Institut Universitaire de Gestion : Le Recteur de l’université veut-il créer des problèmes à IBK ?

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L’I.U.G., et avec elle, l’Unité de formation et de production (U.F.P.- Cours du soir), est en grève illimitée depuis le 8 mars dernier. Plus d’un mois après, aucune véritable voie de sortie de crise n’est en vue, selon certaines sources. Les étudiants, du jour comme du soir, sont désemparés, certains entrevoyant déjà une année blanche et envisageant de regagner leur village. En attendant que le Pr. Samba Diallo, Recteur de l’Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako (USSB) se décide enfin à se départir de son mépris des enseignants de l’I.U.G, en général et des syndicalistes, en particulier. Il semble que ce soit lui le nœud du problème et que même le ministère n’est pas satisfait de sa façon de gérer la situation. En homme de droit, Me Tall sait que le Recteur a pris des engagements (impliquant des médiateurs) qu’il n’a pas tenus. Mais, ‘’au nom de l’autonomie dont bénéficient les Grandes écoles, il ne peut tout de suite s’impliquer dans la gestion de la crise’’, explique-t-on dans l’entourage du ministre. ‘’Mais, il y a d’autres aspects plus compliqués’’, observe une autre source.

Guéguerre politicienne

Me Tall serait fragilisé devant des subordonnés qui se croient forts de leur appartenance au parti au pouvoir (Rpm) ou à la majorité présidentielle. C’est le cas du Doyen Temé de la Faculté des Sciences humaines qui est vice-président du Rpm. Et qui aurait peu d’égards pour son ministre de tutelle dont il sait incapable de lui nuire. Le Dr. Temé n’aurait peur que  de l’AEEM qui l’aurait obligé à repêcher jusqu’à 8 de moyenne, voire plus bas. Selon nos sources, cela avait créé un incident avec les enseignants qui auraient même observé un temps de grève. Quant au Recteur, le  Pr. Samba Diallo, lui aussi serait proche ‘’aujourd’hui’’ du Rpm. À tel point qu’il se croit intouchable, étant désormais du «bon côté». «C’est pourquoi, il peut se permettre d’attendre plus d’un mois avant d’entamer les négociations avec les syndicalistes pour résoudre la crise que traverse l’I.U.G», explique un observateur. En effet, l’USSGB a tenu la 2ème session de son Conseil d’administration le 30 mars dernier. Et c’est seulement à cette occasion (la grève illimitée a commencé le 8 mars après des préavis de 48 et 72 heures) qu’il a été décidé de la mise en place d’une Commission de négociations. Cette insouciance s’explique aisément, selon un parent d’élève : «Leurs enfants étudient ailleurs, dans d’autres pays. Il n’y a pas d’autres explications à cette insensibilité, à ce manque d’empathie».

Mais, au-delà de la supposée proximité du Pr. Samba Diallo avec le Rpm, il y a un fait historique qui ressemblerait à une sorte de ‘’retour des démons’’ chez l’ancien proche d’Alpha Oumar Konaré. En effet, se rappelle un fonctionnaire, Samba Diallo a été chef de Cabinet du président  Alpha O. Konaré. Quand la crise éclatait entre celui-ci et son Premier ministre, il était naturellement du côté du ‘’plus fort’’ à l’époque. Et quand IBK a créé son propre parti, le Rpm, «c’est Samba Diallo qui s’était chargé de le vilipender dans les milieux universitaires, arguant notamment que c’est Alpha qui a fait d’IBK ce qu’il est aujourd’hui…». Alors, Samba Diallo en voudrait-il toujours à IBK, au point de créer des crises artificielles (qui peuvent être résolues avec le minimum de volonté, sans tambour, ni trompette) de nature à fragiliser un peu plus son régime, à susciter un mécontentement estudiantin susceptible, à terme, de mettre à mal le régime ? «C’est la politique politicienne, où tous les coups sont permis. Et venant de ce Monsieur considéré dans le milieu comme très méchant, ce ne serait pas surprenant», conclut notre fonctionnaire.

Situation de haute tension

Si des mesures ne sont pas prises dans les meilleurs délais, la crise pourrait s’empirer. En effet, peu de temps après le commencement de la grève, des membres de l’AEEM avaient voulu renouveler leur bureau. La Direction leur aurait fait remarquer que ce n’était pas le bon moment, étant donné que les étudiants étaient absents. Mécontents de cette remarque, ils s’en sont pris aux bureaux de l’administration, cassant des vitres et emportant deux motos Djakarta. Il faut dire que la logique du Directeur (que le syndicat dit ne plus reconnaître, car devant en principe être à la retraite) ne va pas jusqu’au bout, puisque, malgré la grève, il a été décidé de renouveler les chefs de département (DER). À quelles fins ?  Certains pensent que c’est une énième tentative de diviser les enseignants et faire élire des ‘’pro Rectorat’’ et poursuivre le processus de mainmise sur l’établissement. Une tentative précédente avait consisté à convaincre les vacataires de reprendre les cours, en lieu et place des permanents. Ce plan de débauchage a échoué, les enseignants se disant être dans le même bateau, car défendant les mêmes intérêts. En somme, l’Administration n’a visiblement aucune volonté de dialoguer pour trouver une issue durable, d’autant plus que les projecteurs sont désormais braqués sur la gestion de tout le fric provenant de l’U.F.P. et qu’on aurait bien voulu dépenser à sa guise, à deux doigts de la retraite. Trop tard visiblement.

S . Haidara

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