de Maliens et à la patrie Mali ait les coudées franches pour mener la politique d’exigence de souveraineté et de respect. C’est ce que nous sommes en train de vivre.

Quand le Colonel Assimi Goïta arrive dans la salle de réunion du conseil des ministres au palais de Koulouba le mercredi, 28 septembre 2022, il est accueilli par une standing ovation des ministres debout à qui il répond par un geste humble plein de reconnaissance. Un jour avant, le 27 septembre, le Premier ministre par intérim, Colonel Abdoulaye Maïga, était rentré de New York où il avait eu l’opportunité, à l’occasion de la 77ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, de renvoyer adroitement chaque pierre jetée contre le Mali là elle a été projetée, en atteignant chacune des cibles qui ont dû baisser de honte leurs têtes saignantes. Colonel Maïga avait bien rempli sa mission par son discours qui figurera en bonne place dans les annales de l’ONU jusqu’au jour où adviendra l’extinction du soleil. Les Maliens, heureux et honorés par sa prestation, lui ont réservé un accueil digne du général roman rentrant au bercail après une victoire éclatante.

Les membres du gouvernement debout ovationnant le Président, certainement une première en prélude au conseil des ministres, est un signe évident de confiance renouvelée du Chef suprême sans les directives de qui le monde n’allait pas connaître le nouveau Mali et le nouveau Malien en construction. Qu’on appelle ce Chef enfant béni, enfant prodige, le Messie où l’homme que l’on espérait, Assimi Goïta apparaît comme le Rédempteur par excellence, celui que le Ciel en sa magnanimité a envoyé pour redresser les injustices et les visées impérialistes, et empêcher qu’elles continuent à nous faire mal.

Nous sommes en démocratie quand les partis politiques et la société civile peuvent s’exprimer librement. C’est le cas au Mali. Nous sommes aussi en démocratie quand les citoyens, instruits des manquements à la bonne gouvernance  et au devoir patriotique de la part d’une kyrielle de formations politiques coupables de la déliquescence de l’État et de la République, se tournent vers des hommes en treillis pour le nouvel espoir d’être mieux servis.

Quand la CEDEAO, actionnée par la perfide France prend le 09 janvier 2022 contre notre pays des sanctions illégales, illégitimes et criminelles,  Colonel Assimi Goïta appelle le peuple à témoigner son soutien aux autorités. Cinq jours après, c’est une déferlante citoyenne qui investit le 14 janvier les grandes places, à Bamako et dans les régions : près de cinq millions de Maliens debout sur les remparts ! Huit petits jours après, le 22 janvier, la masse revient sur la place de l’indépendance pour dire son soutien à l’Armée nationale. Quand en mars les comploteurs invitent le Président de la transition à venir participer à leur ingrat sommet à Accra (Ghana), le peuple malien, de Kayes à Labezzanga, manifeste en protestant contre le déplacement de leur charismatique Président pour d’évidentes inquiétudes quant à sa sécurité. Cet attachement viscéral des citoyens à leur leader a une explication : ils veulent qu’il reste aux commandes de l’État pour longtemps afin de redresser bien de choses et pour parer aux coups-bas fomentés avec la complicité des chevaux de Troie bardés de la nationalité malienne.

Ce qui est indéniable à constater, c’est que l’attachement au leadership d’Assimi Goïta, plutôt que de s’étioler au fil du temps, se renforce au contraire chaque jour. En témoignent les évènements des dernières semaines. À Niéna où s’est deroulé le 17 septembre le Grand Prix cycliste portant le nom du Président de la transition, les citoyens sont massivement sortis, se massant sur quatre kilomètres des deux côtés de l’artère principale de la localité. De mémoire des populations les plus vieilles de la cité et ses environs, jamais une telle marée humaine ne s’est réunie à Niéna. Quarante-huit heures plus tard, le 19 septembre, Assimi Goïta se rend dans la commune du Mandé, grand fief politique du COREMA, pour l’inauguration de la nouvelle direction des Douanes du Mali. Après l’évènement, la foule compacte impose un bain de foule pour l’admirer, donnant aux éléments chargés de sa sécurité des raisons de peur. On peut multiplier les exemples.

À contrario, les partis politiques qui se sont mis au coude à coude pour balafrer la patrie et détruire les fondements du Mali durant trois décennies en sont désormais à constater leur faiblesse. Parce qu’ils n’ont plus l’adhésion du peuple, ils se laissent condamner à des récriminations qui ne trompent plus personne. Sevrés de l’aide publique, ils ne fonctionnent même plus comme il faut. Ceux de leurs leaders connus pour avoir la langue bien pendue observent désormais un silence risible, ils sont muets comme une carpe. Si l’élection est une alchimie entre un candidat et un peuple, on voit bien ce qu’il adviendra d’eux en 2024. S’ils ne se gênent pas, bien sûr, de quémander les suffrages des Maliens.

Amadou N’Fa Diallo

 

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