Pour un espace scolaire et universitaire apaisé et studieux : Une « charte sur le vivre-ensemble» signée

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Face au cercle vicieux d’insécurité et de violences qui caractérise le fonctionnement des campus académiques et sociaux depuis de nombreuses années, l’ensemble des membres de la communauté ainsi que leurs partenaires, ont décidé de doter l’enseignement supérieur d’une charte sur le vivre-ensemble sur les campus afin de préciser les droits et devoirs de chacun. La signature de ladite charte a été faite, hier, 24 juillet 2019, au Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, sous la présidence du ministre de tutelle, le Pr Mahamadou Famanta.

«Considérant l’ensemble de ces principes et soucieux de promouvoir les règles éthiques et déontologiques, les membres de la communauté de l’enseignement supérieur s’engagent au respect de l’esprit et de la lettre de la présente charte sur le vivre-ensemble», déclare la charte

Ont paraphé le document, Gouvernement, à travers le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ; le Syndicat national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Snesup) et le Syndicat national de l’éducation et de la culture (Snec) pour les enseignants chercheurs ; l’Association des établissements privés d’enseignement supérieur (AEPES) pour les établissements privés d’enseignement supérieur ; la Fédération nationale des parents d’élèves et d’élèves et d’étudiants (FENAPEM) pour les associations des parents d’élèves et étudiants ; le Centre national des œuvres universitaires (Cenou) ; le personnel administratif(PATS) ; l’Association des Elèves et étudiants du Mali (AEEM).

Les membres de la communauté universitaire s’engagent, dans ce contexte, indique la charte, à partager la démarche morale et méthodologique qui conduit à reconnaître les principes, les meilleurs comportements et les meilleures pratiques universitaires, de les défendre et d’en combattre les dérives.

Selon la charte, la présente charte n’a pas vocation à se substituer aux textes en vigueur régissant la vie dans les IES (Instituts d’enseignement supérieur). Elle porte sur les droits et obligations des membres de la communauté universitaire amenés à vivre et à travailler ensemble.

La première partie de la charte évoque les principes généraux applicables à tous les membres de la communauté universitaire en fonction de leur statut afin de mieux connaître les exigences de l’IES. Ces principes sont entre autres, l’intégrité et l’honnêteté, la liberté académique, le respect mutuel, la responsabilité et la compétence, L’exigence de vérité scientifique, d’objectivité et d’esprit critique, l’équité, le respect des franchises universitaires.

La seconde partie consacrée au savoir-vivre met l’accent sur la manière de vivre ensemble afin d’accroitre le sentiment d’appartenance à la communauté et de rendre possible une politique de prévention des risques pour que chacun comprenne les limites de ses droits et obligations.

Elle (la charte) aborde aussi les droits et obligations de l’enseignant chercheur, de l’étudiant, du personnel administratif.

Pour accompagner cette charte, des recommandations sont formulées.

Pour accompagner cette dynamique au niveau de l’enseignement supérieur, il est recommandé la mise en place d’un Observatoire national sur le vivre ensemble dans les espaces universitaires. L’objectif étant de tirer vers le haut l’ensemble du système et de valoriser l’excellence. Dans le même état d’esprit, il est recommandé, au niveau des IES et des campus, d’appuyer des mécanismes de concertation et de dialogue dont le rôle serait à la fois de dresser un état des lieux régulier sur la qualité du vivre ensemble et de constituer une sorte de veille sur les bonnes pratiques.

Il est recommandé aussi que chaque acteur de l’enseignement supérieur puisse prendre connaissance de la charte, que ce soit lors des grands événements qui régissent la vie des IES, des inscriptions d’étudiants, des recrutements ou nomination des personnels, l’objectif étant qu’ils s’approprient les valeurs et les principes fondateurs.

Il est recommandé également d’appliquer les sanctions, conformément aux dispositions prévues dans l’ensemble des textes réglementaires et plus particulièrement le règlement intérieur de chaque structure.

Pour asseoir et impulser ce changement d’état d’esprit, il est recommandé que, dans une cérémonie inaugurale, le Ministre chargé de l’enseignement supérieur, les responsables des IES, le Directeur Général du CENOU, le représentant des enseignants, le représentant des étudiants, le représentant des PATS et le représentant des parents d’élèves et d’étudiants adoptent la présente Charte, en assurent une large diffusion et s’engagent à la défendre.

Le Ministre Mahamadou Famanta a salué tous les partenaires de l’école d’avoir s’impliquer pour la constitution de cette charte. L’enseignement supérieur peut et doit constituer un vecteur de développement du Mali. Dans le contexte actuel marqué des de les vicissitudes de la violence, il s’agit d’avoir des institutions fortes capables de donner des perspectives radieux de formation aux nombreux enfants maliens qui intègrent chaque années les universités et instituts et que l’Etat la lourde responsabilité d’accompagner. Cette cérémonie s’inscrit dans le cadre d’apaiser le climat social au sein de nos universités. «Je fonde l’espoir que cette charte qui a été obtenue par une démarche participative et inclusive par tous les acteurs concernés, permettra aux enseignants, aux étudiants et aux personnels administratifs et techniques de travailler dans les meilleures conditions en tenant compte des valeurs qui fondent notre société comme la discipline, le respect, la solidarité et l’entraide, la rigueur, la responsabilité, etc. A travers cette charte, on dispose désormais d’un cadre institutionnel innovent au service de développement de l’enseignement supérieur », a déclaré le ministre.

Hadama B. Fofana

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