Conflit entre SONINKES et DIAWAMBES de DIALLAN : Les Diawambés lancent un ultimatum aux autorités

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    Les Diawambés de Diallan, cercle de Bafoulabé, qui dénoncent la passivité des autorités face à ce qu’ils appellent la « provocation » de leurs concitoyens les Soninkés, ont lancé, vendredi au cours d’une rencontre, un dernier avertissement au gouvernement avant de passer à l’acte. Le spectre d’un conflit ethnique n’est pas loin de là.

    Dans notre édition de lundi dernier, nous faisions état d’une histoire de terre qui risque de dégénérer en conflit ethnique entre Soninkés et Diawambés de Diallan dans le cercle de Bafoulabé. Et bien, la situation n’a guère évolué. Pis encore : elle prend une tournure inquiétante. Après la pétition des Soninkés adressée aux hautes autorités le mois dernier, ce sont les Diawambés qui viennent, à leur tour, de lancer un ultime avertissement au président de la République et au gouvernement pour réclamer justice.

    « Pour la dernière fois, nous prenons à témoin, à travers la presse, l’opinion nationale et internationale. Notre attente n’a que trop duré et nous interpellons le gouvernement afin qu’il réagisse face à l’injustice dont a été victime la communauté Diawambé de Diallan. Sinon, nous savons comment laver l’affront et nous en avons les moyens », telle a été la conclusion, vendredi, de la rencontre des Diawambés de Diallan.
    Le divorce entre les deux communautés date de 1998. Les Soninkés ont mis le feu au domicile d’un vieux Diawambé de 90 ans, le sommant de vider sa terre de culture et son verger qu’il a occupés pendant 27 ans. L’affaire est portée devant les tribunaux de Kayes qui condamnent, en 2003, les principaux coupables de l’acte ignoble au paiement d’une amende de 50 millions de F CFA.

    De cette date à aujourd’hui, les condamnés n’ont pas payé un kopeck à leur victime. Leurs animaux (124 bœufs) ont été saisis et, chose bizarre, selon Moussa Daou l’un des fils de la victime, ils ont été restitués six mois plus tard sur ordre du président de la République Amadou Toumani Touré.
    Les Diawambés, qui accusent le maire de Diallan Douga Diawara, d’être à la base de ce désamour sont également remontés contre le procureur de Kita, M. Nadjim, et le juge de Bafoulabé, Ibrahim Konimba Konaté. Ces deux derniers, qui auraient juré de restituer les bœufs à la victime, sont accusés d’être de connivence avec les Soninkés car, ils ont, aux dires de M. Daou, refusé de signer la lettre qui devait servir à l’huissier de ressaisir les animaux.

    « Aujourd’hui, tous nos biens sont partis en fumée, les auteurs ne sont pas punis et en plus, ils se permettent de nous provoquer en exploitant notre verger et en envoyant une pétition aux autorités. Les autorités cautionnent cela. Si nous n’avons pas, jusque-là, réagi, c’est parce que nous croyions en notre justice. Mais nous sommes déçus. C’est pourquoi, nous avons décidé de prendre les choses en main », fulmine le porte-parole des Diawambés.
    Rappelons qu’une histoire similaire s’était produite dans les années 1980 dans un village du cercle de Kati. Des villageois avaient anéanti le verger d’un citoyen et le président de la République alors, le général Moussa Traoré, avait ordonné la saisie de tous les biens du village pour dédommager la victime. Une belle leçon de courage.

    Sidiki Y. Dembélé

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