Inondation dans la capitale : La responsabilité des autorités en cause !

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Depuis le jeudi 16 mai dernier, des rues de Bamako sont envahies d’eaux de pluie. Les populations, notamment dans les quartiers populaires sont prises au piège de ces inondations. Les dégâts occasionnés par cette situation sont innombrables. E t selon un dernier bilan, on compte au moins 24 morts.
Mais suite aux fortes pluies qui se sont abattues en ce mois de mai sur notre capitale, même les grandes artères n’ont pas  été épargnées. Quelques millimètres de pluie ont suffit pour que les avenues  de toutes les communes de  Bamako, ou presque soient impraticables.
Dans les quartiers populaires et périphériques, les nouvelles routes bitumées aménagées par le pouvoir ont été mises à une telle hauteur par rapport aux maisons, que ces dernières se transforment en réceptacles pour les eaux qui finissent par en remplir les fosses septiques qui refluent dans les demeures mêmes. La menace sur la santé publique est donc très sérieuse.
Cette situation indigne d’une capitale est la résultante d’une série de dysfonctionnements et d’une absence totale de planification qui suppose un minimum d’anticipation ; ce qui est le sens même d’une gouvernance intelligente.
La réaction de l’État et des autorités municipales se limitent à des «solutions sparadrap » : le pompage des eaux par des camions citernes. Quand on sait qu’une telle situation se reproduit tous les ans depuis maintenant belle lurette, on ne peut qu’être outré par le manque de volontarisme des autorités, et son absence totale d’imagination pour régler définitivement cette question.

Les habitants des quartiers, tout en réitérant leur solidarité avec les parents des victimes et des sinistrés regrettent qu’une véritable politique d’aménagement urbain, conséquente dans son articulation globale, ne soit jusque-là pas entreprise par nos  gouvernants qui se vantent pourtant de ses nombreuses réalisations en matière d’infrastructures.
Notre capitale mérite mieux : un véritable partenariat entre la Communauté urbaine et l’État pour penser en profondeur l’assainissement de la cité au lieu de se complaire à en panser fatalement et si inefficacement les plaies.
Il faut attirer l’attention de l’État sur les dangers encourus par les populations en termes de santé publique et le tenir pour responsable des dégâts occasionnés chez les particuliers et les entreprises qui se plaignent de sinistres. C’est son incompétence à mener une véritable politique de ville qui est en cause ; ce qui ne dédouane pas les autorités municipales de leurs responsabilités d’élus face aux populations qui leur ont fait confiance. Il devient donc urgent pour la municipalité, avec l’appui de l’État de réaliser à Bamako des canaux d’évacuation de l’eau et des bassins de réception afin de solutionner de façon pérenne le problème des inondations ; d’envisager en attendant l’ensablement des zones précaires afin de soulager les populations ; repenser sérieusement la politique d’attribution des terrains et rendre obligatoire les travaux d’assainissement avant toute attribution.

Cyrille Coulibaly

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