Entre nous : L’espérance de vie de Modibo III

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Le gouvernement Modibo Kéïta III a été rendu public le 15 janvier 2016, après plusieurs jours d’attente. La colère noire du Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, lors du Conseil des ministres du 06 janvier dernier, qui veut avoir des résultats comme rapportée par certaines indiscrétions, tranche avec la profondeur du changement intervenu se traduisant par trois départs et quatre arrivées.

Si le Chef de l’Etat ouvre de plus en plus le gouvernement aux partis alliés comme le témoigne l’entrée de Konimba Sidibé au gouvernement, il faut reconnaître que ce n’est pas encore la grande ouverture devant inclure les groupes armés signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation. Cette question devra être le principal centre d’attraction du Chef du gouvernement dans les six mois à venir.

La sortie de deux poids lourds, présentés comme ceux qui mettaient à mal l’autorité du Chef du gouvernement, fait dire à de nombreux observateurs que l’espérance de vie du gouvernement Modibo Kéïta III sera de courte durée. Certains avancent même une période de six mois, au bout de laquelle le locataire de la Primature retournera à la maison pour mieux profiter de sa retraite.

Il est tôt de conclure que la sortie du Dr Bocary Tréta et de Mamadou Igor Diarra permettra de conforter l’autorité de Modibo Kéïta qui a résisté au vent de la déstabilisation grâce au soutien du Chef de l’Etat. Toujours est-il que ce sont les actions du Président de la République qui confortent ou effritent l’autorité du Chef du gouvernement.

Avec la mise à l’écart de Tréta, le risque pour Modibo Kéïta est de voir multiplier les actions de sabotage du travail gouvernemental venant du parti du Chef de l’Etat. On ne sait pas quelle forme prendra la guérilla interne que les caciques du RPM livrent, de manière à peine voilée, à leur camarade Ibrahim dans le but ultime de lui en imposer. Si elle se produisait, une telle éventualité aura des conséquences fâcheuses sur la conduite des affaires publiques dont les animateurs ont besoin de sérénité pour se consacrer à la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation.

En un an d’existence, le gouvernement de Modibo Kéïta a connu deux réaménagements techniques. Cela traduit une certaine instabilité au sein de l’équipe gouvernementale. Ce qui a des répercussions négatives sur la bonne marche de l’action gouvernementale. A chaque réaménagement technique, on assiste à la création de nouveaux départements. L’éclatement du ministère du développement rural en deux entités ainsi que la disparition du ministère de la coopération internationale et de l’intégration africaine posent un problème sérieux de structuration et de programmation qui ne devrait pas exister dans le contexte actuel. Il faut sortir des tâtonnements et des hésitations pour engager de grandes réformes dans la droite ligne du changement souhaité par le peuple. Les populations angoissées ont besoin d’être rassurées par des initiatives qui leur redonnent espoir dans un contexte national, sous-régional, régional et international, caractérisé par l’incertitude et l’inquiétude.

  Chiaka Doumbia

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3 COMMENTAIRES

  1. Burkina Faso : les députés diminuent leur salaire !!! 😀 😀 😀 😀

    Les députés burkinabè devront se serrer (un peu) la ceinture. Le nouveau président de l’Assemblée nationale, Salif Diallo, a annoncé mardi 19 janvier que les députés “ont convenu de procéder à un rabattement de [leurs] salaires”.

    Ils « ont convenu de rabattre leurs émoluments de 19%, un rabattement important », a ensuite précisé lors d’une conférence de presse Salif Diallo, élu le 30 décembre président de la nouvelle Assemblée nationale du Burkina.

    « Notre effort à la solidarité nationale »

    Dans le détail, les députés burkinabès toucheront donc désormais chaque mois 960 397 francs CFA, soit 1 464 euros. Une mesure prise « en guise de solidarité avec notre peuple qui a connu une insurrection (…), qui a fait face au coup d’État du 16 septembre et qui vient de connaître les attaques barbares des jihadistes« , a souligné Salif Diallo.

    « C’est notre effort à la solidarité nationale, c’est une bonne chose », a pour sa part souligné le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Bénéwendé Sankara, contacté par Jeune Afrique.

    QUE ATTENDENT LES MALIENS, LE BURKINA FASO EST Á QUELQUES KILOMETRES DE BAMAKO… !!
    INDIGNEZ-VOUS CHERS MALIENS ! 👿 👿 👿 👿

  2. IBK doit rendre sa démission à ce peuple qui a eu confiance en lui. Il a dit que le pouvoir n’est pas un gateau à partager

    Modibo Keita premier ministre; parent, Hamadoun Konaté, beau frère de Ami, député karim keita député président de la commission defense, ibk a demandé de laisser le poste à son frère Niame Keita, il dit non non et non, tu n’as meme pas de pouvoir dans ta famille. Ingrat envers le RPM

    • **** est vraiment le mot juste. Le RPM est le parti qui a présenté IBK aux élections. Mais le Rassemblemnt pour le Mali est devenu Rassemblement pour MOI. Quelle ingratitude. Aujourd’hui on fait du ATT à l’envers C est à dire opposition présente mais pas de parti au pouvoir.
      L’ ingrat encore cest IBK. Lui qui se plaignait davoir ete trahi par Alpha a fait pirz en 2 ans seulement.
      Qu’IBK sache ou qu’il feigne de ne pas le savoir, il ne sera plus jamais rien sans le RPM. Les autres partis l’accompagnent à l’abattoir pour mieux le finir en 2018. Écrivez cela en 2018 il yaura alternance au Mali.

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